C’est une première dans l’histoire de l’enseignement supérieur algérien. Hier, lundi 2 mars 2026, Université Alger 3 a été au cœur d’une cérémonie historique marquant la remise du premier agrément accordé en Algérie à une société d’investissement en capital-risque à caractère universitaire.
Par Sofiane Idiri
Délivré par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB), cet agrément bénéficie à la « Société d’investissement financier de l’Université Alger 3 », dotée d’un capital de 188,8 millions de dinars algériens.
La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, ainsi que du président de la COSOB, Youcef Bouznada.
Pour le ministre Baddari, cet événement «d’une grande importance s’inscrit dans le processus de réforme de l’université algérienne» et consacre l’engagement du président Abdelmadjid Tebboune en faveur d’une université transformée en acteur productif du développement économique.
Le ministre des Finances a, quant à lui, salué cette initiative pionnière qui marque «l’entrée de l’université dans le domaine de l’investissement financier», soulignant qu’elle témoigne de la maturité des compétences nationales et de leur capacité à contribuer à la construction d’une économie diversifiée fondée sur le savoir et l’innovation.
Un pont entre la recherche et le marché
Concrètement, cette nouvelle structure jouera un rôle de pont institutionnel entre la connaissance et le capital, entre les laboratoires de recherche et le marché économique.
Elle aura pour mission de financer les projets innovants issus du milieu universitaire dès leurs premières étapes, de valoriser la recherche scientifique en transformant les idées des étudiants et chercheurs en entreprises viables, et d’accompagner les incubateurs et accélérateurs universitaires en leur assurant une couverture financière durable.
La société assumera également un rôle de «fonds de fonds», en investissant aux côtés des fonds universitaires créés et en supervisant leur gestion, ce qui permettra de coordonner les efforts et de renforcer la complémentarité entre les différents acteurs de l’écosystème d’innovation universitaire.
Selon le recteur de l’Université Alger 3, Khaled Rouaksi, cet événement constitue «une étape qualitative vers la construction d’un réseau national de fonds de capital-risque universitaire capable de soutenir les projets innovants».
Pour la COSOB, il s’agit d’une avancée majeure dans la modernisation du marché financier national et le renforcement de la confiance dans le climat des affaires.
Une avancée majeure pour le marché financier
Cette réalisation, fruit de la promulgation du cadre réglementaire relatif aux organismes de placement collectif en capital-risque, s’inscrit clairement dans la vision de l’État algérien : bâtir une économie fondée sur la connaissance et faire de l’université un levier central du développement national.
L’octroi de cet agrément à Université Alger 3 illustre l’intérêt stratégique que porte l’État algérien à l’économie de la connaissance. Sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, les pouvoirs publics ont multiplié les réformes pour faire de l’université un moteur de création de richesse.
La recherche scientifique, longtemps cantonnée à sa dimension académique, est désormais pensée comme un levier de croissance, d’innovation et de diversification économique, en cohérence avec les orientations nationales visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures.
Cette dynamique s’est également traduite par la création du Ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, marquant un tournant institutionnel majeur.
En structurant l’accompagnement des start-up, en renforçant les incubateurs universitaires et en facilitant l’accès au financement, le gouvernement consolide un écosystème favorable à l’entrepreneuriat innovant.
L’émergence de fonds de capital-risque universitaires s’inscrit ainsi dans une évolution globale du secteur, où la transformation numérique, la valorisation des brevets et l’appui aux jeunes porteurs de projets deviennent des priorités nationales affirmées.
S. I.







