Comme attendu, après un weekend marqué par les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les bourses européenne et Wall Street ont ouvert en ce début de semaine sur une note baissière. Un malaise d’autant plus inquiétant pour les investisseurs qu’autant l’issue que la durée de la guerre au Moyen Orient semblent des plus incertaines.
Synthèse Rédaction internationale
Ainsi, les grandes places financières européennes ont connu, dès leur ouverture hier, de fortes baisses.
Le CAC 40 abandonne 1,59 %, à 8 444 points, alors que le principal indice parisien venait de terminer le mois de février sur un gain de 5,59 %, sa meilleure performance mensuelle depuis janvier 2025.
Sur les autres places, la tendance est la même : le DAX 40, à Francfort, perd 1,73 % ; à Londres, le FTSE 100 trébuche de 0,66 % ; et Madrid cède 2,36 %.
Cette tendance baissière est quasi générale dans le monde : ce matin, à Tokyo, le Nikkei 225 s’est affaissé de 1,35 %.
Parmi les secteurs les plus touchés figure celui des compagnies aériennes, dont la facture de kérosène devrait s’alourdir avec la hausse des cours de l’or noir et qui doivent, en outre, annuler des vols dans la région du Moyen-Orient.
International Airlines Group cède 5,39 %, Lufthansa recule de 5,92 %, et Air France-KLM perd 6,91 %.
Le groupe franco-néerlandais est également affecté par une décision de justice qui le contraint à payer une amende de 368 millions d’euros.
Les valeurs liées au tourisme sont aussi impactées, à l’image du groupe hôtelier Accor, dont le titre chute de 9,24 %, signant la plus forte baisse de l’indice.
Enfin, les valeurs du luxe pèsent lourdement sur la tendance après une note de RBC Capital Markets précisant que leurs ventes au Moyen-Orient devraient être affectées par le conflit en cours.
Le suisse Richemont cède 6,07 % et, à Paris, LVMH et Kering abandonnent respectivement 4,08 % et 3,99 %.
Du côté de Wall Street, même tendance baissière : les contrats à terme sur les indices américains ont chuté de plus de 1 %, les investisseurs intégrant de plus en plus l’hypothèse d’un conflit prolongé au Moyen-Orient, susceptible de perturber les flux commerciaux mondiaux et d’accentuer les pressions inflationnistes.
Ruée sur les valeurs refuges
Les investisseurs se sont tournés vers les valeurs refuges traditionnelles, notamment le dollar, tandis que la hausse des prix des métaux précieux a profité aux sociétés minières telles que Gold Fields (+3,6 %) et Barrick Mining (+2,8 %).
Les valeurs de défense ont également progressé : Lockheed Martin et RTX Corporation ont bondi de 6 % chacune, tandis que Kratos Defense & Security Solutions a gagné 9 % et AeroVironment 10,3 %.
Le président américain Donald Trump a déclaré que le conflit pourrait durer encore quatre semaines, ajoutant que les attaques se poursuivraient jusqu’à ce que les États-Unis atteignent leurs objectifs déclarés.
Les analystes de Société Générale ont estimé, dans une note :
«Sauter aux conclusions sur les actions et les commentaires politiques du président Trump ce week-end peut être une erreur aussi souvent que c’est la bonne ligne de conduite, mais la partie la plus importante de l’intervention du président hier était que l’action des États-Unis se poursuivra pendant des “semaines”, plutôt que des jours. Cela promet un impact plus durable sur le marché.»
R. I.







