La compagnie aérienne Emirates a annoncé dans un communiqué qu’elle mettra fin à ses vols directs entre Dubaï et Alger, avec pour dernier départ le 3 février 2027. Dans la foulée, Air Algérie restructure son réseau international en privilégiant l’Asie et le Moyen-Orient, au moment où le président de la République dénonce les ingérences extérieures dans les affaires algériennes.
K. Boukhalfa
En effet, dans son communiqué Emirates souligne que jusqu’à cette date, les vols continueront à opérer normalement et les passagers peuvent conserver leurs réservations. Le dernier vol régulier, EK757, quittera l’aéroport d’Alger le 3 février 2027, marquant la fin d’une liaison qui, depuis des années, reliait les deux capitales.
La compagnie assure qu’elle informera régulièrement ses clients et ses employés pour garantir une transition claire et éviter tout désagrément.
Il convient de préciser que cette décision survient après que les autorités algériennes ont engagé les démarches officielles pour dénoncer la convention aérienne signée le 13 mai 2013 à Abu Dhabi et ratifiée par décret présidentiel le 30 décembre 2014.
Conformément à l’article 22 de cette convention, la dénonciation doit être notifiée par voie diplomatique à la partie émiratie et simultanément à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour accomplir les formalités requises. Ce geste marque un point de rupture formel entre Alger et Dubaï.
Dans la foulée de cette évolution, Air Algérie a annoncé via un communiqué publié ce samedi, une révision de son programme de vols internationaux, ciblant principalement le Moyen-Orient et l’Asie.
Le réseau sera renforcé sur des destinations stratégiques comme Amman, Doha et Kuala Lumpur, avec l’ouverture prochaine d’une nouvelle liaison vers le Koweït. Parallèlement, la compagnie procédera à « une réduction maîtrisée » de ses vols vers Dubaï, signalant une réorientation discrète mais nette de ses priorités.
Cette restructuration répond à une logique d’arbitrage stratégique, visant à consolider les axes prioritaires, renforcer la connectivité régionale et intercontinentale, et mieux adapter l’offre aux dynamiques de trafic observées.
Cette évolution illustre donc un double message : optimiser le réseau pour les marchés porteurs et réduire la dépendance aux flux en provenance de pays jugés moins fiables.
Air Algérie : recentrage stratégique vers l’Asie et le Moyen-Orient
Ainsi, la décision d’Emirates et le repositionnement d’Air Algérie s’inscrivent dans un contexte régional où la diplomatie et l’économie s’entrelacent. Le président Abdelmadjid Tebboune a récemment rappelé lors de son entrevue périodique avec les médias la solidité des relations algériennes avec ses partenaires traditionnels : Arabie Saoudite, Égypte, Qatar et Koweït. Il a qualifié ces liens de «plus que fraternels», soulignant la confiance et la continuité des relations, notamment avec la famille Al Jabir au Koweït.
En parallèle, le chef de l’État a adopté un ton ferme à l’égard d’un «mini-État» gesticulant, allusion aux Émirats arabes unis, en raison de ses ingérences dans le processus électoral algérien et dans diverses affaires internes.
D’ailleurs, le président de la République, a à maintes fois dénoncé les agissements vils de ce mini-état. Au-delà des considérations diplomatiques, cette réorganisation reflète un arbitrage économique clair : concentrer les ressources sur des destinations à fort potentiel, sécuriser les flux commerciaux et touristiques, et renforcer la souveraineté dans un contexte régional instable.
Emirates quitte Alger, Air Algérie renforce ses dessertes en Asie et au Moyen-Orient, et l’Algérie affirme sa prudence et sa stratégie d’indépendance face aux interférences extérieures.
En filigrane, ces mouvements traduisent un principe simple : la connectivité aérienne est désormais un instrument de stratégie économique et diplomatique, et le pays entend en conserver le contrôle, tout en renforçant ses relations avec ses partenaires les plus fiables.
K. B.







