Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a reçu ce dimanche son homologue nigérien, Abdourahamane Tiani, dans un contexte marqué par le retour de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey, un an après une période de tensions diplomatiques.
Par K. Boukhalfa
Au-delà du simple rétablissement des relations politiques, cette rencontre ouvre surtout la voie à une coopération économique renforcée, avec des projets énergétiques et d’infrastructures transsahariens au cœur de l’agenda bilatéral.
En effet, ce réchauffement diplomatique ne se limite pas à la sphère politique seulement, vu que le président nigérien est accompagné durant sa visite de 2 jours dans le pays par une importante délégation composée notamment du ministre d’État, ministre de la Défense nationale, du ministre de la Santé et de l’Hygiène publiques, du ministre de l’Équipement et des Infrastructures, du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, du ministre du Pétrole, de la ministre de l’Énergie, ainsi que le ministre de l’Enseignement et de la Formation techniques et professionnels, le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information, le ministre du Commerce et de l’Industrie.
Cette visite s’inscrit dans un cadre géoéconomique stratégique avec la relance de projets structurants entre les deux pays. Parmi eux, le Gazoduc Transsaharien (TSGP), infrastructure majeure reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie pour acheminer le gaz africain vers les marchés internationaux, qui constitue un levier clé pour l’intégration régionale et continentale, mais également la route transsaharienne.
Ces infrastructures visent à désenclaver le Niger en le connectant à la façade méditerranéenne, tout en consolidant la position de l’Algérie comme hub énergétique et carrefour stratégique vers l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
D’autres initiatives énergétiques sont également au programme, avec la construction d’une raffinerie à Dosso et le développement du champ pétrolier de Kafra sous l’impulsion de la compagnie nationale algérienne Sonatrach, destinés à renforcer les capacités énergétiques du Niger tout en consolidant le partenariat bilatéral.
Ces projets sont complétés par des chantiers d’infrastructures transsahariennes, notamment des routes et lignes de chemin de fer, visant à désenclaver le Sahel et à dynamiser les échanges économiques dans toute la région.
Par ailleurs, les deux pays sont engagés dans des projets liés à la fibre optique ainsi qu’à des programmes de formation et de renforcement des capacités dans les domaines de la défense et de la sécurité.
Cette nouvelle dynamique avait déjà été amorcée le 27 janvier dernier lors de la visite à Niamey du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab.
Reçu par le président Tiani, il a abordé l’avancement du gazoduc transsaharien et le développement du champ de Kafra, tandis que le président nigérien saluait la solidité des relations d’amitié historique et l’expertise algérienne dans les secteurs pétrolier et gazier.
Parallèlement, Mohamed Arkab a rencontré le Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, pour explorer de nouvelles perspectives de coopération, impliquant notamment Sonelgaz, la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep) et la société d’électricité Nigelec.
Ces échanges illustrent une volonté partagée de remettre sur les rails les projets en suspens et de renforcer un partenariat stratégique durable, dans un contexte sahélo-saharien marqué par des défis sécuritaires et économiques majeurs.
Ainsi, Alger et Niamey semblent déterminées à construire un axe de coopération durable, fondé sur la confiance, la solidarité et des intérêts économiques et énergétiques communs, traduisant une nouvelle ère dans les relations bilatérales du Sahel.
K. B.







