Dans le cadre de la politique engagée par les hautes autorités du pays pour la récupération et la valorisation des biens mal acquis, le gouvernement multiplie les efforts pour remettre en activité les entreprises publiques confisquées et relancer leurs capacités productives. Cette démarche, inscrite dans la stratégie nationale de réindustrialisation et de souveraineté économique, vise à transformer ces actifs récupérés en leviers de création d’emplois, de production nationale et de sécurité alimentaire.
Par Akrem R.
En effet, depuis le lancement de la vaste opération de lutte contre la corruption et la récupération des biens mal acquis, début 2020, de nombreuses unités de transformation industrielle et de l’agroalimentaire notamment ont été récupérées et remises dans le giron des groupes publics. Ces derniers ont vu leurs actifs augmenter significativement, notamment celui spécialisé dans l’agroalimentaire, en l’occurrence «Agrodiv».
Son directeur général par intérim, Salim Djenaihi, a annoncé la récupération de 34 unités de production à travers plusieurs wilayas du pays. Cette déclaration a été faite jeudi dernier, à l’occasion de la visite d’inspection effectuée par la Commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie, du commerce et de la planification de l’Assemblée populaire nationale.
Conduite par sa présidente, Mme Samira Berhoum, la délégation parlementaire s’est rendue au siège du groupe à Alger pour s’enquérir de la situation économique et industrielle de cette holding stratégique, considérée comme un pilier de la souveraineté alimentaire nationale.
Répondant aux préoccupations des députés, M. Djenaihi a indiqué que le groupe AGRODIV a pu récupérer 34 unités industrielles confisquées, dont plusieurs usines de production de farine et de pâtes situées à Guelma, Djelfa et M’sila, ainsi que des unités spécialisées dans la conserverie de thon et de sardines, la fabrication de boissons et la transformation de produits alimentaires divers.
Cette opération, a-t-il souligné, s’inscrit dans la démarche nationale visant à réhabiliter le patrimoine industriel public, à relancer les filières agroalimentaires locales et à stimuler la création d’emplois.
D’ailleurs, cette opération de relance des activités de ces unités devrait permettre la réintégration de près de 2 500 travailleurs, contribuant ainsi à la redynamisation du marché de l’emploi dans plusieurs localités à travers le pays.
Pour le responsable, la récupération de ces sites industriels n’a pas uniquement un impact social. Elle s’inscrit surtout dans la stratégie nationale de sécurité alimentaire durable et de réindustrialisation du secteur agroalimentaire, en renforçant la capacité de production nationale et en réduisant la dépendance vis-à-vis des importations.
Une stratégie de développement intégrée
En effet, le renforcement de l’agroalimentaire public permettra à l’État de bien maîtriser le marché local, d’autant plus que les produits céréaliers et les légumineuses sont subventionnés.
«Notre objectif est clair : valoriser la production agricole nationale, stabiliser les prix des produits de base et soutenir la souveraineté alimentaire du pays», a affirmé M. Djenaihi, ajoutant que le groupe veille à assurer un approvisionnement régulier du marché national en produits essentiels (céréales, huiles, légumineuses et dérivés), tout en œuvrant à la promotion du produit algérien à l’export, notamment vers les marchés africains.
Le groupe s’attache également à promouvoir certains produits nationaux, tels que l’huile d’olive et les pâtes sans gluten, en vue de leur exportation à l’étranger, dans le cadre d’une stratégie d’expansion vers les marchés africains, appuyée par plusieurs mémorandums d’entente signés avec divers pays lors du Salon commercial intra-africain récemment organisé en Algérie.
Créé en 2015 dans le cadre d’une large restructuration du secteur, le groupe AGRODIV réunit trois anciennes sociétés publiques (CEGRO, COJUB et TRAGRAL) dans une logique de synergie industrielle.
Ses activités s’étendent de la transformation des céréales à la production de jus, de conserves et d’huiles alimentaires, en passant par la culture et la transformation des dattes et le conditionnement de produits alimentaires variés.
Le groupe s’est également engagé dans la modernisation de ses filiales agricoles, à travers des projets pilotes lancés via Agro-Sud, notamment une ferme expérimentale de 1 134 hectares et de nouveaux investissements à Adrar sur une superficie de 16 000 hectares dédiée à la culture des céréales.
Par ailleurs, le directeur général par intérim a mis en avant les efforts réalisés en matière de numérisation des structures administratives et productives, une démarche qui vise à améliorer la transparence, la traçabilité et la performance de gestion du groupe.
Par cette relance industrielle et sociale, le groupe AGRODIV s’impose comme un acteur clé de la souveraineté alimentaire et un moteur essentiel de la reconstruction du tissu productif national.
En conclusion, la délégation parlementaire a salué les efforts consentis par AGRODIV pour consolider la sécurité alimentaire durable du pays, à travers des investissements dans les chaînes de valeur intégrées et des projets de modernisation ambitieux.
Le Groupe, a rappelé la délégation, «représente aujourd’hui l’un des leviers majeurs de la politique nationale de souveraineté alimentaire et un acteur clé dans la valorisation du produit agricole algérien, tant sur le marché local que sur le continent africain».
La présidente de la Commission a également indiqué que cette visite permettra d’identifier les principales entraves rencontrées par le groupe et d’envisager, au niveau parlementaire, les mesures législatives susceptibles de faciliter le développement de ses activités, notamment à l’international.
A.R.







