Alger et Nouakchott renforcent leur coopération. La tenue de la 20e session de la Grande Commission mixte algéro-mauritanienne, hier à Alger, a été une occasion pour les Premiers ministres des deux pays de souligner la volonté commune de hisser leur coopération à un niveau supérieur et d’élargir leur partenariat stratégique.
Par Hakim O.
Les deux pays, animés par une réelle volonté de renforcer la coopération Sud‑Sud et de bon voisinage, travaillent à la concrétisation de nombreux projets structurants, à une coordination accrue et à une intensification des échanges économiques.
Dans son discours, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a souligné que les travaux de cette session de la Grande Commission mixte se sont déroulés dans une atmosphère fraternelle marquée par une parfaite harmonie, reflétant véritablement «notre volonté commune d’élever la coopération bilatérale aux plus hauts niveaux du partenariat, ainsi que notre ambition constante de la hisser à un stade d’intégration stratégique et globale».
Il a, en effet, exprimé sa satisfaction quant aux résultats obtenus lors de cette 20ᵉ session, qui constitueront de nouveaux jalons dans le renforcement des liens de solidarité entre les deux pays, ainsi que dans l’élargissement et la diversification des axes de partenariat.
«Il est certain que cette session insufflera une nouvelle dynamique positive à nos relations bilatérales, qui ont toujours été marquées par la solidarité et une coopération fructueuse, au point de devenir aujourd’hui un modèle de relations constructives. Ces relations ont connu, ces dernières années, une évolution soutenue dans divers domaines et à différents niveaux », a‑t‑il souligné, en notant que la tenue de cette session s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations et directives des dirigeants des deux pays, le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et son homologue, le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Depuis 2022, les relations bilatérales entre Alger et Nouakchott ont pris une nouvelle dimension, tout en enregistrant des acquis importants en matière d’approfondissement des liens économiques et d’élargissement des échanges commerciaux et financiers, à travers le lancement de plusieurs projets structurants et vitaux.
De nombreux projets communs concrétisés
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a cité notamment l’inauguration des deux postes frontaliers, devenus un véritable pont de communication humaine entre les deux pays, le projet de la route Tindouf‑Zouerate, dont les travaux ont atteint des étapes encourageantes et qui contribuera à faciliter la circulation des personnes et la fluidité des échanges de marchandises, ainsi que le projet de zone franche commerciale.
À cela s’ajoutent la création de la première banque algérienne en Mauritanie et l’ouverture de ses agences dans plusieurs villes mauritaniennes, ainsi que les projets importants menés par l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement en Mauritanie.
Sur le plan économique, les relations entre les deux pays ont évolué progressivement vers la concrétisation de véritables partenariats en adéquation avec les potentialités et les besoins des deux parties.
Cette nouvelle approche vise, dira Sifi Ghrieb, à élargir les domaines de coopération pour inclure des secteurs tels que la santé, l’industrie pharmaceutique, l’énergie, la pêche, le transport et l’agriculture.
Dans le domaine énergétique, le Premier ministre a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à partager son expertise dans ce secteur stratégique, notamment dans l’exploration et la production des hydrocarbures ainsi que dans le développement de projets gaziers. Idem pour le secteur minier.
Pour Alger, le moment est venu d’élaborer une vision commune permettant de valoriser les importantes ressources dont disposent les deux pays.
Par ailleurs, les deux parties ont convenu de la nécessité, durant la prochaine phase, d’intensifier les échanges commerciaux bilatéraux et de diversifier leur structure, qui demeure en deçà des ambitions communes, notamment à la lumière des perspectives prometteuses offertes par la route Tindouf‑Zouerate et la ligne maritime reliant les deux pays.
Selon les chiffres avancés par le Premier ministre, les échanges commerciaux ont atteint 447,8 millions de dollars en 2023 et environ 352 millions de dollars en 2025. Il convient donc de poursuivre les efforts pour les développer et les diversifier.
Pour cela, il est important de faciliter les procédures douanières au niveau des frontières terrestres et d’achever l’étude de l’accord commercial préférentiel, qui «contribuera à fluidifier les échanges, notamment avec l’entrée en service prochaine de la zone franche», selon Sifi Ghrieb.
