Des instructions fermes ont été données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au gouvernement afin d’accélérer la réalisation des projets structurants, notamment ceux du domaine minier.
Par Hakim Outoudert
Un secteur que le chef de l’État veut dynamiser dans les meilleurs délais, afin de permettre à l’Algérie de diversifier son économie et surtout d’atteindre les objectifs ambitieux fixés dans son programme présidentiel de ce deuxième mandat, à savoir un PIB de 400 milliards de dollars d’ici 2027 et d’être dans le giron des pays émergents.
C’est en effet un véritable défi à relever par l’Exécutif, qui est appelé à mettre les bouchées doubles pour être au rendez-vous pour l’entrée en exploitation des projets structurants miniers.
Si les travaux de réalisation du mégaprojet du fer de Gara Djebilet (Tindouf) et de la ligne minière Ouest tirent à leur fin et devraient être inaugurés officiellement incessamment, soit avant la fin de janvier courant, l’autre projet minier stratégique, à savoir la mine zinc-plomb d’Oued Amizour, devrait être lancé en mars prochain.
Le président Tebboune s’est montré intransigeant, en fixant un ultimatum aux réalisateurs de ce projet confronté à de nombreuses contraintes auparavant, liées notamment à des oppositions de citoyens concernant l’opération d’expropriation et d’autres liées au respect de l’environnement.
Des aspects qui sont pris en charge par l’État, qui a donné toutes les garanties concernant le respect de l’environnement, en organisant plusieurs rencontres avec la société civile, animées par des chercheurs et des experts dans le domaine.
Idem pour l’opération d’expropriation, pour laquelle le ministère des Hydrocarbures et des Mines, la société Sonarem, avec le wali de Béjaïa, ont assuré les citoyens qu’ils seraient indemnisés à temps.
En effet, tout est sur la bonne voie et le lancement de l’exploitation de cette mine n’est qu’une question de temps, en attendant de finaliser les dernières retouches.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, des opportunités d’emploi et des retombées économiques sont attendues pour la région en particulier, et pour l’Algérie de manière générale.
Cap sur la ligne minière Est
Concernant la ligne minière Est, et après avoir écouté un exposé sur l’état d’avancement du projet de ligne ferroviaire Bled El Hadba-Oued Kebrit-Port d’Annaba, le président de la République a affirmé que «l’investissement de l’État dans le secteur minier vise à doter l’économie nationale de nouveaux piliers et ressources pour les prochaines étapes au profit des générations futures».
Il a ainsi instruit le gouvernement de passer à la vitesse supérieure dans la réalisation de cette ligne ferroviaire sur un linéaire global de 422 km, dans le cadre de la réalisation du grand projet du phosphate intégré.
En effet, il est demandé à l’Exécutif «d’assurer un suivi quotidien du projet et d’aplanir toutes les difficultés rencontrées afin que le rythme des travaux passe à la vitesse maximale sans interruption».
Le président de la République a enjoint au ministre des Travaux publics de présenter un rapport de suivi mensuel sur l’état d’avancement de ce projet, insistant sur l’achèvement des travaux d’ici fin 2026 pour son entrée en exploitation au premier trimestre de 2027 «au plus tard», en vue d’augmenter la capacité de production d’engrais par l’Algérie.
Selon les prévisions du gouvernement, la production annuelle de phosphate devrait passer de 2,5 millions de tonnes à 10,5 millions de tonnes dès l’entrée en production de ce projet structurant.
Présentée comme structurante pour la montée en puissance de la filière phosphate, cette ligne vise à sécuriser l’acheminement du minerai depuis les zones d’extraction vers les pôles de transformation et le port, tout en améliorant les performances du réseau en termes de capacité, de régularité et de vitesse.
S’agissant du quai minier dans le cadre de l’extension du port d’Annaba, le président de la République a ordonné d’assurer une coordination entre les secteurs des Travaux publics, de l’Intérieur et des Transports, et le partenaire étranger pour accélérer la cadence et parachever le projet d’ici fin 2026, étant donné qu’il «s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation économique et de sortie de la dépendance aux hydrocarbures».
En somme, la finalisation de ces deux projets intégrés (ligne minière Est et quai phosphatier) permettra à l’Algérie de se positionner notamment sur le marché mondial des engrais, qui constitue une «nouvelle arme dans le monde».
H. O.
Mine de zinc-plomb à Amizour (Béjaïa) : Un gisement à fort potentiel pour l’économie nationale
La wilaya de Béjaïa, connue jusque-là pour ses potentialités touristiques et son pôle industriel agroalimentaire, s’apprête à s’inscrire dans une nouvelle dynamique de développement, avec le lancement du projet tant attendu de la mine de zincplomb de Tala Hamza-Oued Amizour, prévu en mars 2026.
Disposant de réserves importantes estimées à environ 34 millions de tonnes exploitables, ce gisement compte parmi les plus importants au monde et permettra à l’Algérie de se positionner sur le marché international du zinc et du plomb.
S’étendant sur une superficie de 234 hectares, la mine devrait produire, dans une première phase, près de 170.000 tonnes de concentré de zinc et 30.000 tonnes de plomb par an, avec une montée en puissance pouvant atteindre 250.000 tonnes de zinc, plaçant ainsi le pays parmi les principaux producteurs mondiaux. Ce projet contribuera à réduire les importations, à satisfaire la demande nationale, à générer des devises à l’exportation et à renforcer le développement économique local, notamment par la création de 700 à 800 emplois directs et près de 4.000 emplois indirects.
Porté par la joint-venture Western Mediterranean Zinc (WMZ), associant Sonarem et la société australienne Terramin, le projet représente un investissement de plus de 470 millions de dollars.
Il prévoit également la réalisation d’une usine de transformation afin de valoriser localement le minerai, avec des retombées positives sur le transport ferroviaire et l’activité du port de Béjaïa. Si les préparatifs techniques
sont presque finalisés, ce projet stratégique fait face à un problème « épineux », à savoir l’indemnisation des citoyens dont les terrains ont été expropriés. Ces derniers réclament une réévaluation des montants d’indemnisation jugés modestes.Afin de lever cette contrainte, un dialogue franc et direct est ouvert entre les autorités et la société civile. D’ailleurs, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Énergie, chargée des Mines, Mme Karima Tafer, qui s’est déplacée en septembre 2025 à Béjaïa, a écouté les préoccupations et les revendications des habitants et réaffirmé «l’engagement des pouvoirs publics à garantir leurs droits légitimes et à les indemniser conformément aux procédures légales en vigueur, tout en prenant en considération l’ensemble des propositions afin de les examiner dans un cadre qui garantit la réussite du projet et concilie l’intérêt général et les droits individuels».
Un compromis est en passe d’être trouvé pour cette revendication, permettant le lancement effectif de ce projet dès mars prochain, comme l’a exigé le président de la République, Tebboune.
Synthèse H O.

