Des opportunités prometteuses se présentent aux investisseurs dans plusieurs filières industrielles, en particulier le plastique et les polymères. Un marché chiffré à près de 3 milliards de dollars est à conquérir.
Par Hakim O.
L’orientation de l’investissement vers cette filière stratégique devient plus que nécessaire pour, d’abord, réduire la facture d’importation en croissance continue et, surtout, contribuer aux efforts de l’État pour la diversification de l’économie nationale.
En effet, le développement de cette filière, lié directement à la transformation industrielle du pays, était au centre des débats lors d’un atelier organisé hier par l’Agence Algérienne de la Promotion de l’Investissement (AAPI), avec le Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA).
Un événement marqué par la présence des investisseurs et des chefs d’entreprises actifs dans le domaine de la plasturgie, qui s’inscrit dans le cadre du programme des ateliers thématiques de discussion visant à établir un cadre organisé de coordination et de concertation, «permettant à l’AAPI de guider les investissements sur la base d’analyses économiques et de données de terrain précises, ainsi que des engagements sérieux de la part des porteurs de projets», a affirmé Omar Rekkache, directeur général de l’AAPI.
En effet, l’objectif, in fine, de ce genre de rencontre est de contribuer à une orientation efficace des investissements productifs vers les secteurs prioritaires de l’économie nationale, en adoptant une concertation sectorielle périodique avec les opérateurs économiques et les organisations patronales, précise-t-il.
Dans son discours à l’ouverture des travaux de cet atelier, Omar Rekkache a indiqué que le développement de cette filière ne se mesure pas seulement par le volume de production, mais surtout par le taux d’intégration locale dans la chaîne de valeur et par sa capacité à valoriser les ressources nationales et à créer une valeur ajoutée durable.
Le message du DG de l’AAPI est clair : développer une réelle industrie locale dans la plasturgie, dont la production soit fondée sur des matières premières algériennes.
Pour de nombreux experts, il est inadmissible qu’un pays comme l’Algérie, producteur de pétrole et de gaz, soit toujours dépendant des marchés internationaux pour répondre à ses besoins en matière de plastique et de polymères. Les chiffres et les données du commerce extérieur montrent cette dépendance à l’étranger.
Réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger
«Chaque année, des quantités importantes de matières plastiques brutes et de produits semi-finis sont importées», affirme-t-il, précisant que cette situation pèse fortement sur la balance commerciale du pays.
En 2024, les importations de matières plastiques brutes et de produits semi-finis ont dépassé 2,79 milliards de dollars, un chiffre qui devrait atteindre 2,98 milliards de dollars en 2025.
Cette réalité, dira-t-il, souligne l’urgence d’implanter des investissements dans cette filière en Algérie afin de substituer ces importations, d’augmenter le taux d’intégration locale et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger.
Grâce aux réformes engagées depuis 2020 et à l’amélioration notable du climat des affaires, en plus de la politique de promotion du « Made in Algeria », l’investissement dans cette filière du plastique et des polymères connaît un nouvel essor.
Des projets, au nombre de 675, sont enregistrés au niveau de l’Agence depuis novembre 2022, dont 383 nouveaux projets et le reste des projets d’extension, pour un montant total déclaré de 138,7 milliards de dinars. Trente-cinq projets ont été enregistrés à l’AAPI au cours de janvier 2026.
Ces importants projets devraient contribuer à la création de 15 150 emplois directs, sans compter les emplois indirects. Ainsi, l’investissement dans cette filière est stratégique pour l’État et s’inscrit en parfaite adéquation avec la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui accorde une grande importance au développement industriel du pays, notamment aux industries de transformation, pour la création de valeur ajoutée et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales.
Le chef de l’État insiste, dans ses différentes interventions et rencontres, sur la nécessité de valoriser les richesses naturelles du pays localement, à travers la promotion de l’investissement dans différents secteurs et le transfert technologique via des partenariats avec des acteurs étrangers.
D’ailleurs, ces projets dans la filière plastique et polymères comprennent six (6) investissements étrangers directs (IDE) et dix-huit projets en partenariat avec des opérateurs locaux.
Cela reflète, indique Omar Rekkache, la position de cette filière comme un espace attractif pour les capitaux et les compétences, et souligne l’importance de fournir un environnement réglementaire et industriel stimulant afin de renforcer le transfert de technologie et de valoriser les ressources nationales. Cependant, les chiffres ne se limitent pas aux annonces.
Le DG de l’AAPI a souligné que 51 projets ont déjà été achevés et sont en exploitation, tandis que 242 projets sont actuellement en cours, avec des niveaux de réalisation avancés.
51 projets déjà achevés
Ces résultats illustrent une véritable dynamique dans le processus de transformation de cette filière, qui passe désormais de la phase d’enregistrement à celle de mise en œuvre et de production.
Dans son intervention, le DG de l’AAPI a également insisté sur la nécessité de créer un environnement industriel et réglementaire propice à l’implantation de ces projets. Il a mis en lumière l’importance de la valorisation des ressources locales et du transfert de technologie, éléments essentiels pour rendre cette filière compétitive tant au niveau national que régional.
Selon lui, «les ateliers organisés aujourd’hui permettront de dresser un diagnostic précis des défis à relever, tout en proposant des solutions concrètes pour renforcer l’intégration locale et soutenir des investissements de qualité».
Les participants à cet atelier proposeront des mécanismes pratiques pour renforcer le taux d’intégration locale, élaborer des recommandations concrètes pour soutenir un investissement de qualité et «permettre à l’Agence de guider l’investissement vers l’attraction de projets à réelle rentabilité économique, la valorisation des ressources locales et la construction d’un système industriel d’investissement intégré, capable de concurrencer tant au niveau national que régional».
Cet atelier marquera le début d’une nouvelle ère pour l’industrie de transformation en Algérie. «Toutes ces indications confirment que nous sommes à l’aube d’une nouvelle étape dans le développement de l’industrie de transformation dans notre pays, une étape où des investissements plus intégrés, plus compétitifs et plus aptes à contribuer à la souveraineté industrielle seront lancés», a-t-il conclu.
H. O.
Cap sur le renforcement de l’intégration industrielle
Le Président du Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA), Kamel Moula, a souligné l’importance de la filière plastique et polymères, qui soutient plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, tels que l’électroménager, l’alimentaire, l’agriculture, la pharmaceutique, l’automobile et la construction.
Cette filière est un pilier pour renforcer l’intégration industrielle et améliorer la compétitivité des chaînes de valeur. Moula a mis en avant les progrès réalisés par les entreprises algériennes, qui ont développé des compétences et des capacités techniques importantes, leur permettant de répondre aux besoins du marché national et de se préparer pour une phase axée sur l’innovation et l’augmentation de la valeur ajoutée.
Cette rencontre a permis, souligne-t-il, d’étudier les différentes étapes de la chaîne de valeur, en se concentrant sur les capacités actuelles, les opportunités d’intégration locale, les perspectives d’exportation et les investissements nécessaires pour assurer la compétitivité et la durabilité de cette filière.
H. O.







