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Électrification agricole dans le Sud : L’État met le paquet

Électrification agricole dans le Sud : L’État met le paquet

L’Algérie poursuit ses efforts pour le développement de l’agriculture saharienne, considérée comme l’un des piliers de la sécurité alimentaire du pays. En effet, de “gros” moyens sont mobilisés par l’État, notamment en matière d’électrification des périmètres agricoles, pour booster l’investissement dans les wilayas du Grand Sud.

Par Hakim O.

D’ailleurs, un vaste programme d’électrification dans ces régions est en cours de réalisation. Doté d’une enveloppe financière globale dépassant 46,6 milliards de dinars, ce programme national concerne 15 wilayas du Sud, visant le raccordement de milliers d’exploitations agricoles à l’électricité à travers 3 122 km de réseaux, au profit de 3 540 bénéficiaires, dans une première phase, avec une extension progressive du programme au fur et à mesure du lancement de nouveaux projets agricoles, a précisé le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, en l’occurrence Yacine El Mahdi Oualid.

C’est, en effet, un important programme concrétisant la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à faire du Sud algérien l’un des piliers essentiels de la sécurité alimentaire nationale.

Ainsi, ajoute le ministre depuis la wilaya d’Ouargla, ce programme est destiné à ouvrir de nouvelles perspectives pour l’investissement agricole dans les régions sahariennes, notamment dans les filières stratégiques à forte valeur ajoutée.

«L’électrification des périmètres agricoles permettra de réunir les conditions d’une véritable production agricole moderne», a affirmé M. Oualid, citant notamment l’amélioration des capacités de pompage des eaux souterraines, l’extension des surfaces irriguées, l’introduction de la mécanisation et des technologies modernes ainsi que l’amélioration des rendements agricoles.

Le ministre a également souligné que cette dynamique contribuera à créer un environnement attractif pour les investisseurs, faisant du Sud «un pôle stratégique de la production agricole nationale».

En effet, l’Algérie affiche clairement son ambition et sa volonté de transformer le Grand Sud en véritable eldorado agricole, permettant au pays de renforcer sa sécurité alimentaire, qui est l’un des objectifs chers au Président Tebboune, convaincu qu’une grande nation se mesure par son indépendance alimentaire.

En effet, depuis son arrivée au Palais d’El Mouradia, il a œuvré au développement agricole en associant les nouvelles technologies et notamment l’extension des superficies dans le Grand Sud. Une région qui recèle plusieurs atouts, dont la disponibilité de l’eau et des terrains.

Dans son plan d’action, le ministère de l’Agriculture travaille sur l’augmentation des superficies à un million d’hectares dans le Sud et l’incitation des investisseurs nationaux et étrangers à s’installer dans ces wilayas du Sud, dont les premières expériences ont donné des résultats encourageants, avec des rendements variant entre 70 et 90 quintaux par hectare.

Dans la wilaya d’Ouargla, les indicateurs illustrent déjà cette transformation. Le ministre Yacine Oualid a révélé que plus de 400 kilomètres de pistes agricoles ont été réalisés durant les années 2025 et 2026, parallèlement à la mise en place de plus de 900 kilomètres de réseaux d’électrification agricole destinés au raccordement des périmètres et exploitations agricoles.

80 000 hectares à la disposition des investisseurs

Il a également annoncé qu’une superficie supplémentaire de 80 000 hectares sera mise à la disposition des investisseurs dès la prochaine saison agricole, sous réserve de l’achèvement des nouveaux investissements liés au raccordement électrique. «Les surfaces cultivées ont dépassé cette saison les 9 000 hectares, ce qui démontre la dynamique que connaît la wilaya grâce aux réformes engagées ces dernières années», a-t-il déclaré.

Le développement des infrastructures de stockage figure également parmi les priorités des pouvoirs publics. La wilaya d’Ouargla dispose désormais de neuf centres de stockage de céréales d’une capacité globale de 450 000 quintaux, en plus d’un silo stratégique d’une capacité d’un million de quintaux.

Le ministre a en outre précisé que ces efforts de l’État sont susceptibles de permettre à la wilaya d’Ouargla de jouer un rôle tangible et essentiel dans le renforcement de la sécurité alimentaire nationale, saluant, au passage, l’adhésion à cette approche d’un certain nombre d’investisseurs, ayant permis d’obtenir un rendement plus élevé que lors de la saison agricole précédente.

Lors de cette visite, le ministre a également donné le coup d’envoi du lancement de la campagne de moisson-battage au niveau de l’exploitation “Global Agri Food”, filiale du groupe Madar Holding à Hassi Messaoud, pour la récolte de 1 050 hectares de blé dur. Cela, dira-t-il, reflète la nouvelle dynamique que connaissent les cultures stratégiques dans le Sud.

M. Oualid a estimé que les réformes engagées par l’État, notamment en matière de mise à disposition du foncier agricole, d’électrification, d’aménagement des pistes agricoles et d’accompagnement des investisseurs, commencent à produire des résultats concrets dans les wilayas du Sud. L’électrification agricole constitue aujourd’hui un axe majeur de cette stratégie nationale.

Grâce aux investissements réalisés par le groupe Sonelgaz, près de 100 000 exploitations agricoles ont été raccordées à l’électricité à travers le pays, avec une priorité accordée aux régions sahariennes et aux Hauts-Plateaux.

Cette opération permet non seulement de réduire les coûts d’exploitation en limitant le recours aux groupes électrogènes fonctionnant au gasoil, mais aussi d’assurer une alimentation énergétique continue pour les systèmes d’irrigation et de pompage des eaux souterraines.

Au terme de sa visite de travail, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a inspecté un projet de production de céréales et de betteraves sucrières destinées à la transformation, et ce au niveau de l’exploitation agricole “Tafadis”, relevant du groupe Madar Holding, dans la commune de N’Goussa.

Une étape qualifiée d’importante par le ministre vers la réduction des importations et le renforcement de la sécurité alimentaire du pays.

«Le Sud est désormais un espace de production, d’investissement et de construction de la sécurité alimentaire de l’Algérie», a-t-il conclu.

H. O.

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