Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime, Yacine El Mahdi Oualid, a effectué jeudi une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Blida. Cette sortie de terrain s’inscrit dans une dynamique de suivi du secteur, visant à évaluer l’état d’avancement de projets structurants et à mettre en lumière des expériences réussies en matière d’agriculture moderne, explique un communiqué du ministère.
Par Sofiane Idiri
La visite a débuté dans la commune de Beni Tamou, au sein des laboratoires de la société Vitroplant Algérie, issue d’un partenariat algéro-italien. Spécialisée dans la production d’arbres fruitiers par culture in vitro, l’entreprise figure parmi les structures les plus avancées dans ce domaine.
Dotée d’équipements technologiques de pointe, elle produit des plants de haute qualité répondant aux exigences de l’agriculture intensive moderne.
Avec une capacité de production pouvant atteindre 25 millions de plants par an, l’entreprise constitue un maillon stratégique dans la relance de la filière semencière nationale. Elle produit également des semences de pomme de terre de base génération G0, avec des perspectives d’extension aux générations G1, G2 et SE, et envisage l’exportation.
S’étendant sur cinq hectares, dont 1 200 m² de laboratoires hautement équipés, cette pépinière moderne illustre concrètement l’élargissement de la coopération algéro-italienne au secteur agricole.
Une coopération créatrice de valeur ajoutée
Au-delà du simple investissement, cette coopération représente une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale. Elle favorise le transfert de technologie et de savoir-faire, renforce les compétences locales majoritairement jeunes et contribue à structurer une filière stratégique.
Le ministre a souligné que ce modèle de partenariat constitue un levier pour réduire la facture d’importation, notamment des semences potagères, importées chaque année pour des millions de dollars.
En développant une production locale performante et certifiée, l’Algérie consolide sa souveraineté agricole, améliore la qualité de ses intrants et se positionne progressivement sur des perspectives d’exportation.
La coopération algéro-italienne apparaît ainsi comme un exemple concret d’intégration technologique au service de la sécurité alimentaire.
La délégation ministérielle s’est ensuite rendue dans la commune de Mouzaïa pour visiter l’exploitation modèle «Bassatine Yassad», issue d’un partenariat réussi entre les secteurs public et privé. S’étendant sur 340 hectares, cette ferme constitue un exemple national en matière d’agriculture intensive et d’économie d’eau.
L’exploitation repose sur une maîtrise technologique de l’ensemble de la chaîne de production : de la production des plants jusqu’au conditionnement, en passant par l’irrigation intelligente et le traitement automatisé des maladies.
Elle intègre également des solutions innovantes développées par des start-up nationales, illustrant l’implication croissante de l’écosystème entrepreneurial dans le secteur agricole.
Ces choix technologiques ont permis d’améliorer significativement la productivité et la qualité des produits, tout en optimisant l’utilisation des ressources hydriques dans un contexte marqué par les changements climatiques. La ferme génère par ailleurs 150 emplois permanents, contribuant au dynamisme économique local.
S. I.
Des infrastructures stratégiques et un cap 2026-2027 ambitieux
Au-delà de ces exemples d’agriculture de pointe, la visite a permis d’inspecter le projet de réalisation d’un silo stratégique de stockage de céréales dans la commune d’El Affroun. Cette infrastructure s’inscrit dans le programme national de renforcement des capacités de stockage. De telles réalisations d’envergure jouent un rôle crucial dans la régulation du marché, la sécurisation des récoltes et la réduction des pertes post-récolte. Elles permettent également de mieux gérer les fluctuations de production et de consolider la sécurité alimentaire nationale, en limitant la dépendance aux importations en période de tension.
Le ministre a également visité l’exploitation de Mohamed El Bachir à Beni Tamou, spécialisée dans la production laitière et l’engraissement des veaux. Il s’est penché sur la situation d’un éleveur confronté à des obstacles administratifs l’empêchant de bénéficier des aliments subventionnés par l’État, souligne la même source. Insistant sur la nécessité de réduire l’impact négatif de la bureaucratie sur les créateurs de richesse, il a mis en avant l’importance de la numérisation pour simplifier les procédures et garantir davantage d’équité et de transparence.
La journée s’est achevée par une rencontre avec les agriculteurs et éleveurs de la région. Les échanges ont porté sur le foncier agricole, l’irrigation, l’accès à l’électricité, la prise en charge des excédents de production et les lourdeurs administratives. À cette occasion, le ministre a présenté les grandes lignes du plan d’action 2026-2027, articulé autour de plusieurs axes structurants.
Parmi les points majeurs figurent la mise en place d’un système d’information national unifié, qui permettra une meilleure traçabilité des exploitations, une gestion plus efficace des aides et une planification basée sur des données fiables, et l’élaboration d’une nouvelle loi sur le foncier agricole, destinée à sécuriser l’investissement, clarifier les droits d’exploitation et encourager la mise en valeur des terres.
Le communiqué du ministère a mentionné également la révision de la politique de soutien et la création de nouveaux mécanismes de financement et d’assurance, afin d’adapter les aides aux réalités des filières et de mieux protéger les agriculteurs contre les aléas climatiques et économiques. Le plan présenté par le ministre comprend par ailleurs le développement d’aliments alternatifs et la promotion des semences hybrides locales, visant à réduire les coûts de production, notamment des viandes rouges, et à diminuer progressivement la dépendance aux importations.
S. I.







