Les assurances de Seeal quant à un approvisionnement durable en eau et particulièrement durant le Ramadhan, n’ont pas du tout rassuré les Algérois, au point où la demande en citernes connait une augmentation remarquable et continue. Ce sont évidemment, les quartiers les plus touchés par ces futures restrictions, qui sont les plus demandeurs
Par Nahida Lyna
L’angoisse du manque d’eau, surtout durant le mois de Ramadhan, a poussé beaucoup de personnes à acquérir des citernes de réserve d’eau. Beaucoup de personnes que nous avons interrogées justifient ces achats qui n’étaient pas prévus dans le budget, par peur de manquer de ce produit vital.
A El-Hamiz, les vendeurs se frottent les mains et certains, même au vu de la forte demande ont augmenté les prix. Selon certains d’entre eux, le produit est encore disponible, mais les stocks diminuent à vue d’œil. «Je n’avais nullement prévu cette situation. Avant je vendais au mieux 2 citernes par mois, ces jours-ci j’ai pratiquement vidé mon stock, et je négocie avec mon fournisseur pour un nouvel approvisionnement», nous dit Ahmed, ravi de cet aubaine.
Un couple venu s’enquérir des prix pour un éventuel achat, ne cache pas sa colère ni son amertume face à ces dépenses inopinées : «Je ne veux pas être privé d’eau surtout durant le Ramadhan, et, donc, alors que ce n’était pas prévu, je dois débourser au minimum 40 000 da entre achat et installation d‘une citerne», nous dit-il, visiblement exaspéré par cette situation, avant que sa femme ne renchérisse : «Avant c’était les paraboles que l’on voyait sur les terrasses, maintenant qu’elles ont disparues, voila que les citernes prennent le relais» ironise-t-elle.
Les prix qui nous ont été communiqués vont de 8000 à 14 000 DA, en fonction de la qualité de la citerne. A cela s’ajoutent les frais d’installation qui varient selon la disponibilité du plombier de 25 000 à 30 000 DA, sans compter les frais de transport, et sans oublier le prix d’un surppresseur indispensable.
Une dame qui habite Hacene Badi (ex-Belfort) à El-Harrach, nous assure ne recevoir de l’eau qu’à des heures indues, et pour pas très longtemps, surtout, que «quand on nous sert l’eau c’est souvent tard le soir, et parfois même après deux ou trois jours de sevrage. Comment voulez-vous que je n ‘installe pas de citerne, et pour cela, je dois emprunter car je n’en ai pas les moyens».
Du côté des plombiers, cette crise tombe à point nommé bien sûr et s’ils ne croulent pas sous les demandes, la pression est quand même forte. «En ce moment, je ne peux prendre les commandes pour les gens pressés, car tous veulent installer leurs citernes avant le Ramadhan et certains renchérissent sur les prix habituels, pour peu que j’accepte», nous dit-il.
«La tension va continuer à s’exercer encore plus, si la situation venait à s’aggraver», nous dit un quincailler de Mohammadia, qui a vu ces jours-ci augmenter la demande en différents diamètres de tuyaux.
N. L.







