Les attaques américaines et sionistes contre l’Iran, ont immédiatement emballé les marchés pétroliers. Les prix du pétrole ont terminé en hausse ce vendredi alors que les frappes n’avaient pas encore commencé. Des prévisions parlent d’une augmentation allant jusqu’à 10 dollars.
Par Said Rabia
Les craintes d’un embrasement dans la région et d’une perturbation de l’approvisionnement mondial en brut se sont avérées fondées. La guerre est depuis hier une réalité, dans cette partie du monde où se jouent d’immenses intérêts économiques et sécuritaires.
Selon le site spécialisé «Prix du baril», qui diffuse l’évolution des cours du baril de Brent pour livraison en avril, celui-ci affichait hier 72,87 dollars. La veille, il gagnait déjà 2,45 % à 72,48 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, avait progressé, lui, de 2,78 % à 67,02 dollars.
Le président américain, Donald Trump, qui affirmait vendredi qu’il n’était «pas très content» de la teneur des négociations en cours avec Téhéran sur le dossier nucléaire iranien, est passé à l’acte. Quelles répercussions pourrait avoir cet affrontement sur la sécurité au Proche-Orient et sur les voies maritimes du transport des produits énergétiques ?
L’Iran est un producteur important de pétrole et le pays est riverain du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % de la production mondiale.
Les prévisions des experts prédisaient déjà un important impact sur les marchés pétroliers. «En cas d’attaque américaine contre l’Iran, les prix du Brent pourraient augmenter de 10 dollars», estime Gregory Brew, d’Eurasia Group, cité par l’AFP.
L’augmentation des prix du pétrole est intimement liée à la direction que va prendre cette nouvelle guerre déclenchée contre l’Iran, qui a riposté hier en déclenchant des attaques contre le Qatar, le Bahreïn et les Émirats.
La hausse de la production pourra-t-elle intervenir dans les prochaines heures pour équilibrer les cours du pétrole ? Pour cela, les yeux sont braqués du côté de l’Opep+ qui tient sa réunion aujourd’hui.
Selon Reuters, l’Organisation pourrait envisager une augmentation de production plus importante que prévu. Citant deux sources proches des négociations, l’agence britannique fait savoir que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont déjà augmenté leurs exportations en prévision d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole suite aux frappes contre l’Iran.
William Jackson, économiste en chef des marchés émergents chez Capital Economics, cité par l’agence britannique, a déclaré que même si le conflit était contenu, le Brent pourrait atteindre environ 80 dollars, soit le pic atteint lors de la guerre de 12 jours en Iran en juin dernier.
Risques inflationnistes
En revanche, explique-t-il encore, «un conflit prolongé affectant l’approvisionnement pourrait faire grimper les prix du pétrole aux alentours de 100 dollars». Une situation qui pourrait ajouter de 0,6 à 0,7 point de pourcentage à l’inflation mondiale, précise le même expert.
Ce conflit, écrit la même source, «risque d’exacerber la volatilité des marchés mondiaux, qui ont déjà connu de fortes fluctuations cette année en raison des droits de douane imposés par Trump et d’une forte chute des valeurs technologiques».
L’indice de volatilité VIX a augmenté d’un tiers cette année et a influencé la volatilité des obligations américaines en hausse de 15%.
Les marchés des changes ne devraient pas être épargnés, selon les analystes cités par Reuters. L’indice du dollar a chuté d’environ 1% durant la guerre de juin, note la CBA. Mais cette baisse fut de courte durée et s’est résorbée au bout de trois ou quatre jours.
«Dans les circonstances actuelles, l’ampleur de la chute dépendra de l’importance et de la durée prévues du conflit», ont indiqué les analystes de la CBA dans une note publiée il y a une semaine, rapporte la même source.
S. R.







