L’Algérie et l’Union européenne veulent renforcer davantage leur coopération, notamment dans le domaine énergétique. En effet, les pays du Vieux continent, qui veulent diversifier leurs sources d’approvisionnement en gaz naturel et électricité verte, misent sur l’Algérie.
Par Hakim O.
L’Algérie est un partenaire très important déjà, et qui va le devenir encore plus, dira d’emblée le commissaire européen à l’Énergie et au Logement, M. Dan Jørgensen, avant-hier à Alger, lors d’un point de presse organisé en marge de la 6e réunion de haut niveau du dialogue énergétique entre l’Algérie et l’Union européenne, en présence de Mohamed Arkab, Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures et des Mines, et de M. Mourad Adjal, Ministre de l’Énergie et des Énergies Renouvelables.
Une déclaration qui réaffirme l’attachement de Bruxelles à Alger en matière d’énergie, notamment durant cette conjoncture où l’Europe veut se libérer du gaz russe dès 2027, tout en réduisant ainsi sa dépendance aux États-Unis en matière de GNL, dont les coûts sont excessivement élevés.
L’Europe entend donc trouver de nouvelles sources d’approvisionnement et redoute de devenir désormais trop dépendante du gaz naturel liquéfié (GNL) importé des États-Unis, vers lequel elle s’est largement tournée pour compenser l’arrêt des achats à la Russie.
«Il y a une inquiétude grandissante, que je partage, liée au risque de remplacer une dépendance par une autre», avait récemment mis en garde Dan Jørgensen.
Par sa proximité géographique, ses réserves et ses capacités de production et de transport, avec notamment deux gazoducs qui la relient à l’Espagne et à l’Italie, l’Algérie s’impose comme la meilleure alternative pour l’Europe.
Fournisseur traditionnel majeur en gaz transporté par gazoduc, l’Algérie est aussi désormais une source importante de GNL pour l’Europe qui, selon l’agence italienne Nova, a absorbé 95 % des exportations totales de GNL algérien en 2025 (3,14 millions de tonnes destinées à la Turquie, 2,31 millions à la France, 1,62 million à l’Italie, 1,44 million de tonnes à l’Espagne et 640 000 tonnes au Royaume-Uni).
L’Algérie a même détrôné pendant la même année les États-Unis au rang de premier fournisseur de GNL pour l’Espagne.
Les livraisons à l’Italie ont aussi sensiblement augmenté, avec 47 cargaisons arrivées d’Algérie en 2025 sur un total de 221 cargaisons, soit 21 %, contre 31 cargaisons en 2024. Parallèlement, l’Algérie maintient ses livraisons par gazoducs à des niveaux élevés. En 2025, 20,1 milliards de mètres cubes ont été livrés à l’Italie via le gazoduc Transmed.
Ces chiffres montrent que l’Algérie est un fournisseur « fiable » et, avec de nouveaux investissements conjoints, des quantités additionnelles peuvent être mises sur le marché européen dans les années à venir, d’autant que le groupe Sonatrach a annoncé un ambitieux plan d’investissement de 60 milliards de dollars d’ici 2029, avec l’objectif d’augmenter significativement la production nationale en gaz naturel à 200 milliards m³ annuellement, soit le double de la production actuelle, estimée à 106 milliards m³, dont 50 % est consommée sur le marché local.
L’Europe appelée à investir en Algérie
Les potentialités sont donc là et les pays de l’UE sont appelés à accompagner l’Algérie dans cet ambitieux programme d’investissement dans le domaine gazier et surtout dans les énergies renouvelables, où tous les secrets ne sont pas encore divulgués. Des gisements importants dans le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert sont à exploiter et valoriser en Algérie.
Le message d’Alger est clair: la durabilité des approvisionnements et le renforcement de la sécurité énergétique des deux rives passent par des investissements conjoints dans les secteurs des hydrocarbures et des énergies renouvelables.
Dans une déclaration conjointe à la presse, à l’issue de la réunion, Arkab a affirmé que l’Algérie est engagée dans la consolidation de son partenariat énergétique stratégique avec l’UE, au service des intérêts communs, confortant ainsi sa position d’acteur central sur le marché gazier régional et international.
Le ministre d’État a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à maintenir son rôle de principal fournisseur fiable de gaz naturel au marché européen, dans le cadre d’un partenariat «fondé sur la confiance, le respect mutuel et l’équilibre des intérêts», précisant que cette réunion a permis de discuter des perspectives de développement des investissements dans le secteur des hydrocarbures en Algérie, notamment dans les domaines de l’exploration, de la production et du développement des infrastructures, en vue de garantir la durabilité des approvisionnements et de renforcer la sécurité énergétique.
M. Arkab a estimé que les entretiens avec le commissaire européen marquent une « étape importante» dans la consolidation du partenariat stratégique dans le domaine des hydrocarbures et du gaz naturel, en particulier.
H. O.

