Si le conflit venait à se prolonger, les prix du pétrole pourraient flamber, selon des analystes. Les tensions au Moyen-Orient ont déjà fait tripler le coût du fret et le risque de blocage du détroit d’Ormuz, né de cette guerre, fera grimper les primes d’assurance.
Par Khaled Remouche
En effet, deux scénarios se dessinent sur le plan économique après le déclenchement, samedi, des frappes aériennes américaines et de l’entité sioniste contre une multitude de cibles en Iran, ainsi que les représailles iraniennes qui ont touché Israël, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Koweït.
Les répercussions de ce conflit concernent principalement les perturbations que peut créer cette guerre en matière d’approvisionnement en pétrole brut dans le monde.
Premier scénario : une guerre prolongée en cas de résilience iranienne. Morgan Stanley, citée par Reuters, analyse ainsi la nouvelle situation : elle estime que, dans le cas d’une attaque américaine de grande envergure suivie de ripostes iraniennes significatives, les perturbations du trafic maritime pourraient réduire l’approvisionnement mondial jusqu’à 3 millions de barils par jour pendant plusieurs semaines.
Cela suffirait, ajoute-t-elle, à faire exploser les prix du brut, qui dépasseraient largement le niveau actuel déjà élevé de 72 dollars le baril.
Ce qui signifie que, s’il s’agit d’une guerre éclair, dont la durée serait limitée, les prix du baril pourraient grimper pendant une courte période avant de revenir à leur niveau d’avant-guerre.
Mais, quel que soit le dénouement du conflit, lit-on dans cette analyse des décisions de Trump, l’attaque contre l’Iran crée de nouveaux risques majeurs.
Le détroit d’Ormuz, l’épicentre des menaces de perturbations
En effet, les marchés mondiaux de l’énergie, selon Reuters, sont confrontés à l’un des plus graves chocs depuis des décennies, alors que les frappes américaines et de l’entité sioniste contre l’Iran perturbent les exportations de pétrole de la région productrice de brut la plus importante du monde.
L’ampleur des perturbations, insiste Reuters, dépendra — deuxième scénario — de la durée du conflit. Mais, pour l’instant, la menace et l’incertitude suffisent déjà à impacter gravement les flux en provenance de cette région, qui représente 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole.
En l’absence d’une résolution rapide du conflit, les prix du pétrole devraient connaître une forte hausse dès l’ouverture du marché demain.
L’épicentre de ces menaces de perturbations du trafic maritime est, en effet, le détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 millions de barils de pétrole par jour. L’Iran n’a, pour l’instant, pas décidé de bloquer le détroit d’Ormuz, mais il a affirmé qu’il n’était pas sécurisé. Ce qui fait planer le risque et, par conséquent, augmenter les coûts du fret et de l’assurance.
Déjà, les taux de fret des pétroliers, face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, étaient en hausse. « Les taux de référence pour les grands transporteurs de brut reliant le Moyen-Orient à la Chine ont plus que triplé », indique Reuters.
L’Iran a la capacité de le bloquer temporairement. Cette menace et cette guerre font grimper les primes d’assurance.
Attention à l’inflation importée
À noter que « le marché mondial du pétrole est bien approvisionné actuellement suite à l’augmentation de la production de pétrole des États-Unis, du Brésil, du Canada et d’autres pays. L’Arabie saoudite a augmenté ses exportations, qui devraient dépasser les 7 millions de barils par jour en février 2026, un niveau jamais atteint depuis 2023 », indique la société d’analyse de transport maritime Kpler.
Des perturbations sur les routes d’exportation du pétrole en provenance du Moyen-Orient pourraient annuler une grande partie de ces augmentations de production régionales et alimenter une hausse des prix du pétrole, selon Reuters.
La hausse des prix du pétrole pourrait donc alimenter une progression de l’inflation en Europe et aux États-Unis et, par ricochet, impacter l’Algérie, qui s’approvisionne en partie sur le marché européen.
K. R.







