Alors que le continent africain amorce une année 2026 riche en défis, deux trajectoires opposées se dessinent. D’un côté, l’Afrique du Sud qui tente de s’extirper d’une léthargie économique causée par une crise énergétique persistante, et de l’autre, la République démocratique du Congo (RDC) qui devient le centre de gravité d’une guerre froide minière où les États-Unis accélèrent leurs investissements pour contrer l’hégémonie chinoise. Au milieu de ces tensions, le maintien précaire de l’accord commercial AGOA offre un sursis vital mais limité aux économies de la région.
Synthèse de la Rédaction Internationale
L’Afrique du Sud, première puissance industrielle continent, entame l’année 2026 sous le signe d’une convalescence fragile. Après des années de délestages massifs qui ont amputé la croissance nationale, le pays montre des signes de stabilisation, avec un facteur de disponibilité énergétique (EAF) ayant atteint les 69% fin 2025.
Toutefois, les experts du Fonds Monétaire International (FMI) restent prudents, prévoyant une croissance qui peine à dépasser les 2%.
Si l’inflation est enfin maîtrisée, autour de 3,2%, le plafond de verre reste l’infrastructure: les pannes imprévues et les goulots d’étranglement logistiques continuent de freiner les exportations manufacturières, rendant le pays extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs.
La RDC, un nouveau terrain de jeu
Parallèlement, plus au nord, la République démocratique du Congo s’affirme comme le nouveau terrain de jeu de la diplomatie mondiale des ressources.
Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, Kinshasa a intensifié ses relations avec Washington pour sécuriser l’exploitation de ses minerais critiques, essentiels à la transition énergétique globale.
Le lancement récent du «Project Vault» par l’administration américaine témoigne d’un changement de paradigme: les États-Unis cherchent désormais à briser leur dépendance vis-à-vis de la Chine, qui contrôle encore une part prépondérante du cobalt et du lithium congolais.
Cette compétition accrue dope les investissements directs étrangers, mais soulève des inquiétudes chez les analystes locaux qui craignent de voir la RDC devenir le simple théâtre d’une bataille d’influence sans réel transfert de technologie pour les populations locales.
Cette dynamique continentale s’inscrit dans un cadre commercial complexe avec les États-Unis. Le 3 février 2026, le président Donald Trump a signé la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 dé- cembre 2026.
Incertitude constante pour les entreprises africaines Ce renouvellement d’un an seulement, bien plus court que les cycles habituels de dix ans, est perçu par de nombreux diplomates africains comme une arme de pression politique.
Si cette décision évite une catastrophe immédiate pour les secteurs du textile et de l’agriculture, elle maintient les entreprises africaines dans une incertitude constante, limitant les investissements de long terme qui nécessiteraient une visibilité au-delà des douze prochains mois.
Enfin, la conjoncture économique globale de 2026 impose une pression supplémentaire sur ces deux géants.
Si l’Afrique affiche une résilience globale avec des prévisions de croissance encourageantes pour certains pays de l’Est comme l’Éthiopie, le ralentissement de la demande mondiale pour les matières premières pèse sur les recettes budgétaires.
Pour l’Afrique du Sud comme pour la RDC, le défi de cette année sera de transformer cette dépendance aux ressources et aux accords préférentiels en une véritable souveraineté industrielle. L’électrification rurale et la diversification économique restent les seuls remparts durables face à une instabilité géopolitique qui ne semble pas faiblir.
R. I.







