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Activer le commerce extérieur comme moteur de croissance en Algérie : Une urgence stratégique

La valeur des produits alimentaires exportés a atteint près de 400 mns USD en 2023

L’Algérie se trouve aujourd’hui à un tournant économique crucial. Alors que la croissance est encore largement tributaire des hydrocarbures, l’activation du commerce extérieur représente une opportunité stratégique pour diversifier l’économie nationale, soutenir la création d’emplois et améliorer la résilience face aux chocs externes. Cette ambition nécessite bien plus qu’une réforme institutionnelle : elle appelle à une refonte globale de l’écosystème exportateur.

Par Abderrahmane Hadef (*)

  1. Une dynamique à enclencher : passer de la volonté à la stratégie

L’appel du président Tebboune à réformer l’appareil de promotion du commerce extérieur confirme une prise de conscience politique de l’inadaptation des outils actuels. Cette reconnaissance est un premier pas. Mais pour que le commerce extérieur devienne un véritable levier de croissance, plusieurs conditions doivent être réunies.

La croissance tirée par les exportations repose sur trois fondements :

  1. Structurer l’offre exportable autour de filières stratégiques

La principale faiblesse de l’Algérie réside dans la faible diversification de son offre exportable. Les exportations hors hydrocarbures représentent moins de 5 % des recettes d’exportation. Pour changer cette réalité, il est nécessaire de :

  1. Réformer les mécanismes de soutien à l’export

Le cadre de soutien institutionnel et financier actuel est fragmenté et peu lisible. Pour y remédier, il convient de :

  1. Se connecter aux marchés et aux chaînes de valeur régionales

L’insertion dans les chaînes de valeur mondiales est encore marginale pour l’Algérie. Une stratégie d’ouverture efficace suppose de :

Cibler des marchés à fort potentiel dans une logique de régionalisation des échanges : Afrique (ZLECAf), Europe (voisinage Sud), Moyen-Orient.

Mettre en œuvre des accords de facilitation commerciale à travers une coopération douanière renforcée, des corridors logistiques et la dématérialisation des procédures.

Développer des hubs logistiques et zones d’exportation intégrées (ports secs, zones franches) pour abaisser les coûts et délais d’exportation.

  1. Recommandations pour une politique exportatrice ambitieuse

En synthèse, pour que le commerce extérieur devienne un pilier de croissance durable, les pouvoirs publics doivent activer simultanément les leviers suivants :

En Conclusion, il faut passer rapidement du potentiel au concret 

L’Algérie dispose d’un potentiel certain à l’export, mais ce potentiel reste largement sous-exploité. Pour passer d’une économie tournée vers l’intérieur à une économie exportatrice, il est impératif d’adopter une approche systémique, structurée et fondée sur la cohérence des politiques publiques.

Le commerce extérieur ne doit plus être perçu comme un simple volet commercial, mais comme un moteur stratégique de transformation économique. En le plaçant au cœur du nouveau modèle de croissance, l’Algérie peut tracer la voie vers une insertion intelligente, compétitive et durable dans l’économie mondiale.

(*) Consultant international en développement économique, Numérique, Énergie, promotion d’investissements

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