La Corée du Sud a décidé d’envoyer des émissaires spéciaux en Algérie, en Arabie saoudite et à Oman pour sécuriser ses approvisionnements en pétrole brut, et ce, après la paralysie du détroit d’Ormuz consécutive aux attaques contre l’Iran du 28 février dernier. C’est ce que rapporte The Korea Times, précisant que cette initiative a été annoncée conjointement par le gouvernement sud-coréen et le Parti démocrate au pouvoir.
Par K. Boukhalfa
En effet, selon la même source, le détroit d’Ormuz représentait jusqu’alors le point de passage de près de 70 % des importations de pétrole brut de la Corée du Sud. Sa perturbation a donc placé Séoul dans une situation d’urgence énergétique directe, l’obligeant à identifier rapidement des sources alternatives d’approvisionnement. Raison pour laquelle des émissaires seront prochainement envoyés en Algérie, en Arabie Saoudite et à Oman pour essayer de sécuriser le pétrole pour le pays.
«Garantir des sources alternatives de pétrole brut est la priorité absolue dans la crise actuelle au Moyen‑Orient», a déclaré Ahn Do‑geol, député du parti au pouvoir au média Korea Times, soulignant que tous les moyens diplomatiques seraient mobilisés à cette fin, tout en relevant l’importance stratégique croissante de pays comme l’Algérie dans les équilibres énergétiques mondiaux.
L’inclusion de l’Algérie dans cette mission diplomatique intervient dans un contexte où les relations énergétiques entre les deux pays connaissent déjà une dynamique positive. Selon les données du site spécialisé Attaqa, les importations sud‑coréennes de pétrole brut algérien ont progressé de 40 % depuis le début de l’année, par rapport à la même période de 2025.
En volumes, les exportations algériennes vers la Corée du Sud sont passées de 25 000 barils par jour en début d’année à 35 000 barils par jour actuellement. Cette progression a permis à la Corée du Sud de s’imposer comme la quatrième destination internationale du pétrole algérien, derrière l’Espagne, la France et l’Italie.
D’après la même source, sur le plan opérationnel, la situation reste critique pour Séoul. Vingt‑six navires sud‑coréens, majoritairement des pétroliers, sont actuellement immobilisés dans le détroit d’Ormuz, avec 173 membres d’équipage à bord.
Le ministère des Affaires étrangères a indiqué être en contact permanent avec les différentes parties, notamment avec l’Iran, et participe aux réunions de coordination internationale organisées sous l’égide du Royaume‑Uni et de la France.
Pour atténuer l’impact immédiat sur l’approvisionnement national, le gouvernement envisage de mobiliser ses réserves stratégiques de pétrole, qui seraient mises à disposition des raffineurs privés dans l’attente des nouvelles cargaisons. Cinq navires sud‑coréens devraient par ailleurs être redéployés vers le port saoudien de Yanbu, en mer Rouge, afin de contourner le détroit bloqué.
Les répercussions de la crise commencent également à se faire sentir sur le marché intérieur sud‑coréen. Le blocage du détroit limite en effet l’approvisionnement en naphta et autres produits chimiques indispensables à la production de plastique — un secteur particulièrement vulnérable puisque près de 70 % des approvisionnements sud‑coréens en ce composant proviennent du Moyen‑Orient.
Face au risque de pénurie, les consommateurs sud‑coréens ont commencé à acheter en masse les produits plastiques du quotidien, anticipant des ruptures de stock dans les semaines à venir. Un phénomène qui illustre concrètement l’ampleur des tensions que la crise d’Ormuz fait peser sur l’ensemble de l’économie du pays.
Ainsi, et dans ce contexte, la démarche sud‑coréenne consacre le rôle croissant de l’Algérie en tant que fournisseur énergétique fiable à l’échelle internationale. La hausse significative des volumes exportés vers la Corée du Sud, conjuguée à l’intérêt diplomatique que lui manifeste désormais Séoul, ouvre la perspective d’un partenariat bilatéral renforcé et durable dans le secteur des hydrocarbures.
K. B.







