Les start-ups peuvent désormais accéder à la Bourse et ses services sans avoir à débourser les frais d’inscription habituels. C’est une première dans le paysage financier algérien. En effet, la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB), la Société de gestion de la bourse des valeurs (SGBV-SPA) et le Dépositaire central des titres (Algérie Clearing-SPA) ont annoncé, dans un communiqué commun la mise en place d’un dispositif exceptionnel de dispense des frais d’introduction en bourse au profit des start-up, pour une durée de trois années, couvrant la période 2026-2028.
Par Tahar Azizi
Dans ce cadre, les start-ups, d’autant plus si elles sont innovantes et à fort potentiel de croissance, bénéficieront d’une dispense intégrale des frais d’obtention du visa sur les notices d’informations, perçus par la COSOB, sur l’ensemble des frais d’admission à la cote officielle, perçus par la SGBV et sur l’ensemble des frais d’administration, de conservation et de gestion des titres, perçus par Algérie Clearing.
Les trois organismes expliquent que cette initiative s’inscrit dans une démarche visant, non seulement, à en renforcer l’attractivité du marché financier mais aussi à y faciliter l’accès pour les start-ups et, en contribuant à la résolution de leurs besoins de financement, particulièrement à travers l’opération de levée de fonds.
Ceci, grâce à des conditions d’accès adaptées, notamment le compartiment Croissance du marché des titres de capital.
Ce dispositif est spécialement dédié à cette catégorie d’entreprises, disposant obligatoirement de label ‘start-up’, selon la même source. Ce compartiment, fau-t-il le rappeler, compte actuellement deux sociétés admises à la cotation, à savoir, AOM Invest SPA et Moustachir SPA.
La première est un groupe d’investissement spécialisé dans les placements financiers dans des zones mixtes public-privé situées dans des destinations touristiques.
La deuxième est une plateforme de conseil en ligne, offrant des consultations professionnelles dispensées par les des experts algériens et internationaux.
Il est précisé, par ailleurs, que cette mesure, s’inscrit dans le cadre des orientations stratégiques des pouvoirs publics visant à promouvoir le développement des start-ups, de l’entrepreneuriat et de l’innovation, en tant que leviers essentiels de la diversification de l’économie nationale.
Elle s’applique à toute opération de levée de fonds dont le montant n’excède pas 500 millions de DA et réalisée à compter du 1 février 2026.
Ainsi, par le biais de cette démarche, la COSOB, la SGBV et Algérie Clearing réaffirment leur engagement à soutenir la croissance des start-up algériennes et à encourager leur recours au financement par le marché financier dans le cadre d’un écosystème de financement intégré en faveur de ces entreprises.
Toutefois, des spécialistes en finances soulignent que, bien que la Bourse d’Alger soit en pleine nouvelle dynamique de relance et de modernisation, faut-il, elle a besoin de nouveaux flux, encore plus importants, d’entreprises à faire coter, en particulier celles privées, afin d’étoffer suffisamment ses volumes de transaction. Elle pourra tenir, ainsi, un rôle plus actif dans la collecte de l’épargne et le financement de l’économie.
C’est là un moyen d’avoir suffisamment de sources de financement disponibles pour les startups, qui recourraient jusqu’à présent principalement aux fonds publics ou au capital-risque, soutiennent-ils.
T.A.







