Portée par une révision stratégique de ses comptes nationaux et une dynamique de croissance robuste, l’économie algérienne s’apprête à franchir de nouveaux seuils historiques. Alors que le PIB a atteint des sommets en 2024, les projections pour 2026 confirment la montée en puissance du pays sur la scène continentale et arabe. Entre les prévisions de Trading Economics, les rapports de la Banque mondiale et les objectifs ambitieux du gouvernement, analyse d’une trajectoire en pleine accélération.
Par Lyazid Khaber
L’économie algérienne traverse actuellement une phase de mutation structurelle sans précédent, marquée par un redressement spectaculaire de ses indicateurs macroéconomiques.
Selon les données les plus récentes compilées par la plateforme d’analyse financière Trading Economics, le Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Algérie a atteint un sommet historique de 263,62 milliards de dollars au terme de l’année 2024, représentant environ «0,25 % de l’économie mondiale».
Cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante qui, selon les modèles économétriques de Trading Economics, devrait porter la richesse nationale à «271 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2026».
À plus long terme, les projections indiquent une progression continue pour atteindre 279,67 milliards de dollars en 2027 et 289,18 milliards de dollars en 2028.
Le nouveau statut de pays à revenu intermédiaire supérieur
Ce dynamisme est largement soutenu par une révision stratégique des comptes nationaux, une démarche saluée par les institutions internationales. Dans son rapport de suivi de la situation économique de l’Algérie, la Banque mondiale a officiellement reclassé le pays dans la catégorie des «pays à revenu intermédiaire supérieur» en 2024.
Ce changement de statut reflète une meilleure comptabilisation de la valeur ajoutée. Dans ses conclusions, la Banque mondiale souligne que «la croissance économique de l’Algérie a été soutenue par une performance solide des secteurs hors hydrocarbures et de l’investissement public».
Au premier semestre 2025, les données de l’Office National des Statistiques (ONS) révélaient déjà que le secteur des services pesait plus de 4 092 milliards de dinars algériens, témoignant d’une diversification progressive de l’appareil productif.
L’objectif présidentiel des 400 milliards de dollars
L’ambition nationale est portée au plus haut sommet de l’État par le président Abdelmadjid Tebboune, qui a réitéré lors de plusieurs déclarations officielles sa volonté de porter le PIB algérien au-delà de la barre des «400 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2027».
Le chef de l’État a affirmé que l’objectif est de «faire de l’Algérie une économie émergente grâce à la numérisation, au développement de l’agriculture saharienne et à l’augmentation de nos exportations hors hydrocarbures». Cette vision politique est scrutée de près par les experts universitaires.
Dans une étude publiée dans l’Algerian Scientific Journal Platform (ASJP), le chercheur en économie Mohamed Hamadouche précise que «la pérennité de cette croissance dépendra de la capacité du pays à transformer ses revenus énergétiques en investissements productifs».
Les leviers d’une croissance durable pour 2026
Malgré ces perspectives optimistes, des défis structurels subsistent pour l’échéance 2026. Les analystes du Fonds Monétaire International (FMI) notent dans leur dernier bilan de l’Article IV que «les perspectives économiques de l’Algérie sont globalement positives, mais elles restent sujettes à la volatilité des prix mondiaux de l’énergie».
L’économiste et ancien cadre du Conseil National Économique, Social et Environnemental (CNESE), Abdelhamid Gana, explique dans ses récents travaux que «l’amélioration de la productivité du travail et la réduction des obstacles bureaucratiques sont les leviers indispensables» pour que l’Algérie rejoigne durablement le peloton des puissances émergentes.
En conclusion, l’année 2026 se présente comme un test de résilience pour Alger. Entre les prévisions de Trading Economics qui prévoient une consolidation de la richesse nationale et les objectifs gouvernementaux, le pays semble avoir quitté la zone de stagnation.
Le passage d’un PIB de 2 milliards de dollars en 1962 à plus de 270 milliards de dollars en 2026 illustre un changement d’échelle qui place désormais l’Algérie comme la «quatrième puissance économique du monde arabe», prête à jouer un rôle de moteur de croissance régional.
L. K.
Les indicateurs clés
Selon les dernières données d’analyse de marché publiées par Trading Economics (au 24 février 2026), l’économie algérienne affiche une résilience sectorielle marquée Par :
– Hégémonie du secteur des Services :Véritable poumon de la croissance interne, ce secteur confirme sa position de leader. Sa contribution à la richesse nationale a franchi un seuil historique, dépassant les 4.869 milliards de DZD en glissement annuel.
– Accélération de la formation de capital : L’investissement productif (formation brute de capital fixe) connaît une dynamique vertueuse. Cette accélération est portée par le lancement et la concrétisation de grands projets d’infrastructure, notamment dans les réseaux ferroviaires et l’exploitation minière à grande échelle (Gara Djebilet).
– Solidité du commerce extérieur :La balance commerciale maintient un excédent structurel. Ce résultat positif est le fruit d’une stratégie de diversification des exportations, s’appuyant désormais massivement sur les dérivés pétrochimiques et les produits sidérurgiques, dont la demande internationale reste soutenue.
Source: Trading Economics (Données GDP Algeria 2024-2028 & News 02/2026)
Projections du PIB Algérien (2024 – 2028) |
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| Année |
PIB estimé (Milliards USD) |
Statut / Observation |
| 2024 |
263,62 |
Record historique atteint |
| 2026 |
271,00 |
Seuil de consolidation |
| 2027 |
279,67 |
Cible intermédiaire (Projection basse) |
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2028 |
(Objectif) 400,00 |
Ambition d’émergence (Objectif État) |
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Source : Trading Economics / Prévisions de croissance |
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