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Dr Mourad PREURE : «Nous pouvons postuler légitimement à figurer parmi les leaders de la transition énergétique»

Par Eco Times
24 février 2026
Dans Interview
A A
Docteur Mourad PREURE est un expert pétrolier international

Docteur Mourad PREURE est un expert pétrolier international. Il est également Professeur de Stratégie et Géopolitique des Hydrocarbures.

Entretien réalisé par Hakim Outoudert

La date du 24 Février 71 demeure le symbole par excellence de la réappropriation par l’Algérie de sa souveraineté économique après celle politique. 55 ans après, comment vivez-vous ce moment historique ?

Le 24 février est un événement de haute portée, non seulement pour l’Algérie, surtout pour l’industrie pétrolière puisqu’il donne une impulsion décisive à l’histoire militante des pays producteurs, lourde de traumatismes pour ces derniers. Cette histoire a commencé en 1938 au Mexique avec les nationalisations pétrolières d’inspiration zapatiste.

En retour, les compagnies pétrolières internationales (CPI) ont boycotté le pétrole mexicain, abandonnant les installations pétrolières, réduisant ce pays, alors premier producteur mondial, à un rôle marginal dans l’industrie pétrolière. La réponse du gouvernement mexicain fut la reprise en main des installations pétrolières et la création de la Pemex, la première compagnie pétrolière nationale (CPN) de l’histoire.

En 1951, l’Iran, sous la conduite de Mossadegh, « le prophète des pauvres », tente de s’opposer aux « Seven Sisters » et nationalise le pétrole. Tout comme le Mexique, il est brutalement sanctionné. Sa production s’effondre. Mossadegh est déposé par un coup d’État organisé par la CIA et le MI6.

L’Algérie de Boumediène a eu le courage politique de prendre le risque et de casser les règles imposées aux pays producteurs par le Cartel des Sept sœurs. Elle nationalise 51% des actifs pétroliers, la totalité des actifs gaziers ainsi que les canalisations de transport des hydrocarbures.

L’approche algérienne est systémique et tire les leçons des échecs antérieurs. Elle met à terre le système des concessions qui régissait les relations entre pays producteur et la CPI et dans lequel le producteur était exclu de la gestion de la production, se contentant de recevoir en contrepartie de la concession accordée à la CPI l’impôt pétrolier ainsi que les royalties.

Le prix payé est anormalement bas. Elle est systémique en ce sens qu’elle prend le contrôle total du transport, empêchant toute intrusion hostile dans la chaîne pétrolière, à laquelle est adjoint le gaz, qui prendrait en tenailles l’État producteur.

Cette décision historique a eu un effet déclencheur sur une dynamique de contrôle des réserves pétrolières par les pays producteurs et fut incontestablement un accélérateur de leur histoire militante. Ainsi s’ensuivirent d’abord l’Accord de New York signé en 1972 entre l’OPEC, représentant les pays producteurs, et les CPI, instituant un calendrier de prise de contrôle de la production par les producteurs.

Lire aussi : Nationalisation des hydrocarbures en 1971 : Epopée d’une lutte féroce pour recouvrer la souveraineté sur les richesses hydrocarbures

Mais l’histoire s’accélère vite puisque dès décembre 1971, la Libye suit l’exemple de l’Algérie, enclenchant un processus de nationalisations qui en cinq ans fera passer l’essentiel de la production entre les mains des producteurs.

Cet élan a été renforcé par les actifs récupérés des compagnies pétrolières nationales (CPN) qui sont, à l’instar de Sonatrach, le véritable acquis de l’histoire militante des pays producteurs.

De fait, l’essence novembriste du 24 février 1971 a une portée historique multidimensionnelle qui a consacré la décennie soixante comme la décennie des indépendances politiques, ouvrant la voie à la décennie soixante-dix qui fut celle des indépendances économiques, puissamment portée par l’Algérie à la tête de la revendication d’un Nouvel ordre économique international.

La « sortie du fossile vers le renouvelable » tant clamée depuis des décennies semble aujourd’hui enfin être amorcée. Or, selon nombre d’experts, il y a loin entre la cadence des projets et le fantastique potentiel que recèle le pays en ce domaine, notamment l’énergie solaire. Qu’en pensez-vous ?

Je suis, bien entendu, convaincu de la nécessité de préserver notre planète de toutes les atteintes dommageables, y compris les émissions de CO2. La trajectoire visant la neutralité carbone adoptée par les pays de l’OCDE, tout particulièrement l’Europe, me semble pourtant exagérément optimiste et volontariste.

