L’Algérie mise sur le secteur minier pour la diversification de l’économie nationale. De grands projets sont déjà lancés, à l’instar de celui du fer de Gara Djebilet à Tindouf, du zinc-plomb de Tala Hamza à Bejaïa, et d’autres sont prévus pour les mois à venir, comme celui du phosphate à l’Est du pays. Des projets structurants qui vont donner une nouvelle dynamique au secteur minier en léthargie depuis des décennies.
Par Hakim O.
D’ailleurs, en dépit du potentiel minier existant, ce secteur ne contribue qu’à seulement 1 % au PIB. Le passage à la vitesse supérieure dans l’exploitation du sous‑sol, riche en métaux et minéraux (phosphate et or), devient plus que nécessaire pour l’Algérie, qui ambitionne d’intégrer le giron des pays émergents d’ici 2027 et de hisser son PIB à 400 milliards de dollars.
Les directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier Conseil des ministres, tenu avant‑hier, sont claires, reflétant sa détermination pour l’indépendance de l’économie nationale des hydrocarbures.
Le Président a insisté sur « la nécessité que la prochaine étape soit à la hauteur de l’ambition de l’Algérie, qui s’inscrit dans une logique de puissance économique sûre et de diversification comme socle d’un État véritablement émergent, s’appuyant sur des chiffres crédibles sur le terrain».
En d’autres termes, le secteur minier est désormais érigé en pilier central pour propulser l’Algérie vers un statut de puissance économique sécurisée. Dans ses orientations, le chef de l’État a mis l’accent sur une exécution accélérée des projets.
Désormais, seule une cadence soutenue sera tolérée dans la mise en œuvre des orientations. «Dorénavant, seule une cadence soutenue dans l’exécution des orientations données et des plans d’action convenus sera acceptée pour l’ensemble des filières minières retenues», lit‑on dans le communiqué du Conseil des ministres.
Le Président Tebboune a souligné que le respect des délais est une condition non négociable pour garantir la stabilité du développement national.
Cap sur une industrie minière intégrée
À travers ces nouvelles orientations, le chef de l’État fixe un nouveau cap pour le secteur minier, qui ne doit pas se limiter à l’extraction des ressources, mais s’orienter vers l’émergence d’une véritable industrie de transformation, créatrice de richesse, de valeur ajoutée et d’emploi.
Un aspect auquel le gouvernement accorde une grande importance ces dernières années, en vue de développer de nouveaux leviers capables de mettre le pays à l’abri d’éventuels chocs extérieurs, notamment les fluctuations des prix du pétrole sur les marchés.
En effet, le développement de ce secteur minier, avec d’autres domaines, est considéré comme une condition sine qua non pour diversifier l’économie nationale.
Les réformes engagées dans ce cadre, notamment avec la mise en place d’une nouvelle loi pour la mine, avec une possible participation allant jusqu’à 80 % pour l’investisseur étranger et 20 % pour l’État, témoignent de la volonté du gouvernement de booster ce secteur stratégique, nécessitant à la fois des budgets conséquents et un savoir‑faire.
La formation d’une main‑d’œuvre qualifiée et l’utilisation d’une technologie de pointe sont primordiales pour l’extraction et l’exploitation du sous‑sol algérien, riche en plusieurs minerais et métaux rares.
Sur ce point, le président de la République a ordonné de «s’appuyer entièrement, dans les explorations minières dans ce secteur stratégique, sur la technologie, ainsi que sur les ressources humaines locales et les compétences algériennes à l’étranger ou à travers des partenariats avec les pays amis et alliés».
Vers l’élaboration d’un plan d’exploration
Pour aller vite dans l’exploration et l’exploitation des différents projets miniers, le chef de l’État a ordonné l’élaboration d’un plan d’exploration dans ce secteur, dans les plus brefs délais, et de le présenter en Conseil des ministres. Ce plan d’exploration doit en effet «définir avec précision et en détail» les filières minières prioritaires pour la prochaine étape, tout en établissant rigoureusement les échéances d’exploitation et de production.
Selon l’expert en économie Abderrahmane Hadef, cette orientation comporte trois principales implications, à savoir le passage d’une logique de potentiel‑ressource à celle d’actif économique productif, ce qui renforcera la contribution du secteur au PIB ; l’intégration de la technologie comme levier déterminant pour accélérer l’exploration et réduire les risques, en cohérence avec les standards internationaux modernes dans les industries extractives ; et enfin la valorisation du capital humain national, tant au niveau local qu’à travers les compétences établies à l’étranger, ce qui favorise le transfert de savoir‑faire et la réduction de la dépendance technologique.
Dans son plan d’action, le groupe public Sonarem, qui chapeaute le secteur minier en Algérie, prévoit l’ouverture de nouvelles mines en s’appuyant sur les résultats du programme minier incluant 26 projets de prospection et d’exploration, lancé en 2021.
Ces projets ont permis d’avoir une cartographie minière nationale sur les différentes ressources, comme le lithium, le tungstène et le manganèse, en plus de plusieurs types de pierres rares et d’autres ressources. Il est prévu également le lancement d’un nouveau programme incluant 16 projets d’exploration d’autres matières rares, notamment l’argile blanche (kaolin), utilisée dans la fabrication de la pâte blanche destinée à la production de céramique.
Concernant le lithium, composant essentiel dans la fabrication des batteries électriques « LFP » (Lithium‑Fer‑Phosphate), les études géologiques pour déterminer ses réserves se poursuivent sous la supervision de l’Agence du service géologique d’Algérie (ASGA) et de l’Office national de la recherche géologique et minière (ORGM), notamment dans les régions du Hoggar et d’In Guezzam, en plus des chotts.
H. O.
Récupération de plus de 110 millions de dollars de fonds détournés et gelés
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a annoncé, lors de la réunion du Conseil des ministres, présidée dimanche par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, que l’Algérie récupérera plus de 110 millions de dollars de fonds détournés et gelés auprès de la Confédération suisse, après avoir adressé 33 commissions rogatoires à ce pays.
Selon un communiqué du conseil des ministres, c’est «avant la clôture de la réunion que M. Attaf a présenté un exposé sur le dossier de la récupération des fonds détournés, faisant état de 33 commissions rogatoires adressées à la Confédération suisse, dont 20 dossiers ont été examinés et acceptés, 4 d’entre eux, liés aux fonds détournés et gelés, ayant été définitivement traités à ce jour». En vertu de ces procédures, indique la même source, «plus de 110 millions de dollars seront restitués à l’Algérie».
Au terme de l’exposé, le président de la République a « adressé ses remerciements à la Confédération suisse et au Royaume d’Espagne pour la récupération par l’Algérie des fonds détournés », ajoute le communiqué, soulignant, par ailleurs, que « 61 commissions rogatoires adressées à la France dans ce cadre sont restées sans réponse ».
R. E.







