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Transition énergétique, mines, hydrocarbures : Le gouvernement dévoile sa feuille de route

Transition énergétique, mines, hydrocarbures : Le gouvernement dévoile sa feuille de route

L’Algérie mise sur ses potentialités énergétiques fossiles et renouvelables pour la poursuite de son développement économique et, surtout, répondre aux besoins du marché local en forte progression, tout en améliorant davantage la qualité du service public. Cet aspect est d’ailleurs considéré comme un point stratégique dans la politique du gouvernement.

Par Akrem R.

En effet, l’organisation d’un forum regroupant les responsables du secteur de l’énergie et des énergies renouvelables, placé sous le thème : «Pour un service public de qualité», était une occasion pour le gouvernement de dérouler sa feuille de route dans ces domaines stratégiques. Ainsi, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a affirmé d’emblée que ce forum constitue un espace de complémentarité et de coordination entre les différents acteurs du système national de l’énergie et des mines.

Il incarne, dira-t-il dans son intervention, l’orientation stratégique de l’État visant à moderniser ces deux secteurs et à renforcer leurs performances au service du développement durable, expliquant que l’organisation de ce forum intervient dans un contexte particulier marqué par la restructuration du secteur de l’énergie et des mines après le dernier remaniement gouvernemental en date du 14 septembre 2025.

Celle-ci vise à améliorer la prise en charge des activités liées à l’énergie, aux hydrocarbures et aux mines, à travers une structuration plus efficace et mieux adaptée aux spécificités de chaque domaine.

D’ailleurs, de nouveaux textes réglementaires concernant les deux ministères (hydrocarbures et mines d’une part, énergie et énergies renouvelables d’autre part) ont été élaborés et seront publiés prochainement.

Ce nouveau cadre réglementaire vise en effet à garantir une meilleure définition des missions et une complémentarité, précise-t-il, entre les organismes centraux, locaux et les établissements publics qui en relèvent.

Valorisation locale des ressources

Dans ce cadre, le ministre a affirmé que la nouvelle organisation du ministère des Hydrocarbures et des Mines repose sur le principe de spécialisation et de compétence, soulignant que la gestion du secteur des hydrocarbures, avec ses enjeux techniques, financiers, commerciaux et géopolitiques, exige un haut niveau d’expertise ainsi qu’une capacité d’adaptation aux transformations mondiales des marchés du pétrole et du gaz.

Mohamed Arkab a également mis en avant l’importance de la valorisation locale des ressources à travers le raffinage, la pétrochimie, la transformation minière et les services logistiques. Évoquant le secteur des hydrocarbures, le ministre d’État a indiqué que ce dernier a enregistré des résultats considérables ces dernières années dans les domaines de l’exploration, de la production et de la transformation.

Ces avancées, indique-t-il, sont le résultat de la politique clairvoyante du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la sécurité énergétique et de la souveraineté sur les ressources nationales l’une de ses priorités stratégiques.

Encourager l’investissement

Le ministre d’État a insisté, dans ce cadre, sur l’importance d’encourager l’investissement, de localiser la technologie et de développer l’industrie nationale des équipements pétroliers et gaziers, tout en renforçant les partenariats efficaces avec les entreprises nationales et étrangères.

Il a également mis en avant le rôle central de la numérisation dans la modernisation du secteur et l’amélioration de sa gouvernance, rappelant qu’elle constitue un outil essentiel pour la transparence, la précision et la rapidité dans le traitement des opérations.

Concernant le secteur minier, M. Arkab a indiqué que la nouvelle vision repose sur une exploitation rationnelle et durable des richesses, à travers une prospection géologique élargie, l’élargissement de la base d’investissement et le développement des chaînes de valeur nationales.

Il a souligné que la nouvelle loi régissant les activités minières consacre les principes de transparence, d’efficacité et de simplification des procédures, tout en ouvrant la voie à des partenariats équilibrés garantissant le transfert de technologie, la formation et la valorisation des ressources.

Le ministre a également abordé la question du dessalement de l’eau de mer, désormais considéré comme une priorité relevant des missions du ministère des Hydrocarbures et des Mines, en raison de son rôle stratégique dans la sécurité hydrique et l’accompagnement du développement industriel et agricole.

