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Désenclavement de la Soummam (Bejaia) : Le projet «vie» d’Amacine enfin sur les rails

Les travaux de la 1ère tranche du projet de la route d’Amacine, reliant les chemins de wilaya (CW) N35 et N21 à travers les communes de Semaoun, Feraoun et Beni Djellil, dans la wilaya de Bejaïa, ont été lancés cette semaine, a appris, APS, mardi dernier, des services de la wilaya.

Par Hakim O.

Un projet qui ambitionne d’améliorer les conditions de déplacement des citoyens dans les zones montagneuses et de fluidifier la circulation, notamment en période d’intempéries.

Une enveloppe de 100 millions de DA a été affectée à cette 1ʳᵉ tranche du projet, confiée à la Société algérienne des ponts et travaux d’arts (SAPTA), avec un délai de réalisation fixé à 10 mois, selon la même source.

Un projet structurant

Ce projet structurant, attendu depuis des décennies par les populations de la vallée de la Soummam et des massifs de l’arrière‑pays, marque une étape décisive dans la stratégie de désenclavement de la wilaya.

C’est un soulagement pour des milliers d’habitants. En donnant le coup d’envoi du lot n°01 de la future route d’Amacine, les autorités locales répondent à une doléance citoyenne historique.

Ce chantier ne représente pas seulement une infrastructure routière de plus ; il est le symbole d’une volonté de briser l’isolement des zones montagneuses, souvent délaissées par le passé en raison de la complexité du relief.

Cette première phase se concentre sur l’élément le plus technique du tracé : le franchissement d’Amacine. Les travaux, confiés à l’entreprise publique EPESAPTA — spécialisée dans les ouvrages d’art de haute technicité — portent sur la réalisation d’un pont imposant.

D’une longueur de 140 mètres linéaires, cet ouvrage reposera sur des fondations profondes, indispensables pour garantir la pérennité de l’infrastructure face aux aléas géologiques et climatiques de la région. Situé au point kilométrique PK 07+200, ce pont constitue le « verrou » qu’il fallait faire sauter pour permettre la suite du déploiement du réseau.

L’État a mobilisé une enveloppe de 10 milliards de centimes (100 millions de dinars) pour ce lot spécifique, avec un défi de taille : un délai de réalisation serré de 10 mois.

Relier les hommes et les territoires

Le projet global de la route d’Amacine ambitionne de créer une jonction fluide entre deux axes névralgiques : le Chemin de Wilaya CW 35 et le CW 21. Sur un tracé total qui devrait avoisiner les 15 kilomètres à terme, la route irriguera un bassin de vie dense comprenant les communes de Semaoun, Feraoun et Beni Djellil (Ath Jellil).

Pour les riverains, l’enjeu est vital. Actuellement, les déplacements entre ces localités relèvent souvent du parcours du combattant, particulièrement en hiver lors des crues ou des glissements de terrain.

La nouvelle voie garantira une circulation sécurisée et, surtout, réduira drastiquement les temps de trajet vers les centres urbains et les structures de santé de la wilaya.

Un moteur pour l’économie locale

Au‑delà de la mobilité, c’est tout le potentiel économique de cette zone de haute montagne qui est en jeu. En facilitant l’accès aux terres agricoles et aux petits villages, la route d’Amacine devrait encourager le retour aux activités rurales et limiter l’exode vers les villes côtières.

Lors de sa visite sur site, le wali a insisté auprès des responsables de la SAPTA sur le respect rigoureux des délais et de la qualité des matériaux. «Ce projet est une priorité. Chaque jour gagné sur le calendrier est un jour de précarité en moins pour nos concitoyens», a‑t‑il rappelé.

Alors que les engins ont commencé à investir les lieux, les regards se tournent déjà vers la programmation des tranches suivantes. La route d’Amacine s’inscrit dans une dynamique globale de modernisation du réseau routier de Béjaïa, aux côtés de la pénétrante autoroutière, visant à faire de la wilaya un carrefour d’échanges incontournable entre la côte et les Hauts‑Plateaux.

D’autres projets en bonne voie

Par ailleurs, les travaux d’aménagement des tunnels des gorges de Kherrata, sur la RN9, sont en voie d’achèvement pour le premier tunnel, tandis que le lancement des travaux du second est imminent, dans le cadre du renforcement de la fluidité du trafic sur cet axe stratégique.

À noter que le secteur des travaux publics de la wilaya de Béjaïa a bénéficié, au titre de l’exercice 2026, d’une enveloppe de huit (8) milliards de DA pour la réalisation de 13 opérations visant la modernisation et le renforcement du réseau routier, ainsi que des études dans le domaine maritime, selon la direction du secteur.

H. O.

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