Stellantis a dévoilé une stratégie de 60 milliards d’euros (70 milliards de dollars) qui marque un tournant sous la direction du nouveau PDG Antonio Filosa, combinant une vague de nouveaux partenariats, une attention accrue portée aux marques principales et une volonté de mieux monétiser les capacités de production excédentaires, a rapporté hier Reuters.
Par Said R.
Selon la même source, cet investissement sur cinq ans, qui comprend 60 nouveaux modèles d’ici 2030 – à moteur à combustion interne, hybrides et entièrement électriques – marque une rupture avec l’approche de l’ancien PDG Carlos Tavares, Filosa étant désormais plus ouverte à la collaboration externe.
«Ce plan est ancré dans la réalité… et il est conçu pour créer les conditions d’une croissance rentable et durable», a déclaré Filosa aux investisseurs lors de la journée des marchés financiers du groupe, tenue aux États-Unis.
Une série d’annonces avant et pendant l’événement a mis en lumière cette nouvelle orientation, qui consiste à développer des partenariats dans les domaines de la fabrication et de la technologie.
Selon Reuters, les investisseurs ont réagi avec prudence face à la nature à long terme des objectifs et au manque de visibilité sur leur mise en œuvre.
Fabio Caldato, gestionnaire de fonds chez AcomeA, investisseur de Stellantis, cité par l’agence de presse britannique, a déclaré que les investisseurs s’inquiétaient de la rapidité avec laquelle le groupe pourrait concrétiser ses ambitions.
En effet, les «attentes étaient élevées, et la réaction initiale reflète principalement le risque d’exécution et la visibilité limitée concernant la mise en œuvre du plan», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’y avait eu «aucune indication significative» quant à la possibilité que les marques moins stratégiques soient progressivement abandonnées.
De nouveaux partenariats incluent des accords de production avec le groupe chinois Leapmotor, ainsi que la coopération avec Tata Motors et sa filiale JLR aux États-Unis.
Dans le domaine technologique, Stellantis travaille avec des entreprises telles que Qualcomm, Applied Intuition et la start-up de conduite autonome Wayve.
Les investisseurs s’inquiètent sur le long terme
Filosa a établi une hiérarchie plus claire au sein du portefeuille de 14 marques de Stellantis, le plus important du secteur. Environ 70 % des investissements dans les marques et les produits seront concentrés sur Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, ainsi que sur sa division de véhicules utilitaires Pro One, rapporte Reuters qui indique que d’autres marques, comme Chrysler et Alfa Romeo, seront repositionnées davantage au niveau régional, tandis que Lancia et DS se spécialiseront davantage au sein des enseignes Fiat et Citroën.
La stratégie « produit » du groupe s’articulera autour d’une large gamme de modèles plus abordables, destinés à soutenir la croissance des volumes et la rentabilité.
Selon la même source, Stellantis a annoncé un investissement de 24 milliards d’euros dans les plateformes, les groupes motopropulseurs et les technologies, tout en visant des réductions de coûts annuelles de 6 milliards d’euros d’ici 2028, par rapport à 2025.
Elle vise un flux de trésorerie disponible industriel positif en 2027, qui devrait atteindre 6 milliards d’euros en 2030, et une marge de résultat d’exploitation ajustée de 7 % d’ici la fin de la décennie.
Stellantis a annoncé jeudi prévoir une croissance de son chiffre d’affaires de 25 % en Amérique du Nord d’ici 2030, avec des marges d’exploitation ajustées de 8 % à 10 %, tandis que le chiffre d’affaires en Europe devrait augmenter de 15 % avec des marges de 3 % à 5 %.
Étendre les opérations en Algérie
Quid du plan du groupe en Algérie ? Samir Cherfan, directeur des opérations pour la région MENA et Afrique chez Stellantis, a publié avant-hier un post sur LinkedIn déclinant en quelques lignes la stratégie du groupe pour la région.
Selon lui, pour la région Middle East & Africa, cette stratégie représente une opportunité significative de s’appuyer sur notre dynamique solide et de renforcer davantage notre position de moteur de croissance rentable pour Stellantis.
Dans le cadre de notre ambition régionale, nous visons à augmenter nos revenus de 40% tout en maintenant des marges à deux chiffres. Entre autres, Stellantis prévoit d’«étendre nos opérations en Algérie».
En parlant de la région MENA, M. Cherfan écrit : « En combinant excellence industrielle, approvisionnement concurrentiel, discipline produit et équipes locales autonomes, MEA continuera de jouer un rôle central dans l’histoire de croissance mondiale à long terme de Stellantis ».
S. R.