Ne cache-t-elle pas une volonté diffuse de reconfigurer la géopolitique de l’énergie et de se libérer de ce que j’appelle le Sud fossile ?

L’Europe, sous la poussée des mouvements écologiques (précieux pour l’Allemagne de Mme Merkel qui engagea son pays dans la sortie du nucléaire en 2022 avec tous les dégâts pour son économie !), a fait montre d’un volontarisme qui l’a mise dans une situation de grave précarité énergétique aujourd’hui.

Cela étant, le développement de l’économie verte et la transition énergétique et digitale sont de la plus haute importance et nécessité et doivent faire l’objet d’une approche pragmatique et visionnaire.

Notre pays gagnerait à être plus offensif et inventif, car nous disposons de facteurs clé de succès réels. D’abord un ensoleillement exceptionnel, 3000 heures par an sur tout le territoire national, soit 2000 Kwh/m²/an. Mon sentiment est que pour réussir, la transition énergétique doit être une ambition citoyenne.

Ce ne peut être des projets industriels clé en mains qui se chiffrent en milliards de dollars, mais une ambition citoyenne qui engage nos entreprises, nos universités, et surtout le citoyen.

L’efficacité énergétique est essentielle, or l’Algérien consomme deux fois plus d’énergie pour produire une même unité de PIB qu’un citoyen de l’OCDE ! L’essentiel de l’électricité produite l’est à partir du gaz naturel, cela au détriment de l’exportation si utile pour financer notre développement. En second lieu, la production d’énergie verte stagne anormalement, malgré tous les projets annoncés.

J’insiste sur le caractère citoyen de la transition énergétique car je suis un fervent militant des systèmes renouvelables distribués. En fait, dans ces systèmes appelés « Smart grid », les maisons ou constructions sont appelées « à énergie positive » car elles ont d’abord une forte isolation thermique, elles produisent leur électricité, et enfin elles sont raccordées au réseau, ce qui leur permet de fournir l’excédent de l’électricité produite au réseau.

Par ailleurs, la construction de grandes centrales solaires et éoliennes est une nécessité dans le cadre d’un plan global. Nous possédons aussi des ressources gazières, ce qui nous permet de développer des centrales hybrides solaire/gaz qui n’ont plus l’inconvénient de l’intermittence et permettent de fournir une énergie pilotable.

Mais il faut que cela soit aussi une ambition industrielle qui entraîne nos entreprises et nos universités, y compris dans le cadre de partenariats internationaux, y compris avec des liens de capital. L’essentiel est de verdir notre bilan énergétique et de faire de la transition énergétique une dynamique génératrice de développement et promouvant des champions nationaux.

Ainsi, car nous disposons de ressources en silice, lithium et terres rares, nous pourrions, en conjuguant cela avec notre ensoleillement exceptionnel et l’importance des besoins énergétiques générés par notre développement, postuler légitimement à figurer parmi les leaders de la transition énergétique.

Dans quelle mesure l’Algérie pourrait tirer profit de la situation géopolitique actuelle où les ressources gazières, pétrolières et minières sont l’objet d’une rare concurrence entre puissances ?

Sénèque disait qu’il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. Il faut considérer positivement le contexte international extrêmement disruptif, hautement compétitif et conflictuel, et toujours adopter une posture offensive. Notre pays est plus qu’un immense réservoir d’hydrocarbures, de gaz en l’espèce.

Il est et doit revendiquer un rôle d’acteur dans les transformations structurelles qui affectent l’économie mondiale et dont l’énergie ne cessera d’être le cœur. La transition énergétique est aussi une transition digitale qui modèlera la géopolitique de demain.

Lire aussi : 55 ans après la nationalisation des hydrocarbures : L’Algérie face aux nouveaux défis énergétiques

Le gaz, par les contraintes que pose sa transportabilité, nous place dans une position de négociation favorable par rapport à l’Europe dont l’avenir énergétique, quels que soient les ambitions et le volontarisme, restera pour une large part gazier. Il nous faut défendre nos parts de marché en développant nos ressources gazières et en contenant la boulimie énergétique qui obère sévèrement notre capacité d’exportation gazière.

La Russie retrouvera sa place dans le bilan gazier européen. Ce pays est notre allié et nous devons penser une convergence naturelle, considérant que nos ressources, notre position géographique font de nous le pivot incontestable de l’approvisionnement énergétique de l’Europe du Sud.

H. O.

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Tags: AlgérieéconomieÉnergieénergie solairegaz naturelgéopolitiqueMourad PreureSmart GridsSonatrachTransition énergétique

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