La route transsaharienne Alger-Lagos, via le Niger, longue de 4.600 km, faisant partie d’un réseau de routes de 9.400 km lorsqu’on prend en compte ses ramifications sur le Mali, le Niger, le Nigéria, le Tchad, la Tunisie et l’Algérie-, est opérationnelle sur la plupart de ses tronçons. Le taux d’avancement est de 95 % selon Mohamed Ayadi, secrétaire général du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRTS), au cours de son intervention à la radio chaîne 3 en décembre dernier.
Par Amar Naït Messaoud
Des travaux de consolidation et de finition sont en train d’être menés dans les différents pays concernées- particulièrement au Mali où le projet avait enregistré un certain retard- afin d’assurer la liaison intégrale entre tous les axes constitutifs de cette infrastructure réticulée desservant les pays de l’Afrique du Nord, une partie du Sahel et les rivages du golf de Guinée.
M. Ayadi fait observer que le taux de réalisation étant très avancé, mais les capacités de financement des pays touchés par ce mégaprojet étant inégales. Il importe, néanmoins, selon lui, de focaliser l’attention sur la valorisation économique et commerciale, avec sa dimension intégrative, de cette grande infrastructure à l’échelle d’un sous-continent.
Au cours d’une journée d’étude organisée en 2021 sur cette route à portée régionale dans le sous-continent de l’Afrique du Nord/Sahel et golfe de Guinée, le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), en mettant en relief l’intérêt de concrétiser le projet de la route transsaharienne, notamment, via la création d’un corridor économique entre les pays membres de ce projet, «vecteur d’intégration régionale et de développement commercial intra-africain», déclarait : «les pays membres de la route transsaharienne sont appelés à lancer un débat pour promouvoir cette route stratégique en un corridor devenant un véritable moteur de croissance économique et de développement en Afrique».
Cette méga-infrastructure d’ampleur régionale offre l’avantage de bien encadrer et promouvoir la zone de libre-échange africaine (Zlecaf). La Transsaharienne pourra ainsi être judicieusement exploitée pour les échanges économiques africains qui sont censés prendre un volume et un rythme plus importants au bénéfice des opérateurs économiques et des peuples de la région.
Mieux encore, cette infrastructure de desserte régionale, s’ouvrira, via les routes des autres pays limitrophes, à des pays comme le Tchad et la Tunisie, pays qui ont assisté d’ailleurs à la journée d’étude organisée par le CNESE.
Par conséquent, le volume des échanges connaitra une forte croissance et l’attractivité pour les investissements dans les pays desservis par ce réseau de routes sera naturellement favorisée.
En faisant, en 2023, de l’état d’avancement du projet au Niger, le responsable du projet de la Transsaharienne dans ce pays, Albéric Houssou Olaya Cestmir, affirmait que «la Transsaharienne bénéficie d’une étude (…) aux fins de sa valorisation sur le plan économique». L’étude, qui donnera lieu un schéma d’aménagement, concerne le Niger, le Mali et l’Algérie.
L’État algérien attache une grande importance à ce projet
« L’État algérien attache une grande importance à ce projet (…) La route transsaharienne est un projet considéré comme l’un des plus structurants du continent que l’Union africaine a adopté », déclarait le ministre algérien des Travaux publics et des Infrastructures de base, Lakhdar Rekhroukh, au cours de la tenue de la 75ème session du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT) à Alger en juin 2023.
Au sujet de la partie du projet située sur le territoire national, soit, un linéaire de quelque 3.400 km, le ministre a expliqué que « ce projet est lié à d’autres en cours de réalisation, comme celui de l’achèvement de la route reliant Tindouf en Algérie et Zouerate en Mauritanie ».
Cette route, qui permettra de renforcer les échanges économiques et commerciaux avec la Mauritanie, longue de 773 km, favorisera, dans la lancée, la pénétration vers les autres pays africains subsahariens et de l’Afrique de l’Ouest.
Le ministre ajoutera : « Nous avons pu transformer cet axe en autoroute Nord-Sud, sur une longueur d’environ 850 km, en passant par les wilayas de Blida, Médéa, Djelfa, Laghouat, Ghardaïa et El Ménéa, des projets titanesques au vu de la cartographie accidentée de ces régions, il est donc fort possible d’ atteindre la wilaya de Tamanrasset dans le futur ».
Le vieux rêve de créer la liaison entre la mer Méditerranée et le Golfe de Guinée (océan atlantique) sera ainsi concrétisé au profit des peuples africains. Au niveau de la Méditerranée, le port d’attache sera celui de Cherchell.
Il est prévu une jonction autoroutière entre ce port et l’autoroute Nord-Sud, au niveau de la localité d’El Hamdania, sur les hauteurs de la Chiffa, relevant de la wilaya de Médéa.
Le port de Cherchell, en projet, conçu par l’Algérie comme « le plus grand en son genre en Méditerranée », sera entouré d’une zone industrielle de 2000 hectares.
La route qui le reliera à El Hamdania permettra le transport de marchandises par conteneurs vers les wilayas du Sud et vers les pays africains desservis par la Transsaharienne.
A. N. M.







