À l’approche du mois sacré de Ramadan, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national multiplie les initiatives afin d’assurer une disponibilité suffisante des produits alimentaires de large consommation. L’objectif est de garantir la stabilité des prix, de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et de renforcer les actions de sensibilisation en faveur de la rationalisation de la consommation, notamment face au phénomène récurrent du gaspillage alimentaire durant cette période.
Par Sofiane Idiri
C’est dans cet objectif que s’est tenue une réunion de coordination avec les partenaires du secteur. Soutenir le pouvoir d’achat et garantir la disponibilité des produits est une priorité des pouvoirs publics
Ainsi, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a présidé, avant-hier après-midi une réunion de coordination regroupant l’ensemble des acteurs partenaires activant dans son secteur, notamment le CREA, l’UNEP, ainsi que d’autres organisations professionnelles.
Des responsables de groupements économiques publics et des cadres du ministère ont également pris part à cette rencontre. Cette réunion s’inscrit dans le cadre des préparatifs liés à l’installation des marchés de proximité, prévus à travers les 69 wilayas du pays, dont le lancement est annoncé pour la semaine prochaine.
L’objectif est d’inciter les opérateurs économiques à s’intégrer pleinement dans ce dispositif visant à rapprocher les produits du consommateur et à proposer des prix accessibles à toutes les catégories sociales.
À l’issue de la réunion, la ministre, Mme Amal Abdelatif, a exprimé sa gratitude à l’ensemble des partenaires pour leur implication active dans ce processus.
Elle a souligné que cette mobilisation collective vise essentiellement à soutenir le pouvoir d’achat du citoyen et à garantir l’abondance des produits de consommation sur le marché national durant le mois de Ramadan.
Dans la matinée du même jour, Mme Abdelatif a participé à un séminaire scientifique organisé par le Haut Conseil islamique, consacré à la rationalisation de la consommation durant le mois de Ramadan à la lumière des enseignements de l’islam.
Dans son intervention, la ministre a insisté sur le fait que la régulation du marché ne saurait se limiter aux seuls dispositifs juridiques et réglementaires.
Elle repose également, a-t-elle affirmé, sur la sensibilisation du citoyen, le renforcement de la conscience collective et l’adoption de comportements responsables inspirés des valeurs religieuses prônant la modération et l’équilibre.
Des campagnes nationales contre le gaspillage
Poursuivant son allocution, Mme Amal Abdelatif a rappelé les efforts consentis par son département pour faire face au phénomène du gaspillage alimentaire, à travers des campagnes nationales de sensibilisation.
Elle a notamment cité la récente campagne lancée sous les slogans : «L’abondance existe, la rationalisation de la consommation est votre choix» et «Ramadan est un mois sacré, ne le transformons pas en course au gaspillage».
La ministre a également mis en exergue l’importance des rencontres scientifiques et des actions de sensibilisation, qu’elle a qualifiées d’outil essentiel pour instaurer une complémentarité entre la référence religieuse et l’approche économique.
Selon elle, cette synergie permet de bâtir un modèle national de consommation fondé sur la rationalité, la solidarité et la durabilité.
De son côté, le président du Haut Conseil islamique, Mabrouk Zaid El Kheir, a souligné que la rationalisation de la consommation constitue un pilier fondamental dans la gestion du budget familial et la construction d’une société équilibrée. Il a rappelé que l’islam prône une consommation modérée, rejetant le gaspillage et respectant les moyens disponibles.
Lors du séminaire, Samia Gattouche, membre du Conseil, a alerté sur l’ampleur du gaspillage alimentaire à l’échelle mondiale, précisant qu’environ un tiers des produits alimentaires est jeté chaque année, soit près d’un milliard de tonnes, alors que des millions de personnes souffrent encore de la faim.
Enfin, le président de l’Association « Aman » pour la protection du consommateur, Hassan Menouar, a mis en garde contre les répercussions sanitaires, environnementales et économiques d’une consommation non rationnelle.
Il a évoqué la hausse injustifiée de la demande, les tensions sur les marchés et le déséquilibre des budgets des ménages, en particulier ceux à revenus modestes, appelant à une consommation plus responsable et solidaire.
S. I.







