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Économie et environnement : Les ressorts du développement durable 

Économie et environnement : Les ressorts du développement durable 

Sur l’ensemble des défis qui se posent à l’humanité en ce début du troisième millénaire, celui de l’environnement semble être le plus complexe, le plus coûteux et le moins accessible à une réactivité immédiate des différents acteurs de la société : pouvoirs publics, agents économiques, hommes de sciences, monde associatif…, et, ce, en raison de la relative lenteur d’apparition des dérèglements des divers milieux comparativement aux crises financières et économiques pour lesquelles sont convoqués sur-le-champ séminaires, congrès et autres journées d’étude. Cependant, depuis la conférence de Rio de juin 1992, une prise de conscience graduelle mais profonde s’est enclenchée à l’échelle de la planète. 

Par Amar Naït Messaoud

Les médias, les scientifiques, les mouvements politiques classés ‘’écolo’’ et les associations ont contribué à accélérer cette prise de conscience à différents niveaux de la société. Il faut dire aussi que les bouleversements que la nature a connus au cours des trente dernières années n’ont pas laissé indifférente l’opinion. 

Des dizaines de catastrophes, particulièrement climatiques, sont enregistrées chaque année dans le monde, phénomènes qui ont causé des milliers de morts et  des destructions des habitations et infrastructures. 

La COP 30, Conférence des Parties sur les changements climatiques organisée par l’ONU, qui se tiendra le mois de novembre prochain (du 10 au 21) au Brésil, est un rendez-vous important pour les gouvernements, les gestionnaires de l’économie mondiale, les expert, la société civile pour procéder à une évaluation des mesures et efforts accomplis depuis la Conférence de Paris de 2015 à l’occasion de laquelle ont été fixés les objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour les secteurs émetteurs et les stratégies d’adaptation aux changements climatiques  et d’atténuation de leurs effets à l’échelles des politiques publiques de chaque pays.  

L’Algérie n’a certes pas contribué à la pollution atmosphérique avec le même niveau de responsabilité que les pays industriels. L’ensemble du continent africain, d’après les experts en évaluation de la pollution atmosphérique, ne contribuerait à la pollution atmosphérique d’origine industrielle qu’à hauteur de 3 à 4 %, sinon moins, cueille, en revanche, une grande partie de la ‘’colère de la nature’’ issue des phénomènes de pollution : sécheresse sur des franges importantes du territoire du continent, inondations dans des contrées réputées jusque-là par l’aspect paisible et régulier de leurs précipitations,…etc.

C’est ce qui est ressorti de la conférence africaine des ministres de l’environnement sur les changements climatiques tenue à Alger en 2008. 

Outre les famines frappant cycliquement ou durablement les populations de la région et les divers dommages subis par les infrastructures (routières, ferroviaires) et les constructions suite aux inondations, les changements qui affectent l’atmosphère du fait d’une politique industrielle inconsidérée est à l’origine, sur le continent africain, des migrations climatiques, un nouveau concept qui explique et affine une grande partie du phénomène de l’immigration clandestine dans le sens Afrique-Europe.

Ce drame qui connaît qui connaît un destin particulièrement favorable depuis le début du nouveau siècle est en train de faire l’objet d’études assez poussées de la part d’experts et bureaux d’études spécialisés en sociologie, agronomie, économie, climatologie et géographie.

Après l’historique agression coloniale dont les débuts remontent au 16e siècle, le continent africain est sans doute en train de vivre son second plus grand drame depuis qu’il est un continent habité.

Engager des politiques publiques au diapason des défis 

Toutes les journées célébrant l’environnement, les zones humides, l’arbre, l’eau…, sont bien prises en charge en Algérie sur les plans protocolaire et des manifestations festives. Les pouvoirs publics, les différentes institutions scientifiques et le monde associatif s’efforcent de poser la dimension environnementale comme un problème qui concerne toute la société.

 Cependant, la jonction avec l’ensemble des acteurs, parties prenantes de la problématique environnementale- supposant action pédagogique sur le terrain, exploitation optimale des ressources d’expertise nationale et efficacité- n’a pas encore atteint sa pleine maturité. 

