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Béjaïa, depuis plus de 40 ans : L’absence d’électricité paralyse la zone d’activité d’Adekar

Par Eco Times
10 janvier 2026
Dans Reportage
714
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Béjaïa, depuis plus de 40 ans : L’absence d’électricité paralyse la zone d’activité d’Adekar

Créée en 1984 dans l’objectif de dynamiser l’économie locale et de favoriser l’investissement productif, la zone d’activité de la commune d’Adekar, située à l’ouest de la wilaya de Béjaïa et à la frontière de celle de Tizi Ouzou, demeure confrontée à une série de dysfonctionnements structurels. Le plus contraignant reste, sans conteste, l’absence de raccordement au réseau électrique, un handicap majeur qui freine lourdement l’essor économique de cette zone stratégique depuis plus de quatre décennies.

Par Sofiane Idiri

Classée officiellement comme zone d’activité commerciale, cette assiette foncière n’a pourtant jamais bénéficié d’une opération de viabilisation complète, notamment en matière d’électricité.

Une situation paradoxale et difficilement explicable, au regard du rôle que ce type de zones est censé jouer dans la promotion de l’investissement, la création de richesses et la lutte contre le chômage.

Faute de raccordement au réseau électrique, les investisseurs se retrouvent contraints de recourir à des solutions provisoires, coûteuses et non durables, compromettant ainsi la rentabilité et la pérennité de leurs projets.

Une zone stratégique laissée sans énergie

La zone d’activité d’Adekar s’étend sur une superficie globale de 44 270 m², répartie en 42 lots. Trois d’entre eux ont été récupérés par l’agence foncière, tandis que 39 lots sont actuellement occupés par des investisseurs opérant dans divers secteurs d’activité. Malgré cette occupation quasi-totale, l’infrastructure de base, à commencer par l’électricité, fait toujours défaut.

Selon le président de l’Assemblée populaire communale d’Adekar, M. Mohand Ameziane Berkouk, le problème du raccordement électrique est bien identifié.

«Le choix du terrain destiné à accueillir les installations nécessaires au raccordement a été effectué. Nous avons même deux propositions de terrain», précise-t-il.

Les études techniques ont également été réalisées par la Société nationale de distribution de l’électricité et du gaz Sonelgaz.

Toutefois, le principal obstacle reste le coût élevé de l’opération. «Le devis établi par Sonelgaz dépasse les 2,5 milliards de centimes, soit plus de 25 millions de dinars», explique le P/APC.

Un montant jugé difficilement supportable pour une commune aux moyens financiers limités, d’autant plus que cette opération dépasse largement les compétences budgétaires de la collectivité locale.

Une problématique qui dépasse les prérogatives communales

Interrogé à ce sujet, le président de l’APC reconnaît l’ampleur du problème et affirme que la commune, à maintes reprises, saisi les autorités concernées afin de trouver une solution durable. «L’absence de raccordement électrique ne relève pas uniquement des compétences de la commune. Elle nécessite l’intervention de plusieurs secteurs et services concernés», souligne-t-il.

Selon lui, la zone d’activité d’Adekar demeure «largement paralysée» en raison de ce manque d’infrastructures de base. «Elle n’a toujours pas bénéficié d’un calendrier officiel de viabilisation, ce qui freine considérablement son potentiel économique et son rôle dans la réduction du chômage», ajoute-t-il, insistant sur l’urgence d’une prise en charge globale du dossier.

Vers une solution participative ?

Face à cette situation qui perdure, une réunion s’est tenue récemment, regroupant plusieurs parties prenantes, notamment les services de la commune, l’agence foncière et Sonelgaz. Lors de cette rencontre, l’agence foncière a proposé une solution consistant à faire participer les investisseurs au financement des frais de raccordement électrique.

Dans une intervention sur les ondes de la radio locale Soummam, le P/APC d’Adekar a évoqué la possibilité de créer une association regroupant les 39 investisseurs de la zone, afin de mutualiser les coûts et alléger la charge financière. «Cette expérience a déjà été tentée dans la commune d’Akbou et elle a abouti à des résultats positifs», a-t-il indiqué.

Le même responsable a également exprimé son souhait de voir l’agence foncière contribuer financièrement à ce projet. «Le directeur de l’agence m’a informé qu’il a, à plusieurs reprises, saisi sa tutelle pour demander une cagnotte financière destinée à ce raccordement», a-t-il révélé a la radio locale, espérant une réponse favorable.

Un levier majeur pour le développement local

La résolution de ce problème, vieux de plus de 40 ans, pourrait avoir des retombées économiques et sociales considérables pour la région. «Le raccordement électrique de la zone d’activité constituerait un véritable catalyseur pour l’investissement, l’emploi et l’intégration économique régionale», affirme le président de l’APC d’Adekar.

Des investisseurs à bout de patience

Sur le terrain, l’absence d’électricité se traduit par des difficultés quotidiennes pour les opérateurs économiques qui ont pourtant cru au potentiel de la région. Ateliers à l’arrêt, projets suspendus, charges supplémentaires : le non-raccordement au réseau électrique compromet sérieusement la viabilité des activités implantées dans cette zone.

Pour certains investisseurs, l’enthousiasme initial a progressivement laissé place à la frustration. «L’investissement s’est transformé en un véritable parcours du combattant», appelant les pouvoirs publics à intervenir rapidement.

C’est le cas de M. Kamel Djeraoun, investisseur dans la fabrication d’ouvrages en plastique, qui a acquis un lot de 840 m² en 2019. «Le problème de l’électricité est un obstacle majeur, surtout avec des machines qui nécessitent une alimentation en haute tension», explique-t-il.

D’autres insuffisances structurelles

Outre l’électricité, cet investisseur souligne d’autres carences. «Nous avons également un sérieux problème d’aménagement de la route menant à la zone, sans parler du manque de main-d’œuvre qualifiée», déplore-t-il.

Selon lui, ses démarches auprès de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) pour recruter du personnel qualifié sont restées infructueuses. «On nous a opposé une réponse négative», précise-t-il.

«Il faut savoir que la main-d’œuvre qualifiée constitue le premier pilier de toute industrie», ajoute M. Djeraoun, insistant sur l’importance d’un accompagnement institutionnel pour assurer la réussite des projets d’investissement.

Des investissements lourds, des retombées attendues

Selon cet opérateur, son projet lui a coûté plus de 20 milliards de centimes, incluant l’achat du terrain, la construction des installations et l’acquisition des machines.

À cela s’ajoutent entre quatre et cinq milliards de centimes nécessaires au fonctionnement de l’unité, ainsi qu’une flotte de transport composée d’au moins trois camions afin d’assurer la distribution des produits et éviter le recours à la location.

La levée de l’ensemble de ces contraintes pourrait transformer la zone d’activité d’Adekar en un véritable pôle économique local. «Si chacun des 39 investisseurs emploie entre 10 et 15 travailleurs, plus de 450 emplois directs pourraient être créés, sans compter autant d’emplois indirects», estime M. Djeraoun.

Un potentiel considérable qui ne demande qu’à être libéré, à condition que les obstacles structurels, au premier rang desquels l’électricité, soient enfin levés.

S. I.

Tags: AdekarAlgérieBéjaïaéconomieElectricitéFoncier industrielIndustrieinvestissementSonelgazViabilisationZone d'activité
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