Face aux bouleversements géopolitiques accentués par la guerre au Moyen-Orient, l’Europe se trouve dans une situation “difficile”, notamment en matière d’approvisionnement en énergie et en matières premières provenant d’Asie. Cette situation contraint les pays du “Vieux Continent” à revoir leurs calculs, en particulier avec l’Algérie.
Par Hakim O.
Ces derniers jours, la capitale, Alger, a été le théâtre d’un intense ballet diplomatique, accueillant plusieurs visites de hauts responsables européens.
En effet, après la visite de la présidente du conseil des ministres italien, en l’occurrence Giorgia Meloni, et du chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, le Premier ministre de la République de Serbie, M. Duro Macut, s’est rendu mardi à Alger pour une visite de deux jours.
De son côté, la diplomatie algérienne, à sa tête le ministre d’État, ministre des AE, Ahmed Attaf, s’est rendue, au cours de cette semaine, respectivement en Croatie et en Belgique.
Des déplacements qui témoignent de la volonté des pays de l’UE de renforcer leur coopération avec l’Algérie, tout en l’élargissant à divers domaines. D’ailleurs, Alger plaide depuis début 2020 pour la révision de l’accord d’association avec l’UE, considéré comme défavorable à l’économie nationale depuis son entrée en vigueur en 2005.
Le message des autorités algériennes était clair : “Nous sommes disponibles pour augmenter nos exportations de gaz et d’énergie de manière générale, à condition d’investir en Algérie, d’assurer un transfert de technologie et de faciliter l’accès du Made in Algeria au marché de l’UE”.
C’est ce que le ministre d’État, ministre des AE, Ahmed Attaf, a rappelé avant-hier depuis Bruxelles. “L’Algérie appelle à inscrire le partenariat avec l’UE dans une trajectoire renouvelée, fondée sur l’équilibre des intérêts et la prise en compte des préoccupations des deux parties”, a-t-il souligné.
Des revendications “légitimes” que des pays de l’UE accueillent favorablement, affichant une volonté d’accompagner l’Algérie dans ses efforts pour la diversification de l’économie nationale. L’Italie et l’Espagne sont considérées comme des partenaires clés de l’Algérie dans cette nouvelle dynamique.
D’ailleurs, les échanges commerciaux sont en nette augmentation, avoisinant les 13 milliards d’euros avec l’Italie et 10 milliards d’euros avec l’Espagne en 2025. Ces deux pays contribuent également à la promotion de l’économie nationale, à travers des investissements stratégiques dans divers domaines (industrie, énergie, automobile, agriculture, etc.).
Changement de paradigme avec l’UE
En termes clairs : l’Algérie n’est plus un simple fournisseur d’énergie, mais elle est perçue comme un partenaire pour l’UE, et ce malgré les campagnes de sape menées par la France, qui n’est pas parvenue, jusqu’à présent, à freiner la montée en puissance de l’Algérie sur la scène internationale, où elle s’impose comme un acteur clé dans le domaine énergétique.
De nombreux projets à dimension internationale sont en cours de concrétisation dans les secteurs du gaz, de l’électricité verte et de l’exploitation minière (fer, phosphate, zinc-plomb). Une fois opérationnels, ces projets permettront à l’Algérie de renforcer sa présence sur les marchés mondiaux, notamment européens.
Grâce à sa proximité géographique et à la disponibilité d’énergie à bas prix, l’Algérie se positionne comme un terrain d’investissement fertile et de délocalisation pour les entreprises européennes, asphyxiées par le coût de l’énergie et les taxes américaines.
Le renforcement de la coopération avec l’Algérie ne peut donc qu’être bénéfique pour les pays de l’UE, d’autant que d’importantes opportunités d’affaires s’ouvrent vers le continent africain.
C’est ce que le Premier ministre de la République de Serbie, M. Duro Macut, a souligné mardi, au terme de l’audience que lui a accordée le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, au siège de la Présidence de la République, exprimant la volonté de son pays d’ouvrir de “larges perspectives” de coopération bilatérale.
Il a, à ce titre, rappelé que les deux pays ont signé “plusieurs accords bilatéraux portant sur la fiscalité, le secteur du tourisme et d’autres domaines en cours d’établissement actuellement, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère dans les relations”.
H. O.
Faciliter l’accès aux produits « Made In Algeria »
Lors du déplacement du ministre d’État, ministre des AE, Ahmed Attaf, en Belgique, l’Algérie a réitéré son appel pour le renforcement de la coopération dans le domaine économique, à travers l’augmentation du volume des échanges, avoisinant 1,5 milliard de dollars, et une meilleure facilitation de l’accès des produits algériens aux marchés belge et européen, notamment les produits agricoles et agroalimentaires, les produits sidérurgiques, le ciment et ses dérivés, ainsi que les produits pharmaceutiques.
Des restrictions sont imposées par l’UE sur ces produits “Made in Algeria” pour des raisons de non-conformité, et la taxe carbone est appliquée aux frontières depuis janvier 2026. Des discussions sont en cours entre les deux parties (Algérie-UE) pour trouver des solutions à ces problématiques qui freinent le développement des échanges commerciaux et économiques. La solution à tout cela, indiquent des experts, passe par des IDE européens en Algérie, tout en garantissant un transfert technologique.
Actuellement, il y a un réel regain d’intérêt des entreprises européennes pour le marché algérien et pour saisir les nombreuses opportunités d’investissement qui ne cessent d’émerger, notamment dans les secteurs de l’énergie, tant conventionnelle que renouvelable, des mines, de l’agriculture saharienne, de l’industrie, des transports et de l’innovation. En somme, la coopération algéro-Union européenne prend un nouveau virage, dans une logique de partenariat mutuellement bénéfique.
H.O.







