L’Algérie, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), s’emploie à réunir les conditions d’une meilleure maîtrise des opérations menées par les entreprises sur les chantiers de réalisation des grandes infrastructures, à l’image du projet de voie ferrée reliant Laghouat, Ghardaïa et Menaa, qui doit être financé par cette institution.
Par Khaled Remouche
Dans ce processus, la phase des études joue un rôle déterminant pour garantir la réalisation des ouvrages dans les délais impartis, tout en respectant les normes de qualité et de coût.
La Caisse nationale d’équipement pour le développement (CNED) constitue l’instrument par lequel l’État peut vérifier, entre autres, si les conditions nécessaires sont réunies pour lancer les travaux d’un projet financé par le budget public, notamment en ce qui concerne la qualité des études préparatoires.
À cet égard, il convient de préciser que l’Algérie a bénéficié d’un don de la Banque africaine de développement au titre du fonds d’assistance technique destiné aux pays à revenu intermédiaire, dont fait partie l’Algérie.
Ce financement vise à couvrir les coûts liés à l’élaboration d’un diagnostic de la CNED afin d’évaluer sa capacité à veiller efficacement à la qualité des études et des travaux dans la réalisation des projets d’infrastructures.
Dans ce cadre, la CNED a été désignée comme agence d’exécution. Elle prévoit d’utiliser une partie de ce financement pour lancer un appel à manifestation d’intérêt destiné aux bureaux de conseil et aux consultants afin de l’assister dans la mise en œuvre d’un nouveau guide de management des grands projets d’infrastructures.
L’objectif est d’actualiser le guide existant, élaboré en 2010. Le don servira également à l’élaboration d’un guide spécifique pour l’évaluation des études d’impact environnemental et social, en conformité avec les meilleures pratiques internationales et le cadre réglementaire algérien.
L’actuel document, intitulé «guide de maturation des grands projets d’infrastructure 2010-2015», constitue un outil méthodologique visant à structurer les dépenses publiques. Il définit la maturation d’un projet en trois phases principales : l’identification, l’étude de faisabilité et la préparation au lancement des travaux.
L’objectif de ce guide est de permettre le suivi, l’évaluation et le contrôle des grands projets stratégiques afin d’éviter les retards et les surcoûts. Il insiste notamment sur la nécessité d’un processus rigoureux de maturation des projets.
De larges prérogatives pour la CNED
Le management des grands projets d’infrastructures repose sur un processus complexe d’évaluation, de suivi et de contrôle. Avant le lancement d’un projet, plusieurs études doivent être réalisées : identification des intervenants, études techniques, études de faisabilité financière et économique, études d’impact environnemental et social, étude d’avant-projet détaillé ainsi que les études préparatoires à la réalisation.
La CNED est chargée de procéder à la revue de l’ensemble de ces études avant de rendre un avis favorable au ministère des Finances ou au ministère sectoriel concerné, lesquels doivent ensuite donner leur feu vert pour le lancement des travaux.
Le ministre des Finances peut, le cas échéant, s’opposer au lancement d’un projet même si le ministre sectoriel a donné son accord. Dans ce cadre, la CNED s’assure notamment que l’estimation du coût d’investissement issue de l’étude d’avant-projet détaillé ne compromet pas la rentabilité du projet.
Pendant longtemps, le management des grands projets d’infrastructures a constitué l’un des talons d’Achille de la gestion du secteur du BTP en Algérie. De nombreux projets ont été critiqués pour leurs surcoûts et leurs délais de réalisation prolongés, souvent en raison d’études de sol insuffisamment approfondies ou d’études préparatoires mal élaborées.
Ces difficultés ont conduit l’État à élaborer ce guide et à conférer à la CNED des prérogatives élargies dans le suivi des projets financés par le budget public.
Compte tenu de la complexité de ses missions, il apparaît aujourd’hui essentiel de vérifier si la CNED dispose des ressources humaines et matérielles nécessaires pour accomplir efficacement ces tâches. L’enjeu est de taille : il concerne à la fois la qualité de réalisation des projets, la maîtrise des coûts et le respect des délais dans la construction des grandes infrastructures.
Khaled Remouche







