Au moment où l’on s’attend à raison, à un chamboulement des places financières mondiales, après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, hier, la première victime nous était connue dès les premières heures ayant suivi l’agression : le bitcoin.
Par Hakim O.
En effet, le marché de la cryptographie a connu un krach soudain et brutal après que les nouvelles des États-Unis et d’Israël ont frappé l’Iran, comme prélude, très probablement, à d’autres tensions en chaîne à venir sur les autres cotations boursières, particulièrement celles sur l’énergie.
Ainsi, en seulement une heure, la capitalisation boursière totale de la cryptographie a chuté de 5,42 %, effaçant des milliards de gains récents. Le Bitcoin a chuté de près de 6 %, tombant à environ 63 410 $, rapportaient hier matin les médias spécialisés, expliquant la chute par «la peur extrême» ayant commandé «cette vente rapide».
Une vente, explique-t-on, ayant enclenché une série de liquidations forcées sur les marchés de dérivés.
Le Bitcoin, rappelle-t-on, avait grimpé à 70 000 $, mais il a rapidement effacé ces gains et est tombé à environ 63 556 $.
De nombreuses autres cryptomonnaies majeures ont également enregistré de fortes baisses. Le BNB a perdu plus de 5 %, tombant à 593 $ ; l’Ethereum et le XRP ont tous deux chuté de plus de 8 %, à respectivement 1 860 $ et 1 200 $.
La panique ayant touché le marché des cryptomonnaies et du Bitcoin n’est cependant pas due uniquement au déclenchement de la guerre contre l’Iran, même s’il a été le facteur déclenchant du crash, ayant provoqué une fuite des investisseurs vers des actifs refuges traditionnels comme l’or, au détriment des actifs risqués comme le Bitcoin.
Ainsi, d’autres facteurs sont à l’origine des tensions sur le Bitcoin, à l’instar des chiffres de l’inflation (PPI) plus élevés que prévu aux États-Unis, qui ont refroidi les espoirs d’une baisse rapide des taux de la Réserve fédérale (Fed), une politique monétaire stricte (taux élevés) étant généralement défavorable aux cryptomonnaies.
Quels risques sur les marchés ?
Le crash du marché des cryptomonnaies préfigure une tension sur les places financières mondiales, dont on attend l’ampleur pour en mesurer les conséquences sur les économies du monde.
À tout le moins, d’ores et déjà, les frappes militaires contre l’Iran déclenchent une onde de choc immédiate sur les marchés mondiaux, principalement centrée sur l’énergie et l’aversion au risque.
Les risques qu’encourent les marchés renvoient tout particulièrement à l’évolution des cours de l’énergie, dont ceux du pétrole, l’Iran ayant, entre autres, la « main » sur le fameux détroit d’Ormuz, d’où transitent 20 % du pétrole mondial et une part cruciale du GNL (gaz naturel liquéfié). Un risque qui contribuerait à une envolée historique des prix de l’or noir.
Le blocage éventuel du détroit d’Ormuz constitue, par conséquent, le « risque systémique » majeur. Un blocage, même partiel, entraînerait une pénurie physique immédiate.
Risques inflationnistes et politiques monétaires
La hausse durable des prix de l’énergie pourrait relancer l’inflation mondiale, forçant les banques centrales à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps que prévu, ce qui pèserait sur la croissance économique.
H. O.







