Au sein d’une Afrique reconnue unanimement en tant que continent ayant depuis quelques années effectué une remarquable percée en termes de création et de promotion de start-ups et de l’innovation, quatre pays, tiennent le haut du classement dans ce domaine.
Par Hakim O.
En effet, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte (les « Big 4 ») dominent l’écosystème africain des start-ups, le Kenya ayant pris la tête en 2025-2026 avec les plus hauts montants de levées de fonds (plus de 933 millions de dollars).
Le Nigeria reste un leader incontesté en volume de projets, tandis que le Sénégal et la Tunisie affichent des croissances rapides.
Les leaders en matière de start-up : Le Kenya, la « Silicon Savannah »
Dominant en 2025/2026, le Kenya est le leader des levées de fonds, particulièrement en Afrique de l’Est, grâce à des hubs technologiques dynamiques. Surnommé la « Silicon Savannah », le Kenya s’est imposé comme le leader africain du financement en 2025 en dépassant pour la première fois le milliard de dollars levés. Son écosystème, centré sur Nairobi, repose sur une maturité technologique initiée par le succès mondial de M-Pesa dès 2007.
Le pays brille par un ensemble de secteurs qu’il maîtrise plus qu’aucun autre en Afrique. Il est, en effet, devenu le centre mondial de la ClimateTech et de l’énergie hors réseau en Afrique. Un secteur qui attire les plus gros des investissements et fonds, et ce grâce à la performance de ses entreprises.
À l’instar de d.light, une entreprise sociale mondiale et un leader du secteur de l’énergie solaire hors réseau qui a levé 300 millions $ en 2025, devenant la start-up la plus financée du pays ; Sun King : leader du solaire domestique avec 196 millions $ levés récemment ; M-KOPA, pionnier du crédit à la consommation via des actifs connectés (solaires, smartphones)…
Des exploits de ces entités qui expliquent les performances économiques du pays à l’échelle continentale, ayant, entre autres, capté en 2025, 34 % de l’ensemble des investissements africains, avec environ 933,6 millions de dollars levés [1].
La capitale concentre, par ailleurs, la quasi-totalité de l’activité. C’est l’un des rares écosystèmes africains à être classé dans le Top 100 mondial (58e rang global) par StartupBlink.
L’Afrique du Sud, le meilleur écosystème global
L’Afrique du Sud est l’écosystème de start-up le plus mûr et le plus structuré du continent. Si le Kenya brille par sa croissance, l’Afrique du Sud domine par sa solidité financière et ses sorties (exits) réussies. [1, 2]. Selon l’indice StartupBlink 2025, l’Afrique du Sud conserve son titre de meilleur écosystème global en Afrique (52e mondial). [2]
Ainsi, contrairement à ses voisins, elle possède une bourse (la JSE) et un secteur bancaire de classe mondiale, facilitant les levées de fonds locales, outre une économie non dépendante d’un seul secteur. Elle excelle en Fintech, EdTech, et surtout en Software & Data. [1, 2]
L’Égypte, leader en Afrique du Nord
Il est le pôle majeur en Afrique du Nord avec des infrastructures solides et des levées de fonds importantes (environ 400-430 M$ en 2024-2025). L’Égypte s’impose, en effet, en 2025, comme le premier écosystème de start-up en Afrique du Nord et le troisième à l’échelle continentale. Son marché est porté par une population massive (plus de 116 millions d’habitants) et une digitalisation rapide de l’économie.
Ses performances à cet égard sont sans appel : le pays occupe la 65e place mondiale dans le Global Startup Ecosystem Index 2025, en progression constante (+16 places depuis 2020).
Ce qui explique que les start-up égyptiennes aient levé environ 228 millions de dollars pour les seuls cinq premiers mois de 2025.
Nigeria, la patrie des licornes
Le Nigéria, surnommé le « Géant de l’Afrique », possède l’un des écosystèmes technologiques les plus dynamiques du continent. Bien que le Kenya l’ait dépassé en volume de financement en 2025, le Nigéria reste le leader incontesté pour le nombre de licornes (start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars).
En termes de performances, le Nigéria se classe au 66e rang mondial et à la 4e place en Afrique selon l’indice StartupBlink 2025, ce qui explique qu’en 2025, les start-up nigérianes aient levé environ 410,1 millions de dollars, portées par un fort rebond du capital-risque en fin d’année.
H. O.







