Grâce aux réformes économiques engagées ces dernières années par le gouvernement, notamment en matière de promotion de l’investissement, l’Algérie a réussi à augmenter ses exportations hors hydrocarbures depuis 2020, tout en les diversifiant. Selon les chiffres avancés par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir, l’Algérie a récemment atteint un niveau de 5 milliards de dollars.
Par Hakim O.
Un chiffre qui marque une nette progression par rapport aux années précédentes, où les exportations hors hydrocarbures ne dépassaient pas les 1,7 à 1,8 milliard de dollars depuis l’indépendance jusqu’en 2020.
«Les exportations de l’Algérie hors hydrocarbures ont atteint 5 milliards de dollars. C’est un miracle à tous égards comparé aux niveaux précédents qui ne dépassaient pas 1,5 milliard de dollars», a indiqué le Président Tebboune, soulignant que cela signifie que le produit algérien se vend et est apprécié à l’international.
Ce progrès significatif est perçu comme un tournant pour l’économie algérienne, qui cherche à diversifier ses sources de revenus et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
Il est à rappeler que depuis son arrivée au Palais d’El-Mouradia fin 2019, le Président Tebboune a accordé une grande importance à la promotion de la production nationale, en procédant à une révision profonde du commerce extérieur, à travers la rationalisation des importations.
Une démarche qui a permis de faire émerger un tissu industriel, agroalimentaire notamment. Durant cette période, les importations ont été réduites de 20 milliards de dollars annuellement, passant de 60 milliards de dollars en 2019 à hauteur de 37 à 40 milliards de dollars.
Cette baisse a été substituée par la production locale en plein essor. L’Algérie n’a pas arrêté ici, elle s’est lancée dans une nouvelle politique de promotion des exportations hors hydrocarbures.
Une batterie de mesures ont été prises par le gouvernement pour faciliter l’acte d’exportation, en mettant en place une politique ambitieuse pour la promotion du «Made in Algeria» à l’international.
Des entraves imposées par des pays de l’UE
Les réalisations actuelles, dans le commerce extérieur, témoignent du succès de cette politique, ayant permis la percée des produits algériens à l’international.
Toutefois, cette croissance des exportations hors hydrocarbures, appelée à s’accroître davantage notamment avec la mise en œuvre de nouveaux projets structurants dans le secteur minier (fer, phosphate et zinc-plomb), dérange et certains pays «ennemis» de l’Algérie déclarent clairement la guerre au Made in Algeria sur les marchés extérieurs.
En effet, le produit algérien fait face à des entraves imposées par certains pays de l’UE, à l’instar de la France, recourant à des pratiques commerciales restrictives. «En dépit de cette progression, une guerre est menée contre l’Algérie en matière d’exportations hors hydrocarbures», a affirmé le Président Tebboune, en faisant référence aux «pratiques déloyales» auxquelles sont confrontées les exportations algériennes de rond à béton en Europe.
Le secteur de l’acier, en particulier, illustre bien les obstacles rencontrés par l’Algérie. Bien que le pays entretiendrait des relations amicales et bénéfiques avec des pays européens tels que l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, certains autres pays continuent de s’opposer au développement économique de l’Algérie.
«Ils tentent de nous faire plier par des mé- thodes peu scrupuleuses», a ajouté le Président. Selon lui, certains partenaires européens imposent des quotas très limités sur les exportations algériennes, malgré des échanges commerciaux qui devraient être libéralisés.
Le chef de l’État a déploré qu’un quota très limité soit attribué à l’Algérie par l’UE chaque trimestre, l’équivalent d’une quantité que la fonderie de Tosyali consomme en seulement 12 jours.
Cette limitation de quota est qualifiée par l’Algérie d’intolérable, d’autant que ses achats proviennent d’Europe à hauteur de 85%.
Renégociation de l’accord : pas de consensus européen
À ce propos, Tebboune a fait remarquer que l’Algérie a demandé une renégociation, mais qu’«aucun consensus européen» n’a été atteint. En décembre 2025, lors d’une visite au complexe Tosyali, le Président de la République a adopté une position de fermeté diplomatique.
«Les Européens doivent nous ouvrir leurs importations. Nous, nous importons leurs produits sans quota. En plus, on leur donne une préférence par rapport à d’autres pays fournisseurs. Notre acier est d’excellente qualité», avait-il affirmé. En termes clairs, il n’y a qu’un seul pays qui s’est opposé à la révision de ce système de quotas, indique le chef de l’État, sans le citer.
Dans le même sillage, le Président de la République a souligné que «certains pays incitent à la haine contre l’Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles». En réalité, «ils ne veulent pas que nous progressions», ajoute-t-il.
Rappelant les efforts déployés par l’Algérie depuis son indépendance pour se libérer de l’influence étrangère, le Président a évoqué les défis auxquels le pays a fait face. «Au lendemain de l’indépendance, on nous a laissé des usines en ruine, comme celles de production de vin à Oran ou à Tlemcen», a-t-il indiqué.
Ces installations, qui étaient destinées à produire pour l’exportation, ont été fermées sur la décision du défunt Président Houari Boumédiène.
À leur place, la production de céréales comme le blé et l’orge a été instaurée, garantissant ainsi une autonomie alimentaire et une souveraineté nationale.
H. O.







