«Vue aérienne du barrage de Metolong au Lesotho, un projet financé par le Groupe de la Banque africaine de développement et achevé en mars 2025, qui étend les services d’eau et d’assainissement en milieu rural. Il profite directement à près de 65 000 personnes et améliore la sécurité hydrique d’environ 350 000 habitants des centres urbains voisins ». Par cette publication sur son site web, la BAD affiche son ambition pour le continent.
Par S. R.
Alors que les dirigeants africains se réunissent ce weekend à Addis-Abeba pour le 39e Sommet de l’Union africaine, cite la même source, «le débat se déplace des freins au développement du continent vers les leviers de son progrès».
Le thème du Sommet : «Garantir un approvisionnement durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2063» souligne l’importance de l’eau, pilier stratégique de la prospérité économique, pierre angulaire de la santé publique et gage de résilience.
En plaçant l’eau et l’assainissement au plus haut niveau politique, indique le document de l’institution financière africaine, «l’Union africaine appelle à un leadership audacieux pour débloquer les opportunités économiques, préserver le bien-être des communautés et consolider l’avenir de l’Afrique».
Le Groupe de la Banque africaine de développement soutient cette étape décisive pour faire passer la Vision africaine de l’eau 2063, pilotée par l’Union africaine, de la phase de projet à celle de la réalité.
La question est cruciale, car, plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable, rappelle la même source qui fait savoir qu’«au cœur de cette évolution se trouve la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), ancrée dans la vision stratégique des Quatre points cardinaux du président de la Banque, Dr Sidi Ould Tah».
Une approche innovante
Par l’intermédiaire de la NAFA, note la même source, «le Groupe de la Banque africaine de développement considère les projets de barrages polyvalents comme essentiels pour faire face à la crise de l’eau sur le continent, en les présentant comme des investissements stratégiques dans des infrastructures susceptibles d’alimenter l’industrie, de garantir l’approvisionnement en denrées alimentaires et de protéger la santé publique».
«Les projets de barrages polyvalents permettent un partage équitable des ressources en eau pour répondre à divers besoins en générant des impacts transformateurs à grande échelle, en intégrant le nexus eau-alimentation-énergie-écosystèmes et en créant des systèmes résilients où la participation conjointe des secteurs public et privé peut stimuler une croissance durable, l’innovation et une prospérité partagée tout en favorisant la collaboration intersectorielle», a déclaré Mtchera Johannes Chirwa, directeur du département du Développement de l’eau et de l’assainissement du Groupe de la Banque, cité par la publication.
Les barrages polyvalents, souligne la publication, permettent d’importants gains d’efficacité grâce à la mutualisation de l’utilisation des infrastructures : «une seule installation génère de multiples impacts dans plusieurs secteurs, notamment l’approvisionnement en eau, l’irrigation et la production d’énergie. L’eau utilisée pour la production d’électricité peut être réutilisée en aval pour d’autres activités économiques, telles que l’irrigation et le maintien du débit écologique».
Au niveau local, cette approche garantit l’approvisionnement en eau des communautés et, aux niveaux régional et national, favorise l’irrigation et la production d’électricité. Enfin, la viabilité financière des projets de barrages polyvalents est soutenue par un modèle de partage des coûts.
La production d’électricité et l’irrigation génèrent des revenus qui contribuent à l’entretien du barrage, compensant ainsi les revenus limités provenant des redevances sur l’eau à usage domestique, qui sont souvent insuffisants pour couvrir les coûts d’exploitation et d’entretien.
Usages multiples
Le projet de barrage de Thwake au Kenya, actuellement en construction et bénéficiant du soutien du Groupe de la Banque africaine de développement, illustre cette approche multifonctionnelle.
Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le coût de l’électricité produite par les nouveaux projets hydroélectriques est l’un des plus bas parmi les sources d’énergie renouvelable, ce qui renforce l’attrait des infrastructures de barrages à usages multiples.
L’engagement en faveur du développement du secteur de l’eau est pleinement aligné sur le point cardinal 4 de la vision du président de la Banque, qui vise à «construire des infrastructures résilientes» et à «créer une solide valeur ajoutée», tout en générant des opportunités pour les jeunes et les femmes.
Afin de mobiliser des capitaux privés dans le secteur de l’eau en Afrique, le Groupe de la Banque, affirme la même source, déploie des outils de financement innovants, notamment des obligations vertes et de développement durable ainsi que des financements mixtes, en tirant parti de sa notation de crédit AAA pour attirer les investisseurs dans un domaine longtemps considéré comme la chasse gardée du secteur public.
Face à la croissance démographique rapide, aux pressions écologiques croissantes et aux vastes besoins en infrastructures qui accentuent les défis liés à l’eau sur le continent, le Groupe de la Banque africaine de développement mise sur les barrages polyvalents et les partenariats stratégiques pour jeter les bases d’une Afrique plus sûre dans le domaine de l’eau, plus résiliente et plus prospère.
S. R.







