Dans sa course contre la montre pour sécuriser son approvisionnement en viande ovine avant la fête de l’Aid El-Adha, l’Algérie vient d’enclencher la vitesse supérieure.
Par K. Boukhalfa
Selon l’agence mauritanienne El Moustaqila, l’ambassadeur algérien à Nouakchott, Amine Saïd, a ouvert ce vendredi la porte aux mauritaniens pour l’exportation de leur cheptel vers l’Algérie, et ce, dans le cadre de l’opération d’importation de 1 million de moutons.
En effet, selon la même source, l’ambassadeur algérien à Nouakchott, Amine Saïd, a remis vendredi 27 février 2026 un dossier d’appel d’offres officiel au président de l’Union nationale du patronat mauritanien, Mohamed Zein El Abidine Cheikh, portant sur l’acquisition d’un million de têtes de moutons destinées à l’Aïd El-Adha.
Cette démarche donne donc la possibilité aux mauritaniens de participer dans cette opération de grande envergure et ajoute ce pays à la liste des potentiels fournisseurs.
Elle s’inscrit dans la continuité d’une décision prise dès le 7 janvier dernier par le gouvernement algérien, qui avait acté le lancement des procédures nécessaires à l’importation de ce contingent pour endiguer la spéculation et maîtriser les prix à la consommation lors de cette échéance religieuse majeure, et ce, suite à la décision prise par le Président de la République.
Le choix de la Mauritanie comme partenaire potentiel n’est pas anodin sur le plan économique. Le pays dispose d’un cheptel estimé à 30 millions de têtes, et la proximité géographique des deux pays représente un avantage logistique et financier considérable par rapport aux fournisseurs habituels que sont la Roumanie, l’Espagne ou le Brésil.
La mise en service de la ligne ferroviaire reliant l’Algérie à la région de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf aux confins de la frontière mauritanienne, devrait en outre faciliter l’acheminement des animaux vers les wilayas du nord du pays, réduisant ainsi les délais et les coûts de transport.
La réponse mauritanienne a été favorable : le patronat a affiché sa disposition à participer à toute opération de nature à développer les échanges bilatéraux et à valoriser la production animale locale.
En marge de ce rapprochement commercial, les deux parties ont convenu d’organiser une exposition des produits algériens en Mauritanie le 4 mai prochain, accompagnée d’un forum économique conjoint, instituant ainsi un cadre structurel pérenne aux relations commerciales entre les deux pays.
Cette ouverture vers Nouakchott participe d’une politique de diversification des fournisseurs plus large conduite par Alger depuis plusieurs années.
En élargissant son périmètre d’approvisionnement à son voisinage immédiat, l’Algérie entend réduire sa dépendance vis-à-vis d’un nombre restreint de partenaires, une vulnérabilité mise en évidence lors des cycles d’importation précédents.
Le ministère de l’Agriculture a par ailleurs annoncé la conclusion de nouveaux accords sanitaires bilatéraux, condition préalable à l’intégration de nouveaux marchés et à la certification de la qualité du bétail importé.
Sur le plan opérationnel, le dispositif mis en place est d’une ampleur inédite. Des navires spécialisés dans le transport de bétail seront affrétés pour les approvisionnements maritimes, tandis que le secteur privé sera mobilisé pour assurer le transport terrestre depuis les ports jusqu’aux différentes wilayas.
Une commission nationale, regroupant les secrétaires généraux des ministères concernés, supervisera l’ensemble de la chaîne, de la signature des contrats jusqu’à la vente au détail, avec pour objectif d’introduire de nouvelles méthodes d’organisation commerciale visant à garantir l’accessibilité des prix pour le consommateur final.
Le million de têtes importées représente environ 17 % des besoins nationaux, estimés à trois millions d’animaux. Le reste est couvert par la production locale, qui demeure pour l’heure suffisante malgré des fragilités structurelles persistantes dans le secteur de l’élevage.
C’est la deuxième année consécutive que l’Algérie recourt à ce mécanisme d’importation à grande échelle, confirmant son ancrage dans la politique de régulation du marché de la viande rouge.
K. B.







