La Directrice Générale de cette institution financière internationale, Kristine Giorgeva au cours de sa visite à Alger jeudi dernier a salué les progrès réalisés par l’Algérie en particulier dans l’amélioration du climat des affaires, l’inflation et la résilience de sa croissance économique.
Par Khaled Remouche
L’heure est au renforcement des relations entre l’Algérie et le fonds monétaire international (FMI). A cet égard, une forte délégation du fonds monétaire international conduite par sa directrice générale Kristina Giorgeva a effectué une visite à Alger pour participer à une conférence organisée conjointement par la Banque d’Algérie et cette institution financière internationale intitulée «Afrique du nord : relier les continents et créer des opportunités».
Elle a profité de ce rendez-vous pour afficher la volonté du FMI de renforcer le partenariat avec l’Algérie. Kristina Giorgeva, a également saisi l’opportunité de cette visite pour exprimer son satisfecit quant à l’évolution positive de l’économie nationale ces dernières années.
En effet, à l’occasion d’un entretien accordé à l’APS à la veille de la conférence, la première responsable du FMI a salué les progrès accomplis par l’économie nationale ces dernières années «Nous saluons les progrès accomplis récemment pour promouvoir l’investissement et améliorer le climat des affaire grâce à l’adoption des lois sur l’investissement et le foncier, la création de l’agence algérienne de promotion de l’investissement AAPI».
Ces mesures a-t-elle ajouté s’accompagne de progrès dans le développement des exportations hors hydrocarbures qui ont plus que doublé au cours des cinq dernières.
Kristina Giorgeva : «les exportations hors hydrocarbures ont plus que doublé au cours des cinq dernières années»
Elle a souligné la pertinence des politiques publiques ou des changements menés ces dernières années. La première responsable du fonds a noté que l’Algérie a figuré parmi les premières économies dans le monde à se redresser après la pandémie Covid 19.
Elle a relevé que la croissance est restée résiliente en 2025 favorisée par d’importants investissements publics tandis que l’inflation a reculé. La Directrice Générale du FMI a pointé du doigt l’importance accordée par l’Algérie à l’investissement dans les infrastructures, dans les transports et à l’énergie.
Elle a cependant observé que notre pays fait face à de nombreux défis mais aussi d’opportunités et que l’évolution de la technologie s’aligne bien avec les efforts de l’Algérie pour faire progresser la numérisation, alors que la réorganisation des chaines d’approvisionnement dans le monde offre des opportunités pour notre pays d’attirer les investissements et d’intensifier les échanges économiques. La première responsable a également salué les progrès dans les TIC.
«La réorganisation des chaines d’approvisionnement dans le monde offre des opportunités pour l’Algérie d’attirer les investissements et d’intensifier les échanges économiques»
«Les investissements publics qui ont élargi l’accès à internet ont déjà favorisé l’émergence d’un écosystème de Startup» Autre évolution positive : les investissements dans la logistique «Les investissement en cours dans les ports, les chemins de fer et la logistique peuvent réduire le coût des échanges et les délais favorisant l’intégration dans les chaines de valeur régionales et mondiales».
Cette évaluation fine des progrès réalisés par l’Algérie semble montrer nous semble-t-il que l’économie nationale est sur une bonne trajectoire dans le domaine de la résilience de la croissance positive , sur le bon chemin en matière de lutte contre l’inflation et de modernisation de ses infrastructures, l’intégration des TIC et la diversification de l’économie pour peu que ces efforts soient consolidés et que les insuffisances soient rapidement corrigés.
L’ambition de l’Algérie est de devenir un pays émergent en 2027. Cela passe par une croissance positive en 2026 et 2027 et la concrétisation des importants projets d’investissement annoncés ainsi que le maintien d’une dynamique dans les exportations hors hydrocarbures.
Mais aussi à l’évidence par une stabilité macroéconomique à consolider qui est au premier chef la garante de la progression du développement économique de notre pays.
K. R.
Visite à Alger de la délégation du FMI : Ce qu’il faut retenir
La visite de la Directrice Générale du FMI, Kristina Georgieva à Alger au-delà du satisfecit du fonds quant à l’évolution de l’économie nationale et les réformes appliquées ces dernières années montre que la coopération entre l’Algérie et le FMI se poursuit. Mais dans un contexte totalement différent.
L’Algérie n’est plus dans une situation de surendettement au point d’être contrainte d’appliquer les conditionnalités de cette institution internationale issue des accords de Bretton Woods. La dette extérieure de l’Algérie est insignifiante.
L’Algérie a recouvré sa souveraineté financière et son indépendance dans ses choix économiques. Mais il ne faut pas négliger que cette reconnaissance des efforts de l’Etat dans l’amélioration du climat des affaires, la résilience de la croissance de l’économie et la lutte contre l’inflation fonctionne comme un signal à la communauté d’affaires internationale et aux investisseurs étrangers de la viabilité de son économie, de sa stabilité macroéconomique et de l’attractivité de son marché. En clair, une invitation à investir en Algérie.
Cependant, il ne faut oublier que le FMI est reconnu mondialement pour son expertise dans le domaine macro
éco économique. Les domaines de coopération avec ce partenaire sont une sorte d’assistance technique à la
modernisation du budget à la rationalisation des dépenses publiques.L’Algérie est à l’écoute de ce super conseiller dans ce dialogue avec cette institution financière internationale.
Mais elle indépendante dans ses choix économique. Pour preuve, quand le FMI insiste sur la réduction des subventions et la maîtrise des dépenses publiques, les autorités ont décidé de maintenir les subventions et de ne pas compresser les dépenses sociales et les investissements publics. Tout en reconnaissant que ces réformes sont indispensables pour la soutenabilité durable du budget de l’Etat. Trop sensibles socialement, ces changements ne sont pas exclus. Le FMI est donc spécialiste des questions macro économies.
Son champ de compétence ne s’étend pas au micro économique, à l’économie réelle, c’est-à-dire le comportement des entreprises. Or, l’économie réelle ou l’évolution des entreprises est au cœur de la performance de l’économie nationale. Un approfondissement des réformes ou des changements économiques veut dire aussi conduire à ce que les entreprises se trouvent dans des conditions pour qu’elles soient rentables, plus performantes.
K. R.







