L’Algérie abrite depuis hier samedi les travaux de la quatrième édition de la Conférence africaine des start-up (African Startup Conference 2025). Un rendez-vous continental qui réunira plus de 25 000 participants, 35 délégations ministérielles, quelque 200 exposants d’Afrique et d’ailleurs, et plus de 300 experts internationaux.
Par Akrem R.
Des chiffres qui témoignent de l’importance de cette conférence, qui s’étalera sur trois jours (6, 7 et 8 décembre en cours), et de l’intérêt qu’accorde l’Algérie, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’innovation et à l’économie de la connaissance.
Dans une allocution lue en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le Président Tebboune a souligné que cette conférence, dont le Rwanda est invité d’honneur, constitue une plateforme unique pour favoriser l’échange d’expériences, promouvoir l’esprit d’entreprise et soutenir le développement des start-up africaines.
«Cette conférence constitue une opportunité renouvelée pour l’échange d’expériences et la promotion du secteur de l’entrepreneuriat dans l’Afrique ambitieuse, l’Afrique du futur. Vous avez choisi pour cette édition le slogan : “Pour l’émergence de champions africains”, qui n’est pas seulement un titre mais un message clair exprimant les capacités de notre jeunesse à transformer les défis en opportunités, les idées en projets et les ambitions en réalité économique basée sur le savoir et l’innovation», a souligné le Président Tebboune.
Cette conférence des entrepreneurs et start-up incarne, ajoute-t-il, «l’esprit de l’Afrique ambitieuse et vise à inspirer une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de concurrencer à l’échelle mondiale et de renforcer la souveraineté technologique et économique de notre continent».
L’Algérie, en accueillant cet événement qui traduit son engagement à renforcer la coopération continentale sur des bases durables et efficaces, «est convaincue que l’Afrique regorge de richesses humaines capables de conduire la transformation économique et de soutenir les initiatives entrepreneuriales», a-t-il indiqué, soulignant que cette participation record témoigne de l’importance de cet événement devenu un véritable incubateur pour les start-up et que «notre vision pour bâtir une Afrique innovante trouve un large écho auprès de nos partenaires sur le continent et au-delà».
Les efforts de l’Algérie mis en avant
Dans son discours, le Président Tebboune a rappelé les efforts de l’Algérie pour créer un écosystème favorable aux start-up, avec un cadre légal et réglementaire flexible, un système fiscal incitatif et des investissements dans les infrastructures technologiques et de recherche.
À ce jour, le pays a soutenu la création de plus de 13 000 start-up, avec un objectif ambitieux d’atteindre 20 000 d’ici 2029. Il a également annoncé la création prochaine d’un Fonds continental pour le financement des start-up africaines, présenté comme une étape stratégique pour l’autonomisation des jeunes entrepreneurs sur le continent et un appel à la coopération entre les États africains pour promouvoir l’innovation et la compétitivité.
La tenue de cette conférence, seulement trois mois après l’organisation par l’Algérie de la Foire africaine du commerce (IATF 2025), confirme, affirme le Président Tebboune, «notre engagement profond au service de l’Afrique et reflète notre volonté de faire de l’Algérie une destination de premier plan pour l’innovation et l’intégration économique du continent».
Dans ce cadre, il a souligné l’importance de construire un marché africain unifié de la technologie, capable d’attirer des investissements et de valoriser les entrepreneurs africains à l’échelle régionale et internationale.
«Je tiens également à souligner l’importance d’étendre nos start-up au niveau continental et de construire un marché africain unifié de la technologie, ce qui permettra d’attirer des investissements plus importants et de mettre en valeur des entrepreneurs africains capables de concurrencer régionalement et mondialement», a-t-il dit.
Le Président Tebboune a enfin rappelé que les éditions précédentes ont démontré l’importance de cette conférence, que ce soit par l’adoption par l’Union africaine des résultats de la «Déclaration d’Algérie» ou par les programmes conjoints de soutien aux talents entrepreneuriaux et à la réduction de la fuite des compétences.
D’ailleurs, la précédente édition a été une étape marquante pour l’adoption d’une feuille de route pour la mise en œuvre de la stratégie africaine en intelligence artificielle, qui a posé les bases de la transformation numérique et du développement des technologies avancées sur le continent.
«Votre conférence d’aujourd’hui vient renforcer ce qui a été accompli et élargir les perspectives de travail commun. Je vous invite, à cette occasion, à un débat approfondi sur les meilleures voies pour construire un écosystème continental capable de soutenir et de développer l’entrepreneuriat à travers le continent», a conclu le Président Tebboune.
Outre le sommet ministériel réunissant plus de 35 délégations officielles, la conférence mettra en lumière les réussites des «champions africains» qui ont réussi à bâtir des entreprises affichant des chiffres d’affaires importants et contribuant au développement de l’économie réelle.
Dans une déclaration faite à la veille de la conférence, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-ups et des Micro-entreprises, Nourdine Ouadah, a affirmé que cette rencontre internationale constitue aujourd’hui «un élément essentiel de la vision pour l’innovation algérienne et africaine», ajoutant que les ministres africains participants sont «conscients que l’Algérie accueillera un grand rendez-vous dédié au soutien et à l’action africaine commune au profit des start-ups et de l’innovation».
Les trois jours de la conférence seront marqués par l’organisation de sessions spécialisées et d’ateliers parallèles portant sur des thèmes liés à l’innovation, à la recherche scientifique, à la création de contenu, à la fintech, ainsi qu’à l’intelligence artificielle.
Un salon mettra également en avant les capacités des jeunes Africains en matière de créativité technologique.
Les discussions porteront également sur des questions d’actualité relatives à l’évolution des nouvelles technologies, à l’état des infrastructures de télécommunications, à l’impact environnemental du secteur numérique, et aux solutions technologiques pour renforcer l’adaptation aux changements climatiques.
Les participants aborderont en outre le thème «L’Afrique de demain à l’ère de l’intelligence artificielle», ainsi que les meilleures méthodes d’incubation des start-ups, leur passage à l’échelle, le développement de l’écosystème africain de l’innovation, en plus de rencontres professionnelles visant à mettre en relation porteurs de projets et institutions de financement.
Le programme de la conférence comprend 18 événements parallèles destinés aux jeunes entrepreneurs, leur offrant la possibilité d’échanger avec des institutions internationales impliquées dans la propriété intellectuelle, le transfert technologique et l’entrepreneuriat.
A.R.







