Les femmes algériennes célébreront, aujourd’hui, dimanche 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes. C’est en effet une occasion de faire le point sur les acquis et avancées enregistrés ces dernières années, notamment après l’amendement de la Constitution en 2020.
Par Hakim O.
En effet, la présence de la femme algérienne est plus visible dans divers domaines, avec une meilleure représentation dans les institutions publiques et politiques, confirmant ainsi leur rôle de premier plan dans la construction nationale.
Au courant de ces dernières années (2020 à 2026), le gouvernement a pris une série de mesures pour la protection de la femme, le renforcement de sa place dans le monde socio-économique et l’accès des femmes aux postes de responsabilité.
«Sous la conduite du président de la République, la participation des femmes dans les sphères politique, économique et sociale s’est accrue, leur permettant d’accéder à des postes décisionnels et elles se distinguent désormais dans tous les domaines », avait indiqué le Bureau du Conseil de la nation dans un communiqué.
Une démarche qui s’inscrit dans la vision globale du pays consistant à assurer une réelle égalité dans tous les secteurs. Grâce à cette politique, la femme algérienne est présente aujourd’hui en force dans divers domaines, en investissant des secteurs qui étaient auparavant occupés uniquement par les hommes.
Elles sont pratiquement en parité avec les hommes dans la fonction publique (éducation, santé, enseignement supérieur) et dans d’autres secteurs économiques comme le pharma et d’autres secteurs des services.
À titre d’exemple, dans l’éducation, les femmes sont majoritaires à près de 82,9 % et près de la moitié dans l’enseignement supérieur (46,5 %), selon les chiffres de la Banque mondiale (World Development Indicators 2025).
Toutefois, sur le marché du travail, les écarts demeurent importants. La proportion de femmes âgées de 15 à 64 ans exerçant une activité professionnelle se situe entre 15 et 16 % depuis une dizaine d’années, contre plus de 70 % pour les hommes. Selon les données de l’Office national des statistiques, on comptait en octobre 2024 environ 2,35 millions de femmes actives contre près de 9,7 millions d’hommes.
Les femmes travaillent principalement dans le secteur de la santé et de l’action sociale, qui regroupe près de 45 % des travailleuses. Elles sont également présentes dans l’industrie manufacturière et dans l’administration publique. Par ailleurs, les femmes sont majoritaires dans les professions intellectuelles où elles représentent plus de la moitié des effectifs.
Donc un grand travail reste encore à faire pour augmenter l’employabilité des femmes, d’autant que l’État investit énormément dans leur formation. Outre le salariat, la femme algérienne se dirige de plus en plus vers l’entrepreneuriat. Grâce aux efforts et encouragements des pouvoirs publics, les indépendants féminins ont augmenté, passant de 397.000 en 2018 à 498.000 en 2024. Ainsi, en 2024, selon l’ONS, 14 % des employeurs et indépendants sont des femmes.
218.486 femmes inscrites au CNRC
Concernant la participation des femmes à l’activité économique, elle se renforce d’année en année. Selon les données du Centre national du registre du commerce, le nombre de commerçantes inscrites au registre du commerce a atteint 218.486 début mars 2026, contre 159.807 à la fin de 2019, soit une hausse de 37% en six ans.
La majorité de ces inscriptions concerne des personnes physiques (194.443), tandis que 24.043 femmes sont inscrites en tant que gérantes d’entreprises. Les activités les plus exercées par les commerçantes sont le commerce de détail alimentaire, suivi du commerce de l’habillement, des bijoux et des cosmétiques, ainsi que les services d’hébergement et de restauration.
Les registres détenus par des femmes sont principalement concentrés dans les grandes wilayas, notamment Alger, Oran, Tizi Ouzou et Constantine. Au total, les femmes représentent actuellement environ 9 % des commerçants inscrits au registre national.
Par ailleurs, afin de booster l’entrepreneuriat chez les femmes, des initiatives ont été prises par l’État, en adaptant des mécanismes de financement et des dispositifs d’accompagnement renforcés. Le dispositif Nesda (ex-Ansej) encourage les femmes à s’orienter vers l’entrepreneuriat et la création de micro-entreprises, afin de contribuer à l’économie nationale et de participer au développement local.
Plusieurs programmes ont été mis en place pour inciter les porteuses de projets à se lancer, notamment dans les secteurs émergents comme le numérique, l’agriculture et les services.
Un autre programme qui connaît un franc succès chez la femme est le dispositif ANGEM (Agence nationale de gestion des microcrédits), qui est un organisme public destiné à apporter à des porteurs de micro-projets des crédits et un accompagnement. Ouvert très largement aux femmes, l’ANGEM a accordé depuis sa création plus de 1 million de microcrédits, dont 62 % ont bénéficié à des femmes.
Selon les chiffres de l’ANGEM, 183.229 microprojets de femmes rurales dans différents secteurs (notamment l’environnement, l’artisanat et l’agriculture) ont été financés par l’Agence durant la période entre 2005 et juin 2025, tandis que plus de 50.700 femmes ont bénéficié de formations spécialisées sur la même période.
À tout cela s’ajoute le programme « Famille productive », une initiative du ministère de la Solidarité nationale visant à autonomiser les ménages à faible revenu et les femmes, notamment en milieu rural. Il offre des aides financières pouvant atteindre 100.000 DA pour la création de micro-activités familiales, en adéquation avec leurs compétences et capacités.
En somme, l’État affiche une réelle volonté de faire de la femme un acteur clé du progrès économique, et non plus un simple maillon du marché du travail.
H. O.