Les deux pays ont ainsi souligné l’importance de promouvoir les investissements directs, de renforcer la coopération décentralisée et de développer les zones frontalières.
«Nous aspirons également à renforcer la coopération en matière d’investissement, notamment grâce à la présence d’institutions financières telles que la Banque de l’Union algérienne en Mauritanie. J’appelle ainsi les opérateurs économiques des deux pays à explorer davantage les opportunités d’investissement», a‑t‑il souligné.
De son côté, le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Djay, a salué «l’élan nouveau» que connaissent les relations bilatérales depuis la précédente session tenue à Nouakchott en 2022. Il a mis en exergue la dimension stratégique de ce partenariat, fondé sur une vision commune et une volonté partagée de promouvoir une coopération globale.
Une vision mauritanienne convergente
Le responsable mauritanien a notamment insisté sur l’importance des projets structurants engagés, à l’image de la route Tindouf‑Zouerate et des infrastructures frontalières, qui constituent, selon lui, « un levier majeur pour l’intégration économique et l’ouverture sur le marché africain ».
En outre, les deux Premiers ministres ont convergé sur la nécessité de capitaliser sur les acquis et d’accélérer la mise en œuvre des accords en cours, en définissant une feuille de route claire et des échéances précises.
Au‑delà des aspects économiques, la coopération bilatérale englobe également les domaines de la formation, de la santé et des échanges universitaires, avec un renforcement notable des programmes de bourses au profit des étudiants mauritaniens.
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et géopolitiques croissants, Alger et Nouakchott entendent ainsi consolider leur partenariat stratégique, fondé sur la confiance, la complémentarité et une vision commune du développement.
En effet, les deux pays œuvrent à renforcer la coordination dans la lutte contre les différentes menaces au niveau des zones frontalières, notamment la criminalité organisée, le terrorisme, la migration clandestine et le trafic de drogues.
H. O.
Algerie-Mauritanie : Signature de plusieurs accords
La 20e session de la Grande Commission mixte algéro‑mauritanienne s’est couronnée par la signature de nombreux accords et mémorandums d’entente, marquant une étape importante dans le renforcement de la coopération entre les deux pays et ouvrant la voie à une nouvelle dynamique de partenariat multisectoriel.
Coprésidée par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et son homologue mauritanien, Mokhtar Ould Diay, la cérémonie de signature, tenue hier au Palais du Gouvernement à Alger, a consacré l’engagement des deux parties à élargir et structurer davantage leur coopération.
Les accords conclus couvrent un large éventail de secteurs stratégiques, notamment la sécurité, les hydrocarbures, l’énergie, les finances, les transports, le commerce, l’agriculture, la pêche, l’industrie, l’industrie pharmaceutique, ainsi que les domaines sociaux tels que l’éducation, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, le travail, la jeunesse et les sports, la culture et la communication.
D’autres volets, à l’instar de l’habitat, des relations avec le Parlement et de l’environnement, sont également concernés par ces nouveaux instruments de coopération.
Cette session a ainsi constitué une opportunité majeure pour consolider le cadre juridique régissant les relations bilatérales, à travers des accords appelés à soutenir une coopération plus intégrée et plus efficace.
Les deux parties ont toutefois insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts pour assurer la mise en œuvre effective de ces engagements, en mettant en place une feuille de route claire, assortie d’un calendrier précis.
Dans cette perspective, les responsables des deux pays ont souligné que les acquis réalisés nécessitent d’être consolidés par la levée des contraintes entravant leur concrétisation. Les discussions ont permis d’identifier plusieurs obstacles persistants et d’adopter une série de recommandations visant à les surmonter, dans l’intérêt commun des deux nations.
Dans ce contexte, Sifi Ghrieb a réitéré la pleine disposition de l’Algérie à œuvrer de concert avec la Mauritanie pour approfondir la coopération et renforcer les mécanismes de concertation face aux défis communs. En conclusion, le Premier ministre a appelé à la mise en place d’un mécanisme de suivi rigoureux, reposant sur une feuille de route opérationnelle, afin de garantir la concrétisation des décisions prises.
Il a affirmé que la coopération algéro‑mauritanienne est appelée à devenir « un modèle d’intégration et de complémentarité », au service du développement, de la stabilité et des aspirations des deux peuples.
H. O.







