Le Président de la République a indiqué à des représentants de la presse lors de sa dernière entrevue que l’Algérie ne compte pas recourir à l’endettement extérieur pour préserver son indépendance dans ses choix économiques.
Par Khaled Remouche
Il a nuancé ses propos en évoquant le crédit récemment accordé par la Banque Africaine de développement (BAD) pour un tronçon de la voie ferrée Alger- Tamanrasset.
Il sera remboursé en 13 ans. Ce qui veut dire que ses conditions sont favorables à l’Algérie «Tout financement extérieur se fera selon une vision
nationale et exclusivement pour des projets d’investissement à haute rentabilité» a-t-il ajouté.
Le président Tebboune a rappelé que l’Algérie a bénéficié d’un crédit dépassant 3 milliards de dollars destiné à la réalisation du tronçon Menaa –Ghardaia faisant partie de la ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset.
Il a relevé que l’Algérie peut bénéficier des services de la BAD d’autant qu’elle est l’un des fondateurs de cette institution. La BAD, a-t-il argué soutient le développement des pays africains membres.
«Ce n’est pas une entité privée. Nous sommes en présence d’une politique d’endettement prudente où le recours aux banques commerciales privées est exclu. A la différence des années 80 où l’Algérie avait tendance à emprunter auprès de créanciers privés. Ce qui est l’une des principales sources du sur endettement extérieur qu’a connu l’Algérie dans les années 90.
«Des banques commerciales privées étrangères se sont sucrés sur le dos de l’Algérie à cette époque» soutenait un spécialiste financier.
L’Algérie semble avoir tiré les leçons de la cessation de paiement en 1993. Le Président de la république fait allusion à cette époque.
Aujourd’hui, les autorités privilégient les crédits concessionnels, c’est à dire des prêts accordés à des conditions favorables : taux d’intérêt bas, longue durée de remboursement, auprès d’institutions financières de développement comme la BAD ou d’autres institutions financières multilatérales.
A noter que c’est cette même institution qui avait accordé un crédit extérieur de 900 millions d’euros à l’Algérie en 2016 pour financer le déficit du budget de l’Etat. Un prêt avantageux pour notre pays. L’Algérie n’a plus recouru aux crédits extérieurs depuis.
Les gouvernements qui se sont succédé ont exclu l’endettement extérieur dans leur politique de financement des dépenses ou des investissements publics. Résultat des courses, la dette extérieure de l’Algérie reste aujourd’hui très modeste.
K. R.