Il a affirmé que l’objectif consiste à localiser l’industrie des équipements de dessalement et à développer les capacités nationales dans ce domaine, en partenariat avec des institutions spécialisées nationales et internationales.

Le ministre a appelé, en outre, les responsables du secteur à poursuivre leurs efforts avec la même détermination, à accélérer le rythme de réalisation et à renforcer la coordination entre les directions de wilaya et les grandes entreprises telles que Sonatrach, Sonelgaz et Sonarem.

100 432 exploitations agricoles raccordées au réseau électrique depuis 2020

Pour sa part, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a mis en avant dans son intervention lors du forum les réalisations de son secteur et sa contribution dans le renforcement de la production agricole nationale.

Il a annoncé que plus de 100 000 exploitations agricoles ont été raccordées au réseau électrique depuis 2020. Un chiffre qui témoigne de la volonté de l’État à développer les secteurs économiques, notamment celui de l’agriculture.

En effet, des investissements lourds ont été consentis dans ce domaine par l’État, qui ne compte pas s’arrêter là. D’ailleurs, outre le programme EnR, qui vise à atteindre une production de 15 000 MW à partir de sources renouvelables à l’horizon 2035, dont la réalisation de la première tranche de ce programme, d’une capacité de 3 200 MW répartis sur 14 wilayas, a été lancée, le ministère se prépare au lancement d’un nouveau programme d’énergie solaire hors réseau.

Ce dernier vise à alimenter en électricité les régions enclavées et éloignées du réseau, notamment dans le Sud du pays, par des dispositifs solaires individuels et des centrales photovoltaïques hors réseau off-grid, a annoncé Adjal.

Mettant en avant les efforts du secteur en matière de raccordement énergétique, M. Adjal a fait savoir que le taux de couverture en électricité avait atteint 99 %, avec plus de 12,5 millions de clients, tandis que le taux de couverture en gaz a dépassé 72 %, avec plus de 8,2 millions de clients.

S’agissant du programme de déploiement de stations de recharge pour véhicules électriques, M. Adjal a affirmé que 1 000 points de recharge ont été réalisés à travers le territoire national, y compris sur l’autoroute Est-Ouest, précisant que leur mise en service interviendra dès la finalisation du cadre réglementaire et juridique à l’étude.

Parallèlement, 17 millions de détecteurs de monoxyde de carbone ont été installés gratuitement par les services du secteur dans les foyers à travers toutes les wilayas, a-t-il ajouté, soulignant que l’opération va bon train.

De plus, les services du secteur ont procédé au raccordement à l’électricité de cinq usines de dessalement de l’eau de mer avant les délais prévus afin que les citoyens puissent être alimentés en eau potable, a fait savoir le ministre, ajoutant qu’il sera prochainement procédé à l’étude et à la réalisation de projets de raccordement de trois nouvelles stations.

Dans le domaine de l’hydrogène, le ministre a mis en avant les capacités et atouts importants dont dispose l’Algérie, relevant que la feuille de route nationale pour le développement de l’hydrogène est entrée dans sa deuxième phase, relative aux projets pilotes, où des études de faisabilité technique et économique ont été lancées pour déterminer les capacités et les spécifications en vue de projets plus performants et plus rentables.

Aussi, dans le cadre de la promotion de l’énergie nucléaire, notamment à usage médical, M. Adjal a expliqué que son département ministériel œuvrait à orienter le Centre de recherche nucléaire vers la production des isotopes radioactifs et des radiopharmaceutiques nécessaires au diagnostic et au traitement des patients, soulignant que cette démarche permettra de réduire les radiations nucléaires, d’optimiser la gestion des déchets radioactifs, de limiter les importations dans ce domaine, d’améliorer la prise en charge des malades et de réduire les durées de traitement.

S’agissant des projets de coopération internationale, le ministre a souligné l’importance du projet d’interconnexion électrique entre le Nord et le Sud du bassin méditerranéen, qui ouvre des perspectives prometteuses pour l’exportation de l’électricité propre, confortant ainsi la position de l’Algérie en tant que principal fournisseur d’énergie à l’Europe et en Afrique.

En somme, des programmes énergétiques et miniers ambitieux sont en cours de réalisation, visant à renforcer la sécurité énergétique du pays, soutenir le développement économique et consolider la place de l’Algérie comme un leader énergétique régional.

A.R.

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