Face aux récents aléas météorologiques, la wilaya d’Alger a déployé récemment un plan d’urgence pour sécuriser et réhabiliter ses parcs et forêts. Entre interventions techniques immédiates et stratégie de reforestation à long terme, la capitale se transforme en laboratoire d’une nouvelle résilience urbaine.
Par Nabila A.
La capitale algérienne vit une période charnière pour son patrimoine forestier. Après une fermeture préventive de 48 heures décrétée par les services de la wilaya en raison de vents violents et de précipitations intenses, l’heure est au bilan et à l’action.
Sous l’égide de la Direction des Forêts et de la Ceinture Verte (DFCV), une véritable course contre la montre a été engagée pour rendre aux citoyens leurs espaces de détente dans des conditions de sécurité optimales.
Une mobilisation multisectorielle sur le terrain
Dès la levée des bulletins météo spéciaux (BMS), les brigades de l’Établissement de développement des espaces verts (EDEVAL) et de l’entreprise EDIVAL ont investi les principaux sites forestiers de la wilaya. L’opération, coordonnée par les autorités locales, a déjà permis de réaliser plus de 300 interventions d’urgence.
Les équipes se sont concentrées sur l’élagage des arbres fragilisés, le dégagement des troncs entravant les pistes cyclables et les sentiers pédestres, ainsi que le nettoyage des réseaux de drainage pour prévenir les inondations résiduelles.
À la forêt de Baïnem, véritable poumon de l’ouest algérois, les agents de la DFCV ont souligné l’importance d’un diagnostic précis: chaque arbre penché ou racine déchaussée est inspecté pour éviter tout accident lors de la réouverture au public.
Cette rigueur s’applique également aux parcs urbains de proximité, dont la gestion est désormais soumise à des normes de sécurité accrues.
Vers un ratio de 15 m² de verdure par habitant
Cette réhabilitation immédiate s’inscrit dans une politique plus vaste de modernisation urbaine. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, en concertation avec les services de la wilaya, rappelle que l’Algérie vise désormais les standards internationaux recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), soit un ratio de 10 à 15 m² d’espaces verts par habitant.
Pour Alger, ce défi est de taille. Il passe par la régénération des espaces existants, comme le Parc de Ben Aknoun et la forêt de Bouchaoui, mais aussi par la création de nouvelles micro-forêts urbaines.
Ces zones agissent comme des «climatiseurs naturels» indispensables pour lutter contre le phénomène des îlots de chaleur qui touche la métropole durant la période estivale.
Le 14 février : Une étape charnière pour la biodiversité
L’actualité des espaces verts est également tournée vers le futur proche. Le pays se prépare pour une opération de reforestation massive prévue le 14 février 2026.
L’objectif est national —5 millions d’arbres à planter en une journée— mais Alger y jouera un rôle central. Pour la capitale, il ne s’agit pas seulement de planter, mais de sélectionner des essences résilientes.
Des experts forestiers confirment que le choix se porte désormais sur des espèces locales mieux adaptées au stress hydrique, telles que le chêne-liège et le pin d’Alep, tout en introduisant des essences ornementales dans les zones de loisirs pour favoriser le retour de la biodiversité aviaire en plein cœur de la cité.
N. A.







