L’Algérie et la Mauritanie se dirigent résolument vers une consolidation de leur partenariat économique, et en particulier des échanges économiques qui sont en progression continue. D’ailleurs, en 2025, ils ont atteint environ 352 millions de dollars. Certes, c’est en-deçà des potentialités existantes, mais les échanges commerciaux sont en nette amélioration ces dernières années, notamment depuis 2022.
Par Hakim O.
Cette évolution devrait prendre une nouvelle tournure à court terme, d’autant qu’Alger et Nouakchott ambitionnent de nouer un accord de libre‑échange.
En marge de l’ouverture des travaux de la 10ème session du Conseil des hommes d’affaires algéro‑mauritaniens, co‑présidée conjointement par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, et la ministre mauritanienne du Commerce et du Tourisme, Zeinebou Mint Ahmeddnah, les deux parties ont annoncé le lancement des négociations pour la conclusion d’un accord commercial préférentiel couvrant 20 produits prioritaires.
Sans donner plus de détails, ces produits seront échangés dans le cadre de préférences douanières, soit avec moins de taxes, soit carrément exonérés.
Une démarche qui vise à booster les échanges commerciaux entre les deux pays et à les porter à des niveaux supérieurs. Ainsi, ce genre de dispositif contribuera à encourager les exportateurs et à faciliter l’accès des produits aux marchés des deux pays.
En effet, l’Algérie, qui dispose, à titre d’exemple, de capacités industrielles de transformation importantes, utilisées seulement à 20 %, pourrait apporter plus de valeur ajoutée en nouant des partenariats avec des opérateurs mauritaniens, tout en assurant une transformation de la matière première mauritanienne.
Les domaines de coopération sont vastes, notamment dans le domaine de l’agroalimentaire ; l’Algérie est considérée comme un pays agricole par excellence, avec des excédents saisonniers dans les filières des dattes, des oignons, de l’ail et, prochainement, du lait et d’autres produits transformés (biscuits, yaourt, fromage…) qui pourront être placés sur le marché mauritanien.
En dehors des produits alimentaires, l’Algérie exporte des matériaux de construction (ciment, rond à béton), des produits textiles, de l’électroménager et des produits pétroliers (carburant et lubrifiant), tandis qu’elle importe de la Mauritanie des produits de la pêche ainsi que des matières premières.
Ce domaine de la pêche sera davantage renforcé, notamment avec la signature d’un accord avant‑hier mardi, en marge de la 20e session de la Grande Commission mixte algéro‑mauritanienne de coopération.
Accord sur la pêche, l’économie maritime et l’aquaculture
Selon les clauses du programme exécutif du protocole de coopération dans les domaines de la pêche, de l’économie maritime et de l’aquaculture, cet accord permettra aux navires algériens d’accéder aux ressources halieutiques dans les zones de pêche mauritaniennes, d’obtenir et d’exploiter des licences de pêche, tout en favorisant le renforcement de la coopération scientifique dans les domaines de la pêche maritime et de l’aquaculture.
Il vise également à consolider le partenariat entre les deux pays dans un secteur stratégique, en encourageant l’échange d’expertises et le développement durable des ressources marines.
À travers cet accord, la Mauritanie va développer sa pêche, en exploitant davantage ses richesses halieutiques, et exporter plus de quantités vers le marché algérien en déficit, tout en allant également à la conquête d’autres parts sur le marché international.
Selon les dernières statistiques de l’Agence de promotion des investissements à Nouakchott, les exportations de produits de la pêche n’ont pas dépassé 1,2 million de tonnes, alors que les capacités dépassent 1,8 million de tonnes, ce qui signifie que le pays a besoin de partenaires économiques pour valoriser pleinement ses ressources maritimes.
En d’autres termes, l’arrivée d’armateurs algériens dans les eaux mauritaniennes ne pourrait qu’être bénéfique pour le secteur de la pêche des deux pays.
Par ailleurs, et lors des travaux du Forum d’affaires algéro‑mauritanien, une série de recommandations et de propositions a été soumise, avec pour objectif de renforcer la coopération économique et commerciale entre les deux pays et d’intensifier les partenariats entre les opérateurs économiques, de manière à contribuer au développement des échanges commerciaux.
Ce rendez‑vous a été marqué, selon le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), par une participation forte et record des opérateurs économiques et des hommes d’affaires.
Cette dynamique reflète une volonté commune de renforcer les échanges commerciaux et de créer des opportunités d’investissement concrètes entre les deux pays, indique le CREA dans un communiqué, précisant que cette étape constitue un nouveau pas vers la construction d’un partenariat économique stratégique prometteur, parallèlement à l’organisation de rencontres d’affaires bilatérales (B2B) de qualité, supervisées par le Conseil du renouveau économique algérien et la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, offrant ainsi une véritable plateforme de renforcement de la coopération.
Un pont économique solide entre les deux pays
Le communiqué a également indiqué que la présence massive et qualitative des acteurs économiques des deux parties traduit un engagement réel à accroître le volume des échanges commerciaux, tout en ouvrant de larges perspectives pour l’établissement d’un pont économique solide au service des intérêts des deux pays et du renforcement de l’intégration régionale.
Il est à rappeler que l’Algérie et la Mauritanie travaillent actuellement sur de nombreux projets stratégiques, notamment la réalisation d’une zone de libre‑échange à Tindouf et d’une route Tindouf‑Zouerate qui facilitera les échanges de biens mauritaniens et algériens entre les deux pays.
En somme, Alger et Nouakchott sont déterminés plus que jamais à travailler main dans la main, en renforçant la coopération et les échanges entre les deux parties et en allant à la conquête de parts sur le marché de l’Afrique de l’Ouest.
Un marché important que l’Algérie ambitionne de conquérir afin d’hisser ses exportations vers le continent africain à au moins 10 à 15 milliards de dollars dans les années à venir.
H. O.







