Le dernier rapport annuel de la Cour des comptes consacre un volet important au Plan national cancer (PNC), élaboré par les autorités sanitaires en 2014, pour la période 2015-2019. Ce plan a comme objectif principal « la diminution de la mortalité et de la morbidité du cancer ». En effet, il est fait état des efforts déployés par l’Etat dans la lutte contre le cancer, qui sont considérables, aussi bien sur le plan réglementaire qu’en termes de mobilisation de ressources financières, humaines et en infrastructures et équipements. Ceci, afin d’améliorer les résultats de la lutte contre le Cancer et de mieux utiliser les ressources, tout en restant alignées avec les tendances mondiales.
Par Lyes Fettah
L’évaluation effectuée par la Cour portant sur les conditions de mise en œuvre de ce Plan, a permis de mettre en lumière les avancées réalisées, notamment en matière de construction et d’équipement des centres de lutte contre le cancer (CLCC), de formation et de système d’information épidémiologique.
Il n’en demeure pas moins que, dans plusieurs domaines clés, la majorité des mesures préconisées n’ont pas connu de mise en œuvre effective.
Il s’agit, notamment des mesures ayant trait à la lutte contre le tabagisme, le dépistage organisé de certains cancers, la modernisation et la normalisation des structures de diagnostic. Il est cité aussi parmi les objectifs non atteints l’amélioration et le développement de la chaîne des soins, en particulier les services de la chirurgie carcinologique, l’oncologie médicale, l’oncologie pédiatrique, la pharmacie oncologique et la radiothérapie, ainsi que l’orientation, l’accompagnement et le suivi des patients atteints de cancer.
Appréciables avancées
Dans ce contexte, il noté que des bilans réalisés par le Comité de pilotage de la mise en œuvre du PNC, ont mis en évidence que seulement 25% de ses mesures (59 sur 239) sont entamées. La majorité des mesures n’ont pas connu d’avancement significatif en 2018. Aucune explication n’est donnée quant à l’absence de mise en œuvre du reste des mesures.
En plus, des opérations de réalisation d’infrastructures et d’acquisition d’équipements pour le traitement du cancer, inscrites au titre des établissements autres que les CLCC, comme les EPH et les CHU sont anciennes et n’ont pas encore été exécutées.
Ajouté à cela, le fait que la majorité des établissements contrôlés rencontre des difficultés liées au manque de personnel, en raison notamment de l’insuffisance des postes budgétaires accordés, selon le même document.
Enfin, la pharmacie oncologique enregistre des avancées théoriques mais sans traduction concrète. Les mesures prévues dans le plan n’ont pas connu de mise en œuvre effective, se limitant pour l’essentiel à des réflexions théoriques sans déboucher sur des actions tangibles, est-il mentionné.
A ce titre, il est recommandé qu’en plus des efforts qui restent à faire pour lever les contraintes rencontrées dans l’optimisation et la valorisation des ressources mobilisées, ainsi que dans l’organisation et le fonctionnement du réseau des structures de prévention, de diagnostic et de traitement, l’atteinte des objectifs du PNC requiert des améliorations dans le pilotage et le suivi de sa mise en œuvre, notamment à travers une implication active et coordonnée des différentes parties prenantes.
Il y a lieu de rappeler que le cancer est un problème majeur de santé publique, tant au niveau mondial qu’en Algérie. En Algérie, 45 000 nouveaux cas et 24 000 décès ont été signalés en 2014, avec une estimation de 60 000 nouveaux cas en 2021.
Le PNC comporte huit (08) axes stratégiques, à savoir, améliorer : la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, l’accompagnement du patient, le système d’information et la communication, la formation et la recherche sur les cancers, et, en fin, le financement. Ils sont déclinés, à leur tour, en 19 objectifs, 60 actions et 239 mesures.
L.F.







