Après avoir réalisé 78 découvertes en cinq ans, La compagnie pétrolière nationale compte intensifier son effort d’exploration entre 2026 et 2030 en effort propre principalement mais aussi avec l’apport de partenaires étrangers à l’instar de l’Eni, de Total Energy, de Sinopec et de Midad Energy. 100 puits par an entre 2026-2030 contre 45 à 54 puits actuellement.
Par Khaled Remouche
Sonatrach vient de placer la barre très haut : 500 puits d’exploration à forer entre 2026 et 2030, soit une moyenne de 100 puits par an. Le PDG de Sonatrach l’a annoncé dans son entretien à l’APS : «Il est prévu un programme colossal en matière d’exploration (dans le programme de développement de Sonatrach 2026-2030) couvrant 66 % du domaine minier des hydrocarbures en incluant le forage de 500 puits ainsi qu’un important programme d’acquisition sismique en 3D et 2D et d’étude de traitement et de retraitement géologique et géophysique. Cet effort vise à maintenir et renouveler nos réserves d’hydrocarbures», lit-on dans ce texte.
Il faut savoir que ces dernières années, Sonatrach forait entre 45 et 54 puits d’exploration quasiment en effort propre annuellement. L’effort d’exploration en association était minime : certaines années, 2 puits d’exploration par an.
Ce reflux de l’investissement étranger dans l’exploration s’explique par la stratégie des compagnies étrangères présentes en Algérie de se concentrer sur le développement de gisements. Une politique moins risquée et génératrice de profits plus rapides.
La tendance est en train de s’inverser. Outre ce programme ambitieux de développement, il convient de conjuguer les résultats du dernier appel d’offres en matière d’exploration en 2025 : 5 contrats signés avec des partenaires étrangers pour un investissement minimal de 600 millions de dollars et le forage de 32 puits d’exploration.
Les trois contrats de partage de production signés avec Midad Energy et l’Eni prévoient respectivement des investissements de 220 millions de dollars et 110 millions de dollars dans l’exploration. Le contrat signé avec le chinois Sinopec prévoit essentiellement au départ un large programme de recherches d’hydrocarbures.
Tout cela augure l’inversion de la tendance actuelle : un effort d’investissement beaucoup plus soutenu dans l’exploration et une dynamique d’exploration en association avec les compagnies étrangères. À noter que l’objectif était, il y a quelques années, de forer 100 puits par an. Cela n’a pas été atteint au cours de ces cinq dernières années.
Ce changement de trajectoire est dicté par une urgence : face à la montée des besoins de la demande domestique à moyen terme et à la nécessité d’honorer les contrats de vente d’hydrocarbures aux clients étrangers, la nécessité de maintenir et de renouveler les réserves s’impose de plus en plus.
Les bassins d’Amguid Messaoud, de Berkine, d’Oued Mya et d’Illizi restent prolifiques en hydrocarbures
Il faut savoir que le domaine minier national reste attractif. Sonatrach a réalisé ces cinq dernières années 76 découvertes : 13 en 2021, 15 en 2022, 15 en 2023, 18 en 2024 et 17 en 2025, ce qui laisse espérer la découverte de petits et moyens gisements. Mais les petites rivières peuvent faire les grands ruisseaux.
Ces découvertes sont réalisées essentiellement dans les bassins d’Amguid Messaoud, Berkine, Oued Mya et Illizi, soit proches des infrastructures de transport et des installations de traitement des hydrocarbures.
Les efforts d’exploration à venir le seront également en association avec des partenaires étrangers. Dans les trois contrats de partage de production respectivement avec Midad Energy portant sur le développement des gisements du sud-ouest d’Illizi, avec l’ENI sur le gisement de Zemoul El Akbar et avec Sinopec sur le périmètre Hassi Berkane nord, il est prévu des travaux d’exploration.
Dans tous ces accords, y compris les cinq accords conclus dans le cadre du Bid Round 2024, comportent une phase de recherche de 7 ans. Ce qui veut dire que les fruits de ces efforts le seront en principe à partir de cinq à dix ans.
Pour pallier cet inconvénient, Sonatrach et ses associés ont mis l’accent sur le développement de gisements découverts ou les gisements satellites à proximité des gisements en exploitation selon la formule fast track, c’est-à-dire la mise en production rapide des gisements et de ceux en périphérie pour augmenter, par exemple, la production du gisement de Hassi Messaoud.
Le programme de développement de Sonatrach, en ce sens, prévoit 950 puits de développement, 190 puits par an, soit également un effort plus soutenu dans le développement des gisements.
La part des partenaires dans les investissements exploration-production est fixée à 26 %. Ce qui veut dire que les efforts dans l’exploration-production seront principalement menés par Sonatrach seule.
K. R.







