L’Algérie se rangera avec l’Afrique du sud et l’Egypte parmi les plus grands producteurs d’énergie solaire sur le continent.
Par Khaled Remouche
Avec l’achèvement prévu en 2026, au plus tard en début 2027 du programme de 3200 MW, l’Algérie se positionnera parmi les premiers en Afrique dans la production d’énergie solaire, si on se réfère aux chiffres de World Energy.
Il faut rappeler en ce sens que le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, avait annoncé récemment que le programme de réalisation de centrales photovoltaïques d’une capacité de 3200 MW sera achevé en 2026.
Cela veut dire que toutes ces centrales photovoltaïques vont être mises en service au courant de l’année en cours, voire au plus tard le premier semestre 2027. La capacité de production de l’énergie du pays sera alors portée à 3650 MW. Le bond est énorme : de 450 MW actuellement à 3650 MW.
Les compagnies chinoises Power China, CWE et CSCEC ont remporté les contrats de réalisation de la majorité des centrales photovoltaïques, les acteurs locaux ont décroché une capacité de 640 MW répartis entre Amimer Energie (150 MW), Eurl Hamdi (410 MW), Zergoune associé au turc Ozgun (80 MW).
« Si on compte les membres du cluster énergie solaire qui compte comme membres outre ces entreprises la société chinoise CSCEC, c’est 1590 MW qui ont été remportés par le cluster », indique M. Boukhalfa Yaici, Directeur Général du cluster énergie solaire.
En somme, une expérience locale acquise dans la réalisation de centrales photovoltaïques qui pourrait être exploitée dans les nouveaux programmes de développement de l’énergie solaire. Plusieurs tentent de se positionner sur le marché de l’énergie solaire algérien d’ici à moyen et long terme.
Des investisseurs chinois et turcs envisagent de réaliser en Algérie de grandes usines de production de panneaux solaires. Cevital compte mettre en service une usine de production de verres pour panneaux solaires en juillet 2026.
La société Zergoune a signé un accord avec une entreprise espagnole Mondragon pour la mise à niveau d’une ligne de son usine de capacité de 260 MW pour répondre aux spécifications techniques du cahier de charges de Sonelgaz.
Cette société qui a remporté en association avec le turc Ozgun une centrale photovoltaïque de 80 MW est la seule à fournir à son projet ses panneaux solaires fabriqués en Algérie. Les panneaux solaires chinois vont équiper la quasi-totalité des centrales photovoltaïques de ce programme de 3200 MW.
La capacité locale de production de 700 MW n’a pu être utilisée en raison d’une question d’une mise à niveau des installations et du fait que les panneaux solaires chinois sont moins chers, a ajouté M. Yaici.
3 milliards de dollars engagés dans la réalisation des 3200 MW
L’Algérie prévoit d’atteindre une capacité de 15 000 MW à l’horizon 2035. Les autorités sont appelées à lancer de nouveaux programmes rapidement si elles veulent atteindre cet objectif. C’est l’un des leviers pour que l’Algérie respecte ses engagements liés à l’accord de Paris : 7% de réduction d’émissions de CO2, observe le DG du cluster énergie solaire. Le principal écueil est le financement de ces projets.
L’Etat ou le Trésor public ainsi que la BNA avec un apport de 378 milliards de dinars ont financé le programme de 3200 MW, l’équivalent de 3 milliards de dollars.
Avec les projets prioritaires comme la voie ferrée Alger-Tamanrasset, le Budget de l’Etat pourra-t-il soutenir un nouveau programme de réalisation de centrales photovoltaïques de grande puissance ? A moins de retenir la formule IPP, soit un programme à réaliser par des investisseurs privés.
Total Energie était intéressée par la réalisation de centrales photovoltaïques en Algérie sous la formule IPP. Mais l’Algérie a choisi la formule EPC piloté par Sonelgaz.
Il s’agit de confier la réalisation de ces centrales sous la formule EPC, c’est-à-dire que la société choisie pour la construction de ces installations doit effectuer les études d’ingénierie, assurer l’approvisionnement en équipements et réaliser la centrale photovoltaïque.
Les bailleurs de fonds étrangers telles que les banques internationales de développement, la Banque Africaine de Développement, la banque asiatique de développement sont intéressées. Encore faut-il que l’Algérie classe la réalisation de centrales photovoltaïques dans ce programme comme la même priorité que la réalisation de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, relève M. Yaici.
Car il s’agit de faire face, ajoute-t-il, à la double problématique : faire face à la demande domestique d’énergie en forte croissance et l’économie de quantités de gaz à placer à l’exportation.
K. R.







