L’État accorde un intérêt particulier à la filière céréaliculture, au regard de son lien étroit avec la sécurité alimentaire. Avec le lancement de la campagne de labours-semailles 2025-2026, les services agricoles sont mobilisés pour réunir tous les moyens matériels et surtout les intrants nécessaires (semences et fertilisants) pour réussir cette nouvelle campagne, tout en augmentant les superficies dédiées à cette filière stratégique et également les rendements afin d’atteindre les objectifs fixés par le gouvernement.
Par Akrem R.
En effet, l’Algérie a pratiquement assuré son autosuffisance en matière de blé dur, mais un grand travail reste encore à faire en matière de blé tendre. Des quantités importantes dépassant les 6 millions de quintaux sont importées de l’étranger, notamment de la Russie, de l’Ukraine et d’autres pays. Face à cette situation, une nouvelle politique ambitieuse est mise en place par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en accordant des avantages et des incitations pour les céréaliculteurs.
Une politique qui commence à donner des résultats, mais des insuffisances et des contraintes persistent encore sur le terrain. C’est dans ce cadre que s’inscrit la rencontre d’avant-hier (samedi soir) qu’a tenue le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, avec les professionnels de cette filière, consacrée à l’examen des perspectives de cette filière.
Dans son intervention, le ministre les a rassurés que l’État est à l’écoute des agriculteurs et que «des efforts étaient en cours pour trouver des solutions à toutes les préoccupations dans les meilleurs délais».
Cela témoigne de l’engagement de l’État à prendre en charge les doléances des agriculteurs en général et ceux des cultures stratégiques en particulier, afin de renforcer la sécurité alimentaire du pays, conformément aux orientations du Président Tebboune.
En effet, dès son premier mandat, le chef de l’État a orienté la production agricole vers les grandes cultures stratégiques, notamment les céréales, avec l’objectif d’atteindre très vite la sécurité alimentaire avant de viser l’autosuffisance.
De gros moyens ont été mis en place pour booster l’agriculture, qu’il s’agisse de financements, d’encouragement des agriculteurs à s’investir davantage dans le travail de la terre, d’élargissement des surfaces agricoles et des surfaces irriguées, mais aussi en encourageant les investissements étrangers dans le domaine.
Les préoccupations des professionnels
Lors de cette rencontre nationale consacrée à l’examen des perspectives de la filière céréalière, qui s’est tenue au siège du ministère, avec la participation des représentants des producteurs de différentes wilayas, du président de la Chambre nationale d’agriculture et du secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), a été une occasion pour les agriculteurs de poser leurs préoccupations directement au ministre Yacine Oualid.
«Lors de la rencontre qui intervient dans le cadre du renforcement de la concertation et du dialogue avec les professionnels des différentes filières agricoles, un débat « élargi et franc » a été ouvert sur la réalité de la filière céréalière, en écoutant les préoccupations des producteurs ainsi que leurs propositions à même de donner un nouvel élan à cette filière stratégique», a indiqué le ministère dans un communiqué.
Parmi les points abordés figurent la révision du système de subvention des différents intrants de production (engrais, semences,…), la création de nouvelles offres d’assurance couvrant différents risques auxquels sont confrontés les agriculteurs (facteurs naturels, sécheresse,…), l’utilisation de nouvelles ressources hydriques dans les wilayas touchées par la sécheresse en renforçant la réalisation de barrages, la collecte des eaux pluviales et l’exploitation des eaux usées.
La rencontre a également abordé les moyens d’améliorer le processus technique relatif à la culture des céréales selon les spécificités de chaque région et les exigences des producteurs, en associant les instituts techniques et en renforçant leur rôle dans l’amélioration du rendement sur le terrain.
La question du financement a été également largement évoquée par les céréaliculteurs, en mettant l’accent sur la nécessité de trouver les solutions adéquates pour les agriculteurs endettés en raison de la sécheresse, la révision des conditions et procédures d’obtention du crédit saisonnier « R’fig », et la création de micro-crédits destinés aux agriculteurs.
La rencontre a, en outre, permis d’évoquer la question de la fourniture du matériel agricole avancé et spécialisé pour augmenter la production et éviter les pertes de récolte à la moisson, ainsi que la fourniture des pièces de rechange, la simplification des procédures administratives pour les agriculteurs et la disponibilité des variétés de semences adaptées à la nature de chaque région.
Le ministre a affirmé, dans ce cadre, que «des solutions immédiates ont été trouvées pour certaines préoccupations soulevées, en attendant de régler celles qui restent, prochainement», rappelant la détermination des pouvoirs publics à accompagner les producteurs de céréales afin de relever les défis liés à cette filière.
Plus 4 millions de quintaux de semences mobilisés
Il est à rappeler, par ailleurs, que pas moins de 78 guichets uniques ont été réservés à l’échelle nationale au titre de la saison agricole 2025-2026 pour faciliter l’approvisionnement des agriculteurs en semences et fertilisants.
Selon le directeur général de la production agricole au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Messaoud Bendridi, une série de mesures opérationnelles a été prise pour assurer le succès de la campagne labours-semailles et la concrétisation de ses objectifs, dont la plus importante est l’ouverture depuis juillet dernier de 78 guichets uniques pour faciliter l’approvisionnement des agriculteurs en semences et fertilisants.
En effet, plus de 4 millions de quintaux de semences et près de 3 millions de quintaux de fertilisants ont été mobilisés pour couvrir les besoins, notamment des régions à récoltes précoces, avec un encadrement global de l’opération de production par les instituts techniques et centres spécialisés à travers les campagnes de sensibilisation et la vulgarisation de proximité, ajoute le même responsable.
Tout cela s’inscrit dans le cadre des efforts de développement de cette filière agricole et dans l’objectif d’atteindre l’autosuffisance dans la production du blé dur et de l’orge.
Dans sa nouvelle stratégie, le gouvernement accorde également une grande importance à l’agriculture saharienne pour le renforcement de la sécurité alimentaire du pays et pour atteindre l’autosuffisance, d’autant que toutes les conditions propices en matériel, eau, conditions climatiques et foncier existent pour booster cette filière.
A.R.