Les collectivités locales n’ont pas encore les moyens que leur assignent leurs prérogatives réglementaires ; les directions de l’environnement ont un organigramme lacunaire qui ne les projettent pas sur le terrain dans toute son étendue géographique ; les scientifiques et les centres de recherche ne sont pas assez médiatisés et les résultats de leurs travaux manquent de vulgarisation et d’intégration dans les circuits législatifs. 

Les facteurs de dégradation des milieux naturels et des habitats sont nombreux et ne cessent de se multiplier et de prendre de l’ampleur. En d’autres termes, le principe sur lequel repose aujourd’hui la plupart des politiques publiques, à savoir le développement durable porte en son sein cette ambition de juguler, sinon de freiner, l’agressions contre les ressources naturelles et les déséquilibres écologiques. 

Dans le domaine des changements climatiques, outre les actions tendues vers la mise en route du processus de décarbonation- à savoir la réduction du recours aux énergies fossiles polluantes, à l’origine de l’émanation de gaz à effet de serre, principalement le carbone-, les politiques sectorielles inscrites dans cette philosophie s’expriment à travers deux axes : l’adaptation aux changements climatiques- à travers des techniques ou des technologies qui intègrent la nouvelle réalité climatique (en températures et en précipitations)-, et l’atténuation des changements climatiques (à travers par exemple, des innovations en matière de reconversion des système agricoles, de gestion de l’eau,…).

Hormis le sujet majeur des changements climatiques dont on ne peut quantifier tout de suite ni l’ampleur ni les retombées immédiates, l’Algérie s’expose chaque jour à l’insalubrité et aux phénomènes issus des conséquences d’atteinte à l’environnement dans son expression primaire la plus « domestique », c’est-à-dire loin des grandes industries polluantes. Les différentes atteintes à l’environnement et au cadre de vie des populations ne relèvent plus du mystère. 

L’observateur le moins vigilant peut les constater dans les espaces urbains et même ruraux : quartiers résidentiels, à proximité des sièges d’institutions publiques, y compris les hôpitaux, dans des centres mitoyens des zones d’activités ou des zones industrielles. 

Même dans certaines bourgades rurales, autrefois havres de paix, de quiétude et de nature propre, la pollution domestique a pu montrer manifester son hideux visage, cela, outre les incendies de forêts qui ont déformé certains beaux paysages, en les exposant, après leur dénudation et leur appauvrissement en biodiversité, aux dangers de l’érosion et de la dégradation des sols. 

Généralisation des études d’impact environnemental

Et c’est toute l’activité économique et sociale de ces régions- agriculture, artisanat, tourisme,…etc.- qui s’en trouve ainsi perturbée dans ses composantes de création de richesses et d’emplois et de promotion des valeurs culturelles et patrimoniales.  

Instruite par nombre d’événements et de risques liés à sa géographie physique, à son espace écologique et à la gestion de son économie, l’Algérie a initié des législations inhérentes à l’environnement de façon générale, outre la loi de 2024 sur la prévention et la gestions des risques- qui commencent à être intégrées au niveau des administration, des unités économiques et de institutions et responsables chargés de l’application de la loi (tribunaux, procureurs, juges). 

Sur un autre plan, les études d’impact environnemental sont devenues une pratique et procédure définitivement consacrées lorsqu’il s’agit, pour l’administration, de donner des autorisations d’exploration ou d’exploitation à des unités industrielles, de production d’agrégat ou de tout autre établissement entrant dans la catégorie des établissements classés, producteurs potentiels de nuisances atmosphériques ou sonores, de pollution hydrique,etc.

Du côté de la société civile, l’éveil à la donne environnementale est de plus en plus perceptible. Les nouveaux moyens de communication, à travers les réseaux sociaux par exemple, ont contribué à faire participer, même d’une façon relative, les citoyens à la gestion de leur environnement immédiat, en interpellant les gestionnaires locaux (maire, chef de daïra, wali), mais aussi parfois les responsables centraux (directions générales, ministères,…). 

A.N.M.

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